dimanche 14 septembre 2014

Fin Octobre

Tidoudou est à présent hiverné et nous allons faire de même.
Nous venons de quitter la Polynésie pour un retour de 6 mois en France. De nouveaux horizons aux teintes et températures différentes, nous attendent...
Le blog va donc être en stand bye quelques temps. Nous reprendrons nos aventures à bord au mois de Mai.
D'ici là n'hésitez pas à nous joindre sur mon mail: sabrina.candau@gmail.com
A bientôt.
Bon hiver ou bon été à d'autres...



Début Octobre

Comment se fait-il que la morosité n'atteigne pas les rives de Maupiti?
Peut être les propos de Thérèse, lors d'un de nos repas avec eux sur le motu en donnent le secret.
« Si tu vis simplement, tu ne peux qu'être heureux. Regarde, la nature te donne tout ce dont tu as besoin: de quoi remplir les yeux et même le ventre.
L'argent lui ne te donne que des soucis et l'envie d'en avoir toujours plus...»






Révi et Thérèse, sont les exemples vivants de cette simplicité.
Sur le motus, ils n'ont qu'une petite cabane sans même une moustiquaire, ils dorment à même le sol.
La cuisine est faite d'un toit en tôle toute ouverte. Sur un arbre sont accrochées les gamelles. Les feuilles font office d'assiette, les doigts de couverts. 


 

Cependant la table est toujours débordante de mets délicieux. Evidemment ils s'en donnent les moyens en cultivant, pêchant...
Pour l'achat des matières premières, ils vendent leurs poissons, ils ramassent des coquillages pour en faire des bijoux.
Dans cette simplicité se lit non seulement un bonheur, mais de la dignité et de la générosité.
Leur présence est douce, pas de blabla inutiles, les mots prononcés ne sont pas là pour remplir l'espace. Ils sont chargés de l'essentiel.


Cet atoll a beau être petit, il y a de quoi découvrir sans cesse.
Nous nous rendons à un motu accessible en traversant à pied dans de l'eau jusqu'à la taille.


Nous marchons ainsi une bonne demi heure au milieu des raies, dans de l'eau cristalline bleutée.
Les décors sont proches de l'irréel tant c'est beau. 



Le motu est entouré d'une grande plage de sable blanc sur des kilomètres. En marchant côté océan, nous somme proches de la barrière de corail et à quelques centaines de mètres de nous, nous assistons à un spectacle inédit.
Des baleines à bosse tapent leur énorme nageoire en surface, envoient des geysers dans les airs, nagent à la surface de l'eau. Nous les suivons quelques heures, le long du reef, éblouis par ces apparitions.
Cette nature à l'état sauvage nous comble.


Nous avons retrouvé quelques potes navigateurs qui eux aussi sont tombés amoureux de ce lieu.
La période cyclonique approchant doucement chacun commence à songer à mettre les voiles en direction de lieux plus protégés.
Certains partent en Nouvelle Zélande, d'autres retournent aux Gambiers, et d'autres regagnent un chantier pour mettre le bateau à sec. Ce dernier cas de figure est le notre, dans 15 jours Tidoudou sera mis hors de l'eau durant 6 mois. Temps également nécessaire à une remise à flot de la caisse de bord.
Retour donc en France à la fin Octobre...
Les skis vont fumer cet hiver. Nous savons que le froid mordant attend de nous faire la peau, mais nous avons su résister à des températures liquéfiantes, alors on fera face à celles congelantes....
Enfin, on espère....


En attendant y a du boulot au chantier de Raiatéa, hivernage, changement de l'étaie et autres bricolages.
Nous profitons donc de ces derniers jours de notre petit paradis à Maupiti.





Le 14/09







Cette fois les conditions annoncées semblent réunies pour aller à Maupiti.
Nous partons au cœur d'une nuit d'encre, guidés par les seules lumières des bouées du chenal et d'un alignement à terre.
Ca y est nous avons quitté Bora. Nous hissons les voiles. Le vent cependant ne tarde pas à forcir et nous oblige à réduire la toile. Plus nous avançons, plus le vent se renforce et la houle avec.
A mi parcourt, le moral des troupes faiblit. Nous savons qu'avec plus de 20 nds de vent la passe de Maupiti est infranchissable. A l'allure où nous allons nous risquons fort d'arriver avant le jour.
La météo nous a trompée, il faut faire demi tour.
Après les problèmes de moteur, les grains, à présent le vent, nous nous demandons si un jour nous pourrons aller à cette île sauvage...

A l'entrée de la passe de Bora, il fait encore noir.
A quelques mètres du bateau une masse sombre surgit des eaux accompagnée d'un souffle magistral. Nous identifions instantanément l'origine: une Baleine!!!

Après deux petites heures de sommeil, le jour se lève sur une journée calme.
Marco me propose de retenter notre chance Maupiti aujourd'hui, car demain le vent devrait être plus fort.
Encore embuée de sommeil je suis partante. Juste avant de lever l'ancre on s'aperçoit qu'à côté de nous il y a le bateau à Simon ( il était avec nous aux Tuamotu).
En lui disant que l'on part à Maupiti, il se décide à nous suivre avec sa femme.

C'est repartit: le spi est sortit.
Simon nous a doublé avec son appuis moteur.
Quelques temps plus tard il nous joint à la VHF:
« On vous prévient c'est très impressionnant, mais ça passe.»

Arrivé à l'entrée, des vagues semblent déferler partout y compris dans le chenal.
Heureusement que Simon est passé avant nous pour nous rassurer.
« Bon allez, faut se lancer, on y va!!!»
Nous devons faire cap sur un alignement qui semble nous emmener droit sur les reef et dans les vagues.
Sur le côté droit et gauche à quelques mètres, (malgré le peu de houle annoncée), ça déferle.
Dans les creux des vagues mon alignement disparaît quelques secondes, pour ne voir qu'un mur d'eau. J'ai le cœur qui cogne.
Marco me dit qu'il ne vaut mieux pas que je regarde sur les côtés et que je reste centré sur l'alignement.
Le courant rend le bateau ivre, la barre raide et j'ai du mal conserver mon cap. Ca secoue, c'est étroit, putain j'ai les chocottes...
C'est très impressionnant, mais sitôt passé les première bouées ça se calme. Seul un courant de 3 nœuds subsiste, les vagues à présent sont derrière OUF!!!


Nous pénétrons dans un lagon où les couleurs nous explosent aux yeux. Des motus l'encadrent le surlignant d'un bandeau blanc. ( les plages)
La montagne de Maupiti bien que plus petite que Bora n'en est pas moins belle.
La beauté de ce lieu nous laisse sans voix. Nous retrouvons l'ambiance sauvage des Tuamotu et l'odeur de fleurs.
Nous mouillons juste derrière le premier motu.
Fatigue, émotions, joie nous catapultent dans un profond sommeil.


Le lendemain, nous allons explorer le motu, c'est un régal.



A quelques mètres du bateau, à la nage, nous allons rendre visite aux raies manta. Nous nageons un moment avec ces créatures majestueuses.
Marco peut à nouveau chasser quelques poissons pour le repas.
Un véritable petit paradis... qui ne se laisse toutefois pas pénétrer facilement...



Aujourd'hui nous allons découvrir l'autre motu. Ne sachant si nous pouvons laisser l'annexe à côté d'une cahute nous demandons à un monsieur qui est là.
Révi nous dit qu'il n'y a pas de problème et qu'à notre retour nous pourrons venir ramasser quelques haricots dans son jardin.


Lorsque nous revenons des noix de coco toute fraîche nous attendent. Pendant que nous dépouillons son jardin, il nous fait cuire un fruit de l'arbre à pin, pour ce midi. Il nous prépare du lait de coco pour l'accompagner.

Nous sommes invité vendredi et samedi à passer la journée avec sa famille.
Révi et Marco conviennent de se retrouver demain au lever du soleil pour pêcher dans la passe.





Nos pêcheurs reviennent avec pleins de poissons. La technique de pêche au filet, tout comme celle de la chasse à la langouste de Révi laisse Marco abasourdit.
« C'est un véritable Sioux ce type!!!» me dit-il au retour.
Si ce n'est pas un Sioux c'est néanmoins un homme qui fusionne avec son milieu. Il est né de l'eau et semble faire partie intégrante de cet élément.
A 60 ans, il danse sur les coraux, dans les vagues qui déferlent et le courant avec une agilité d'un jeune de 20 ans.
Il anticipe les réactions des poissons, il sait dans quel trou la langouste a trouvé refuge...
Il parle peu. Il observe beaucoup.
D'autres parties de pêche sont prévues...


Nous avons l'impression que cette petite famille nous a adopté. Presque chaque jour, ils nous invitent à venir à leur cabane du motu pour manger ou passer un moment.


 Des repas délicieux constitués de ce que produit l'environnement. On goûte donc à plein de nouvelles saveurs: Napoléon, Nason au BBQ, poisson divers à la Tahitienne, poisson au four tahitien....

Leur hospitalité, gentillesse et générosité nous touchent.
Ce sont de véritables leçons de vie.
Tout se fait avec une simplicité dénudée d'attente, hormis celle de partager.















Le ventre alourdit on arrive quand même à se traîner sur les hauteurs, pour admirer le lagon du haut.
C'est certainement une des plus belles vues qu'il nous a été donné de voir.


Les couleurs sont tout bonnement incroyables. Nous apercevons même une baleine au loin au delà du lagon.


Le tour des motus à pied est aussi un vrai bonheur. Cela embaume la fleur, c'est sauvage, préservé...
Maupiti c'est un petit coin de paradis... On s'en rempli...




Le 12/09/14

Bora nous enlace de ses couleurs et de ses charmes, nous retenant encore auprès d'elle quelques jours.
La houle est trop importante pour regagner Maupiti.


Chaque jour inlassablement Marco part chasser, rentrant souvent bredouille.
Aujourd'hui, je commence à m'inquiéter à ne pas le voir revenir au bout de trois heures.
Il finit par rentrer . Quelle n'est pas ma surprise de le voir revenir avec le fruit de sa pêche.
L'annexe est remplie de concombres géants, de navets, de côtes de blettes, régimes de bananes... avec deux vivaneaux et un poulpe. Une pêche miraculeuse!

Après avoir bien galéré pour sortir le poulpe ventousé aux coraux, ne sachant pas comment cela se cuisine, il a voulu le donner à un gars qui passait par là. Celui-ci n'en a pas voulu mais pour le remercier, il l'a emmené chez lui et lui a donné des légumes et fruits de son jardin.
Encore une preuve de cette gentillesse de ces Polynésiens et ce que l'on soit sur une île perdue ou à Bora...

Nous avons mouillé près de la passe et il y a beaucoup plus d'agitation de ce côté. Nous voyons passer régulièrement des bateaux chargés de touristes faisant le tour de l'île, ou se rendant sur les sites où l'on nourrit les raies, les requins citrons....
Des attractions qui ressemblent quelque peu au cirque.
Les bateau au son du ukulélé arrivent avec à leur bord des peaux blanches couvertes de crème. Ils sont accompagnés de Polynésiens affublé d'un paréo, couronne de fleur assurant ainsi le folklore.
Ce joyeux petit monde se jette à l'eau et le spectacle commence. La nourriture attire inévitablement les hôtes que l'on attend. Et là, le nez dans l'eau, les grosses fesses des Américaines flottant à la surface s 'agitent dans tous les sens. Celles des petites chinoise frétillent elles aussi. Des têtes sortent régulièrement de l'eau pour pousser des hurlements dès qu'une raie les frôle ou qu'un requin s'approche.
Pour que le show soit complet, un beau Polynésien tatoué plonge et s'accroche à l'aileron d'un requin citron se faisant ainsi tracté. Et là, tout le monde est content.

Nous assistons ainsi à des spectacles gratuits aussi marrants que tristes...

Bora reste cependant le lieu romantique par excellence. De nombreuses pirogues au nom de
« Romantique tour» transportent les jeunes amoureux transits.
J'avoue que si un jour il me prenait l'envie de me marier et que l'on m'offre un voyage de noce, je ne cracherai pas sur ce genre de destination... ni d'hôtel.

Faute de ne pas nous marier, nous allons malgré tout accoster sur les rivages de ces hôtels luxueux et visitons les lieux nous tenant par la main pour passer incognito!

Départ prévu cette nuit du 14/09 pour Maupiti ! À suivre

Le 12/09/14

Bora nous enlace de ses couleurs et de ses charmes, nous retenant encore auprès d'elle quelques jours.
La houle est trop importante pour regagner Maupiti.
Chaque jour inlassablement Marco part chasser, rentrant souvent bredouille.
Aujourd'hui, je commence à m'inquiéter à ne pas le voir revenir au bout de trois heures.
Il finit par rentrer . Quelle n'est pas ma surprise de le voir revenir avec le fruit de sa pêche.
L'annexe est remplie de concombres géants, de navets, de côtes de blettes, régimes de bananes... avec deux vivaneaux et un poulpe. Une pêche miraculeuse!

Après avoir bien galéré pour sortir le poulpe ventousé aux coraux, ne sachant pas comment cela se cuisine, il a voulu le donner à un gars qui passait par là. Celui-ci n'en a pas voulu mais pour le remercier, il l'a emmené chez lui et lui a donné des légumes et fruits de son jardin.
Encore une preuve de cette gentillesse de ces Polynésiens et ce que l'on soit sur une île perdue ou à Bora...

Nous avons mouillé près de la passe et il y a beaucoup plus d'agitation de ce côté. Nous voyons passer régulièrement des bateaux chargés de touristes faisant le tour de l'île, ou se rendant sur les sites où l'on nourrit les raies, les requins citrons....
Des attractions qui ressemblent quelque peu au cirque.
Les bateau au son du ukulélé arrivent avec à leur bord des peaux blanches couvertes de crème. Ils sont accompagnés de Polynésiens affublé d'un paréo, couronne de fleur assurant ainsi le folklore.
Ce joyeux petit monde se jette à l'eau et le spectacle commence. La nourriture attire inévitablement les hôtes que l'on attend. Et là, le nez dans l'eau, les grosses fesses des Américaines flottant à la surface s 'agitent dans tous les sens. Celles des petites chinoise frétillent elles aussi. Des têtes sortent régulièrement de l'eau pour pousser des hurlements dès qu'une raie les frôle ou qu'un requin s'approche.
Pour que le show soit complet, un beau Polynésien tatoué plonge et s'accroche à l'aileron d'un requin citron se faisant ainsi tracté. Et là, tout le monde est content.

Nous assistons ainsi à des spectacles gratuits aussi marrants que tristes...

Bora reste cependant le lieu romantique par excellence. De nombreuses pirogues au nom de
« Romantique tour» transportent les jeunes amoureux transits.
J'avoue que si un jour il me prenait l'envie de me marier et que l'on m'offre un voyage de noce, je ne cracherai pas sur ce genre de destination... ni d'hôtel.

Faute de ne pas nous marier, nous allons malgré tout accoster sur les rivages de ces hôtels luxueux et visitons les lieux nous tenant par la main pour passer incognito!

Départ prévu cette nuit du 14/09 pour Maupiti ! À suivre

samedi 6 septembre 2014


Le 14/08
Nous avons dû différer notre départ, Marco s'est coincé le dos. (Son corps traduit certainement le ras le bol de m'avoir sur son dos en permanence!)
Rien de bien méchant mais suffisamment pour nous empêcher de prendre la mer dans cet état.
Donc repos!

Voilà deux ans et demi que nous vivons dans un espace réduit avec la présence continuelle de l'autre, aussi est-il naturel de commencer à en accuser le coup!
Comme tout aboutissement à un projet, on se retrouve soudainement privé du moteur. Une zone de vague, de flottement apparaît. Ce passage temporaire doit être nécessaire....
Peut être est ce le moment également d'évacuer toutes ces tentions accumulées lors de notre long voyage: navigations difficiles, mouillages infernales, situations de stress...
Il faut bien que ça sorte...Ce nettoyage permet également d'apprécier plus pleinement tout le positif de ce voyage...

Il est sur le pont regardant l'animation du mouillage, lorsqu'il me lance soudain:
- « Si tu veux voir un échouage en direct, c'est maintenant ou jamais!»
J'abandonne mes casseroles un moment pour aller jeter un œil à l'extérieur.
Un voilier est en train de traverser le lagon sous génois et moteur dans la partie où il n'y a que des patates et des hauts fonds. Il est trop éloigné de nous pour l'avertir, en quelques secondes le bateau est stoppé net. On le voit décoller et pivoter sur lui même. Il reste un moment posé au dessus des flots avant de retomber et repartir ventre à terre décaniller d'autres patates de corail.
Marco est moi sommes sous le choc, et nous ressentons l'horreur de la situation. A maintes reprises le bateau se dégage pour aller taper à nouveau, nous entendons même les impactes.

Nous sautons dans l'annexe pour tenter de lui venir en aide. Le couple de vieux ( 80 ans) sont en panique. Pépé est tout tremblant et ne sait plus quoi faire, mémé est aux bord des larmes.
Nous constatons comme eux qu'il n'y a pas de sortie possible.
Un local ayant dû assister de loin au carnage vient à la rescousse avec un jet ski super sonique.
Pas d'autres alternatives que de tracter le voilier en le faisant passer sur les patates. Le bateau racle, s'arrête, tape, Marco et moi en sommes malade et encore plus en pensant à ces pauvres vieux et leur pauvre embarcation.
Ils réussissent toutefois à regagner plus de profondeur, là où nous sommes mouillés.
Le jet ski reprend son envol. Nous attendons qu'ils jettent l' ancre pour se remettre de leurs émotions et constater les dégâts. Mais quelle n'est pas notre surprise de les voir partir direct vers la passe et rejoindre la pleine mer vers d'autres îles !!!
On est stupéfait qu'après ce à quoi on vient d'assister, ils ne vérifient même pas l'état de la coque, de la quille... Est ce de l'inconscience ? Un manque de bon sens ? Où l'état de choc ?

Le 18/08
Nous allons dire au-revoir à la petite famille de Jean Luc. Nous repartons chargé de fruits et de leur gentillesse. Jean Luc a pris soin de me cueillir un rouligna ( gros fruit de la famille des corossols) sachant que j'en suis dingue. Son goût a été pour moi une révélation: de la crème parfumée, douce, subtile d'une texture fondante. Pourtant son aspect ne paye pas de mine!


Après presque un mois ici, l'ancre est bien ensablée, nous arrivons quand même à la relever.
Tahaa est à 25 milles, en 6h sous spi, nous y sommes. Tahaa et Raiatea sont entourées par un même lagon, les reliefs des l'îles sont montagneux, verts. Sur le pourtour du lagon, il y a des motus de sable et cocotiers. Du coup le paysage semble bien diversifié. Après une balade sur les crêtes pour admirer le paysage, nous allons mouiller aux abords d'un des motu où se trouve un jardin de corail.
Déjà le mot est évocateur en lui même, mais la réalité encore plus belle.

L'eau est tellement cristalline que l'on a même pas besoin de masque pour voir les fonds.
Il nous faut remonter à pied le long du rivage. Le jardin se trouve dans la petite passe entre deux motus. Il n'y a plus qu'à se laisser porter par le courant dans très peu de fond et ouvrir grand les yeux. Les coraux: violet, jaune, rose, blanc, orange... nous explosent les yeux et la myriade de poissons colorés vient nous éclater!
C'est un véritable aquarium, des nuées de poissons curieux viennent tout autour de nous, si près que l'on peut les toucher. Comment la nature peut elle créer tant de perfection, de diversité? Lorsque l'on regarde les formes et coloris de ces poissons tropicaux on croit rêver! Quelle ingéniosité, quelle créativité!.
Nous restons quelques jours ici à nous rincer les yeux, l'esprit...


Durant la nuit, le vent tourne. Nous ne sommes pas protégés du vent du Sud. La houle se forme et notre inquiétude grandit. Les secousses violentes brisent notre sommeil, heureusement pas la chaîne.
Notre guindeau nous permettant de relever la chaîne et l'ancre vient de nous lâcher. Il a été pulvérisé par le sel et la rouille. Il est mort! Triste nouvelle pour nous, car cela signifie qu'il va falloir dorénavant, le faire manuellement vu que nous n'avons pas l'argent pour le changer.
Le mal de dos qui vient à peine de quitter Marco plane comme une nouvelle menace...

De Tahaa, nous avons vu sur Bora la belle! Sa montagne majestueuse se dresse comme une déesse veillant sur les eaux. Son appel se fait entendre. Nous savons que cette île est très touristique, mais nous ne doutons pas que les paysages restent ce qu'ils sont...


Le 23/08
Sur un bord de près de 20 milles, nous la rejoignons en douceur.
Nous faisons le tour du lagon par le Nord, pour rejoindre un des plus beaux mouillages de Polynésie (à ce qu'il paraît).
La transparence de l'eau et sa couleur, nous donnent l'impression de naviguer dans les airs.
Le bleu plus qu'intense est tout simplement incroyable.
Nous longeons tous les hôtels de luxe, suspendus au dessus des eaux. Cette vision, ne gâche en rien le paysage car les cahutes sont belles, ce ne sont pas des bloc de béton. Beaucoup d'hôtels sont vides, parfois quelques cases semblent occupées. Il y a peu de touristes finalement, l'ambiance est paisible.


Nous jetons l'ancre dans une véritable piscine. La splendeur de la haute montagne face à nous, nous éblouie tout autant que la couleur de l'eau.
Le lendemain, en regagnant la terre, nous avons encore une autre vision en grimpant sur une crête.
Le lagon explose de teintes que nos rétines ont même du mal à intégrer. Jamais nous n'avons vu un tel spectacle.

Question paysages, on peut dire que Bora est unique.
Question pêche ce n'est pas la même. Malgré les plongées assidues de Marco, il ne trouve rien à mettre sous sa flèche. Il y a bien des perroquets aux belles couleurs, mais c'est une telle nourriture des yeux qu'il n'arrive pas à concevoir d'en faire une pour le ventre.

Quelques journées maussades nous rivent à bord. Forts vents, pluie et grosse houle se déchaînent.
Le mouillage est toutefois idéal pour recevoir la colère des cieux, nous sommes bien abrités par le motu.
Entre marches à terre, sur les motus, quelques plongées sur des jardins coralliens, les jours s'écoulent
Voilà 15 jours à Bora!


La houle baisse, elle nous laisse entre-voir la possibilité de rejoindre Maupiti.
Nous n'allons donc pas tarder à découvrir la petite Bora sauvage. Poissons, raies manta et nos copains (disparus de notre paysage depuis quelque temps) les requins, doivent nous attendre...

Bora nous retient encore! Quelques petits ennuis de moteurs ont repoussé le départ.

Le 08/09 à 04h00 nous partons au coeur de la nuit rejoindre Maupiti. Arrivé à la passe pour sortir, de violents grains nous obligent à faire demi-tour. La pluie et le vent se déchaînent encore...
Rares sont les occasions pour n'avoir pas trop de houle, tant pis on doit attendre la prochaine fenêtre peut être dans une semaine...

mercredi 13 août 2014


Du 1 au 13 Août 2à14
Par le biais de Jean Luc nous faisons la connaissance d'Andy un pur Polynésien qui pratique la pêche traditionnelle. Il emmène Marco en pleine mer pour l'initier à cette pratique de la pêche à la bouée.
La ligne est enroulée sur un cailloux au bout de laquelle se trouve un hameçon et appât. Le cailloux est jeté à l'eau est naturellement avec le poids il déroule le fil de 170 à 200 mètres. L'autre extrémité est attachée à une bouée. C'est par ces profondeurs que l'on est susceptible d'attraper des thons de belles tailles. Evidemment plusieurs cailloux sont jetés et il n'y a plus qu'à attendre que la bouée se retourne pour aller ramasser le gros lot.


 Sur l'eau c'est aussi une ambiance car ils ne sont pas les seuls à pêcher ainsi, aussi les pêcheurs se retrouvent pour discuter le bout de gras en Tahitien. Le pauvre Marco malgré toutes sa bonne volonté n'y entrave queue dalle mais qu'importe la bonne humeur est contagieuse.
Et plus encore lorsqu'ils ramènent 7 énormes thon de 10 à 25 kg !


C'est toujours un plaisir quoiqu'il en soit de découvrir de nouvelles traditions...
Un jour une femme Polynésienne m'offre une fleur afin que je la mette à l'oreille comme la plupart des femmes le font. Elle rigole en voyant que je la met du côté droit.
«  Non toi tu as un homme alors il faut la mettre à gauche ! À droite c'est quand tu en cherches un ! Mais tu peux aussi en mettre aux deux oreilles, ça veut dire que tu as un homme mais que tu n'es pas fermé aux autres... »
La danse et la musique occupent aussi une place importante au sein de la vie locale. De nombreuses fêtes sont organisées pour que ces arts se perpétuent.



La Vaa' est le sport national ici, nous ne pouvions manquer d'essayer ce bel engin. La finesse de la pirogue en fait déjà un bel objet. Il y a une technique particulière de rame, après quelques explications de Jean Luc, nous partons faire nos armes dans le lagon. Evidemment nous nous rendons vite compte que cela n'est pas aussi simple qu'il en paraît. Cela n'est pas facile de se diriger par contre le renversement l'est. Mais une fois que les bases sont acquises au niveau de la rame et de l'équilibre, c'est un véritable plaisir. Ca glisse tout en finesse, même la gestuelle est harmonieuse.


La glisse ici est à la fête sous toutes ses formes: Paddle, surf...








Cette halte de trois semaines à Huhine fut très appréciable, cependant l'envie de bouger vient à nouveau nous titiller.







A l'horizon nous apercevons d'autres îles qui semblent nous appeler. Pas très loin Tahaa et un peu plus Bora-Bora. D'ici quelques jours nous répondrons à leur appel et pousserons ensuite jusqu'à Maupiti.
L'entrée dans le lagon de Maupiti est loin d'être évident et ne peut se faire que sans houle, nous devrons donc bien choisir notre jour.
Nous reviendrons à Raiatea au chantier au mois d'Octobre avant notre retour en France.
L'exploration des îles de la société se poursuit donc.

En attendant le bon créneau, nous profitons de la présence de la petite famille à Jean Luc.

dimanche 13 juillet 2014



TAHITI le 14/07




















En quittant Moorea nous sommes salués par une compagnie de dauphins à long bec, en arrivant à Tahiti nous sommes accueillis par une courses de Vaa' ( pirogue Polynésienne) dans le lagon.


Le mouillage de Taïna au sud de Papeete est blindé de monde. C'est là que nous retrouvons notre pote gréeur pour notre problème d'étai.
Le matériel dont nous avons besoin est introuvable ici, il faut donc commander les pièces en France et remettre à plus tard le changement d'étai. Nous profitons de ce passage à Papeete pour faire quelques achats matériel et un bon avitaillement. Sachant que nous reviendrons à Tahiti, nous préférons ne pas nous attarder cette fois. Ville et monde nous semblent un peu agressifs après ces quelques mois de vie à la Robinson , il nous faut nous réadapter...


Faute de vent nous optons pour le mouillage à l'Ouest de Moorea à Ahapiti. Lieu réputé pour ses vagues. A l'entrée de la passe nous nous apercevons que ce n'est pas une légende. De part et d'autre du chenal des vagues parfaites, tubulaires et puissantes nous font sentir leur souffle. Le spot de surf par excellence...

Nous sommes une fois encore, surpris de trouver l'eau à l'intérieur du lagon si calme et transparente, alors qu'à quelques mètres ça déferle de façon spectaculaire. Le mouillage est magnifique au pied de majestueuses montagnes et pics derrière lesquels nous sommes parfaitement abrités des vents d'Est.


Nous allons explorer les hauteurs à pieds par des chemins escarpés qui se devinent plus qu'ils ne se voient car la végétation ne laisse aucun espace vierge bien longtemps.
Sur les crêtes et les cols, nous restons bouche bée devant tant de beauté.

Marco a ressorti sa planche de surf. Il a vite compris que s'il veut avoir une chance de glisser sur le dos d'une vague il faut se lever tôt, avant le lever du soleil. Avant que locaux, Australiens et autres surfeurs ne débarquent car après il n'a plus aucune chance d'en prendre une.


Il faut aussi qu'il se familiarise avec la puissance de ces murs d'eau et le peu de fond. Durant quelques jours tous les matins mon surfeur part sur la pointe des pieds ( pour ne pas me réveiller) se faire massacrer. Il revient malgré tout avec le sourire et entier.
J'imagine que c'est d'avoir réchappé à celles qu'il a prise. A moins que ne soit lié à quelques sirènes rencontrées???



Le 20/07
Pour aller à Huahine il y a 80 milles afin d'arriver de jour, nous n'avons pas d'autre alternative que de naviguer de nuit. Pas de lune, juste la voie lactée et une voûte criblée d'étoile pour nous éclairer.
L'alizé est doux mais la houle un peu moins ! Une grosse houle croisée nous fait goûter une fois de plus aux joies du shaker...
C'est notre dernière navigation nocturne de l'année et l'on ne s'en plaint pas. Les prochaines navigations en perspective se feront de jour vue les courtes distances.


Nous pensons faire breveter une méthode d'amaigrissement sans effort. Cette technique est garantie car nous avons pu la tester à maintes reprises. Il suffit de monter à bord d'un petit bateau (de préférence) et de faire des traversées par une mer agitée. Vous vous délesterez ainsi de quelques kilos superflus, si en plus vous avez la chance d'avoir le mal de mer et d'être un peu stressé, vous fondrez littéralement...

Néanmoins il faut savoir que cette technique sans effort provoque des insomnies et donc une grande fatigue.
Mise en garde: si le corps bénéficie de certains privilèges lié à ce régime, le visage lui empathie.
Les traits se tirent, les cernes bleuissent et se creusent, les rides se marquent... bref attendez vous à avoir une sale gueule...


Le 21/07
Huahine, (petit bijoux vert) apparaît au lever du jours flottant sur une mer mouvementée.
A l'Est, une passe ourlée de vagues sauvages offre l'accès au lagon . Nous jetons l'ancre entre la terre montagneuse et un motu. Ce havre de tranquillité accueille bien vite notre sommeil.
Nous avons la visite de Paul, un local qui vient nous offrir des noix de cocos fraîches et même du poisson. Un accueil des plus chaleureux, même si nos discutions sont un peu limitées du fait qu'il soit sourd et ne parle pas. Avec gestes, mimes et rires nous arrivons à nous comprendre malgré tout.


Visites du motu, marches sur les hauteurs, l'exploration des reefs... ce sont nos activités habituelles.

Puis nous allons à Fare à l'Ouest et nous retrouvons Jean Luc et Mathilde, des amis que n'ai vu durant 25 ans, qui vivent à Huahine.
Le temps a glissé sur nos visages et nos vies, mais c'est un plaisir que de se redécouvrir et de se raconter nos parcours. Nous sommes reçus comme des rois dans leur petit coin de paradis.
Jean Luc nous fait davantage découvrir les moeurs et coutumes de l'île à travers sa propre histoire . Il a été initié à la culture Polynésienne par le biais entre autre de la Vaa' ( Pirogue) puisqu'il fait partie de l'équipe de Huahine.


Il a été deux fois vainqueur de la célèbre course Hawaiki 129 km entre les îles Huahine, Raiatea, Taha et Bora bora. Durant ces 20 dernières années lui et son équipe ont occupé quelques podiums.
Sa musculature témoigne de ces heures passées à ramer et son esprit s'est imprégné du Mana lié à cette pratique.
En général les homme ici sont baraqués, tatoués et tous pratiquent ou ont pratiqué la Vaa'.
Quelques femmes également en font. C'est toujours beau de les voir pagayer ou passer dans la rue avec des fleurs dans les cheveux.

Ils nous mettent à disposition vélo, voiture ce qui nous permet de faire le tour de l'île.
A l'Est on trouve des vestiges de sites de cérémonies appelé les Marae avec des plateformes et pierres dressées. C'était un lieu de prières mais aussi de sacrifices humains avant que les missionnaires ne viennent bousculer leurs croyances et religion.

Le long d'un bras de mer , encore un témoignage de cette ancienne culture, mais cette fois par une technique de pêche très ingénieuse.


Un système de murets, pierres superposées et disposées en entonnoir au fond de l'eau, permet au poisson d'entrer avec le courant et d'être piégé lorsque la marrée descend. Il n'y a plus qu'à le récupérer avec une épuisette. Ce système est encore en fonction.

Les sentiers grimpant sur les hauteurs sont toujours enfouis sous la végétation et très abruptes. Il faudrait toujours avoir un coupe- coupe pour se frayer son chemin. On se perd souvent et on est contraint de faire bien des demis tours. Mais les forêts sont belles et généreuses, on trouve parfois des pieds de vanilles poussant ça et là, des banians centenaires, des orchidées sauvages et autres fleurs au parfum envoûtant...


Le 2 au 13 juillet 2014

Plus de dix jours à se remplir les yeux de bleu, d'eau transparente, de poissons et de merveilles sous marine ; côté plongée on en a bien profité.
Une fenêtre météo s'offre à nous, en trois jours de navigation, nous regagnons Moorea.
Les reliefs nous surprennent : décors montagneux avec une belle harmonie de forme , des pics et aiguilles vertigineux. Le vert intense et le bleu lagon rehaussent les tonalités. C'est somptueux.



Nous retrouvons la civilisation, les supers marché et les mouillages bondés... C'est assez surprenant et déphasant surtout lorsqu'on est encore imbibé de manque de sommeil.
Quelques préparatifs s'imposent avant de recevoir Rodolphe et Ivanne à bord.
Ils arrivent deux jours après avec leurs gros sacs à dos que nous arrivons à caser au milieu des voiles.
Ils vont devoir quitter leurs chaussures de randonneurs quelques jours et se mettre au rythme de celui de l'eau. Un plongeons au milieu des raies et petits requins pointes noires s'imposent. Les raies sont semi-apprivoisées à cet endroit du fait qu'elles soient nourries par les touristes. Elles viennent donc se lover contre nous, glissent sur nos corps en quête de quelques sardines. Les requins eux récupèrent les miettes.



Un autre snorkeling au dessus de statues de Tiki immergés, genre de musée sous marin.




Les vents se renforçant et tournant nous devons rejoindre un mouillage de l'autre coté de l'île.













En chemin, nous tombons sur une colonie de petites baleines pilotes. Elles ne semblent nullement effrayées par notre embarcation et acceptent que nous passions un moment au milieu d'elles.


En s'accrochant à l'arrière du bateau avec un masque, nous pouvons les admirer évoluer à quelques mètres de nous  sous l'eau! Tout à fait extraordinaire...

Vu le mouillage et le vent nous sommes coincés à bord, aussi Ivanne et Rodolphe préfèrent-ils rejoindre la terre pour finir leur visite de l'île car leur séjour tire à sa fin.




En bateau, le rythme est imposé par la météo et la nature. On ne peut suivre un programme, ni faire des plans par avance, aussi il faut avoir le temps.
Cela peut paraître contraignant pour les gens de passage dont le temps est compté.
Notre choix de vie implique parfois des moments d'inaction, de veille, de patience... qui ne s'accorde pas forcément avec celui de rentabiliser son temps. Ce concept de rentabilité d'ailleurs perd de son sens naturellement sur un bateau puisque nous disposons entièrement de celui-ci.




Dans quelques jours nous allons à Tahiti pour changer notre étai et visiter l'île!