mardi 15 janvier 2013

CAP VERT SAN NICOLAO Le 22/12/2012

Ce matin Marco part chasser avec Philippe (du bateau à côté), ils reviennent les bras chargés de poissons. Nous sommes sur le départ pour Brava, Philippe qui n'avait pas prévu d'aller là bas, nous dit qu'il nous y rejoindra certainement !
La météo a décidé de ce jour, pour nous pousser vers une nouvelle île. Toutes voiles dehors nous nous éloignons de ce lieu fort agréable par un vent de 15 nœuds, sans houle ( c'est exceptionnel!)
En fin de journée 2 bonites mordent en même temps aux traînes. L'une fait 2kg et l'autre ne nous laisse qu'une partie de sa bouche arrachée à l'hameçon ( la pauvre).
Cette navigation nocturne est douce. Le vent reste constant, de la poudre d'étoile crible le ciel, l'eau murmure, tout est parfait même si le sommeil est absent.
Au matin c'est la fête à la Coryphène trois mordent sur les 3 lignes en même temps ! Yaouuuuuu ! Notre repas de noël est assuré avec un carpaccio en entrée, et les filets cuisinés !!
A l'approche de Brava, nous ne distinguons pas l'entrée du port, c'est en pénétrant dans une enclave que nous le découvrons, bien protégé, tout petit, avec un village paisible. Il n'y a aucun bateau au mouillage.
Nous avons mis 22h pour faire 100 miles.
Dans le port nous nous reprenons à 3 fois pour poser l'ancre, finalement en plongeant Marco découvre encore un corps mort au fond, sur lequel nous passons une amarre.
Des gamins viennent à la nage ou sur des planches en mousse nous dire bonjour et recevoir quelques bonbons. Partout autour de nous ça pêche, de la plage, du quai, sur des barcasses avec des cannes en bambou, ou juste fil de pêche et hameçon..
Marco donne à des pêcheurs des leurres poisson nageur. Ceux-ci le lendemain viennent nous offrir un gros poisson en remerciement. Alors pour les remercier à notre tour, nous leurs donnons une pompe de cale que nous avions en rab. Ils sont très contents et pour nous remercier nous donne encore un énorme poisson ! Et nous disent qu'ils reviendront demain !! A ce rythme de remerciements nous n'arriverons jamais à tout manger !

Le 24/12
Au réveil un gars (Alberto) sur le quai nous crie qu'il nous attend pour faire les papiers d'entrée. Il va devoir effectivement nous attendre un bon moment car l'annexe n'est pas gonflée et nous ne sommes pas prêts. Il attend patiemment et finit par nous en mener au bureau des formalités. Cependant celui-ci est fermé il faut aller chercher le capitaine ! Alors à nous d'attendre !! Tout se fait à un rythme tranquille avec le sourire. Comme attendre l'aluguer pour se rendre à Nova Cintra la capitale sur les hauteurs.


Ha !! voilà la voiture style pickup qui sert de taxi collectif. Nous prenons place sur des bancs dans la benne, on est serré mais voilà qu'arrive encore du monde, des gamins, des mamas aux grosses fesses ; là on se demande où on va les mettre ? Et bien qu'à cela ne tienne on s'empile les uns sur les autres, je me mets sur les genoux de Marco avant qu'une mama vienne l'écrabouiller. Nous comptons 22 passagers à bord de la pauvre bagnole qui a le ventre à terre va devoir se payer une montée en première liée à la raideur de la côte et notre chargement !
Les visages sont souriants, détendus !
Nous arrivons sur une grande place où les pneus du pickup retrouve enfin leur pression normale.
La « ville » est jolie, propre et très verte avec de grands arbres. C'est très animé, l'air est plaisant en altitude. Les commerces ne courent pas les rues ! Je trouve enfin une vendeuse de légumes trop heureuse que je la dépouille !! ( carottes, magnoc, oignons, patates douces, 3 oranges, 4 poires et 5 bananes, j'ai tout pris!) Bien m'en a pris car cela sera l'unique ravitaillement de frais avant notre départ !

Ce soir c'est noël, Alberto nous demande si nous n'avons pas de vieilles fusées de détresse à lui donner pour faire un feu d'artifice. Nous lui en trouvons dans notre ancienne survie ! Nous sommes invités au village, mais nous ne ferons qu'y passer. Nous retrouvons le bateau, le carpaccio de coryphène, la bonite grillée façon moutarde et une bonne tarte aux poires maison en dessert ! On a du mal à croire que c'est noël !!on est à poil, tout n'est que douceur et l'on savoure cette veillée peu commune !
Pour ma part ces fêtes font remonter des bulles de souvenirs, me rendant nostalgique de mes enfants, le cœur serré en pensant à eux à cet amour qui tourbillonne en moi sans qu'il puisse être libérer vers eux ! Trop de distance et encore plus à venir avec cette grande traversée.
Ce vide résonne sans crier garde de temps à autre plus intensément, le voyage c'est aussi quelques sacrifices !

Du 25 au 29/12
Nous visitons l'île en aluguer taxi collectif qui attend d'être plein pour partir ! Nous apprécions ce moment où tous ces gens discutent, plaisantent ensemble au milieu des marchandises, des courges, des enfants endormis contre leur jeune mère. Il y a tant de tendresse entre eux par leur regard, leur geste que nous en sommes surpris. Alberto nous disait que tous n'était qu'une grande famille et c'est le sentiment que nous avons. La solidarité semble être la force de l'isolement. Il rayonne de ces personnes une beauté qui doit être le reflet de leur bonheur et de cette union.
Un mot me vient à l'esprit qualifiant ces gens c'est la dignité.
L'île est montagneuse et la majeure partie des villages (que l'on compte sur les doigts de la main) se trouvent sur les hauteurs. La terre reste sèche malgré un peu de vert des cultures.

Alberto est un gars vraiment chouette c'est notre magicien qui arrive dès notre réveil sur le quai pour offrir ses services. Il est là toujours au bon moment, discret mais efficace.
Il nous raconte son histoire : Avec son père ils avaient réussi à se fabriquer une belle barque pour pêcher. Une nuit il partent avec leur bateau tout neuf. Le vent et la houle font partie de leur quotidien , mais ce jour là les vagues puissantes ont entraîné leur barque sur les rochers et celle-ci s'est fracassée. Ne pouvant se résoudre à abandonner le reste de leur embarcation dans la mer déchaînée, il l'ont tiré à la nage de 5h du matin à 9h. Ils ont pu ainsi récupérer quelques pièces de bois. Sa voix, son visage nous montre à quel point cela fut une épreuve.
Les pêcheurs ici n'ont qu'une barcasse et des rames pour affronter la mer. Elle peut être terrible car L'île voisine de Fogo n'est pas loin et forme un couloir où vent, houle et courant se déchaînent fréquemment.
Avec Marco nous avons décidé de faire un cadeau à Alberto, un cadeau utile pour l'aider lui ou un autre pêcheur à se nourrir.
La veille avant notre départ nous le retrouvons sur le quai et nous lui offrons notre moteur d'annexe.
Il est si touché qu'il n'arrive plus à parler, il baisse les yeux ne pouvant croiser notre regard.
Sachant que nous partons demain, il nous dit qu'il veut plonger pour enlever notre amarre avant notre départ. Que si nous revenons il nous en mènera camper et pêcher sur les îlots du Nord, qu'il sera là pour nous....
                                      TRANSATLANTIQUE


Le 29/12/12 ( 1er jour)
Juste quand nous sommes prêts pour le départ, il est là avec un copain. Il plonge et vient nous embrasser avec affection, nous donnant son adresse .
Nous quittons Brava avec émotion. Les English qui sont arrivés hier et que nous avons aidé à amarrer nous saluent avec la corne de brume. ( Ces enfoirés en manoeuvrant avec leur bel Halberg Rassy sont venu cogner Tidoudou ! Mais celui-ci s'est bien défendu en mordant l'arrière de leur bateau tout neuf et en lui laissant une belle balafre, alors que lui en sort indemne : le rail de fargue est solide !)
On est allé boire un coup sans rancunes sur leur beau bateau éraflé ( l'intérieur est une merveille !)

C'est la grande traversée avec l'inconnu et l'immensité, une des grosse partie de notre voyage !
Un dernier texto à mes enfants , à nos proches et je suis submergée par l'émotion. Je ne peux prononcer un mot et avec les larmes plein les yeux je regarde la côte s'éloigner. Un nouveau grand départ où divers sentiments sont mêlés...
Très vite il faut revenir au présent et aux manœuvres, surventes, déventes, il faut agir !
Quand nous quittons l'abris de l'île les alizés nous attendent, ils sont en forme aujourd'hui et nous accueillent avec des bouffes à 25/30nd ! On affale la grand voile et naviguons sous génois seul. Nous pouvons ainsi réduire la toile plus facilement si besoin avec l'enrouleur.
Quelques heures plus tard nos repas se voient assurés pour plusieurs jours avec notre plus gros thon jamais pêché !! ( dans les 6kg)
A Brava nous n'avons pu acheter de frais : pas de légumes, pas de fruits, pas de laitages, pas de viandes aussi ce poisson est le bienvenue ! Ils nous sauvent de ces saloperies de boites de conserves !


Le 30/12 ( 2em jour)
Distance parcourue : 140 miles ces dernières 24h.
Le vent ne s'est pas apaisé durant la nuit entre 25 et 30 nœuds, la mer se forme et gare aux vagues !!!
Le pilote se comporte très bien, il arrive à redresser lors des surventes ou le départ au surf sur une vague ; à condition que cela ne dure pas trop longtemps ou qu'il n'y ait pas plusieurs grosses vagues d'affilé. Si non le bateau part au lof et il faut l'aider à la barre pour revenir sur sa route.
Nuit donc un peu agitée et journée également.
Cela n'empêche pas d'avoir des visites surprises : des poissons volants échoués sur le pont et au lever du jour une petite dorade Coryphène toute jaune à la traîne.
Et ce n'est pas finit : Marco m'appelle sitôt que j'ai finit d'en faire les filets. Je remonte dans le coockit: une autre nous attend en bataillant sur la ligne : 60 cm une belle prise !!




Je retourne m'harnacher et me longer à la cuisinière pour en faire des filets, mais Marco ne se lasse pas de crier :
« Sabriiiine ! Vient vite il y en a une autre ééénooorme !!
Je bondis en même temps que la dorade et là je sens que ça va être sport ! Entre les vagues qu'il faut négocier au niveau de l'équilibre, les coups de vents qui inclinent le bateau et la sortie hors de l'eau de ce marstard!
« Sabriiiiiine ! Ça a mordu sur la deuxième ligne aussi et elle est plus que groosse !! ho merde là c'est trop ! »
On s'occupe d'une en espérant que l'autre lâchera l'hameçon !
Marco en équilibre sur la filière tente de soulever l'engin, il n'y parvient pas, mais à la fois suivante, il donne de l'élan et l'énorme dorade atterrie dans le cockpit ! Au passage Marco se coupe un bout de doigt en la remontant ! La prochaine fois il mettra des gants.

«  Ouaouuuuu qu'est ce qu'elle est belle ! Elle est énooorme ! Nous sommes comme des fous et elle aussi ! Elle tape de la queue et effectue des bonds prodigieux. Je prends le temps de sortir le mètre pour la mesurer : 1 mètre pile poil !! environs 10kg
Nous pensons à sa copine qui heureusement a pu se décrocher et retrouver sa liberté.
Nous avons à présent du poisson pour X jours. L'océan nous comble, merci précieuse nature d'une telle générosité .


On rentre les lignes qui vont rester quelques temps tranquilles. Et on se met au boulot : vidage, nettoyage, filetage, préparations de diverses façons...
C'est la plus belle prise de notre vie (avec le Marlin des Baléares d'1,80m) !
On ne s'ennui pas à bord...





La mer fait le gros dos et ses bosses déventent le génois, nous décidons de mettre le tangon ;
(Moi le tangon je ne l'aime pas, une barre de fer de 5 m de long pesant une tonne environs pour mes petits bras) mais bon pour éviter que le génois claque nous lui offrons ce confort !
Evidemment c'est toujours quand la mer est grosse qu'il faut le sortir, ce qui veut dire que notre équilibriste de service doit aller sur le pont à l'avant et l'installer. Toutes les fixations se sont grippées avec le sel, donc tournevis, huile et tout le b.....
Il est en place ouf ! On déroule gégène et voilà pas que l'écoute saute de la poulie et sur -patte au winch, ce qui veut dire qu'elle est bloquée. Le claquement de la voile est si fort qu'il défait le tangon de sa fixation au mât ! On a libérer le serpent d'acier en furie et là on prend peur ! Car il s'attaque au pont, au hublot qui menace d'exploser. Sa fureur nous cloue sur place le temps de réagir. Marco se précipite sur le diable, s'explose le pied dans le winch au passage et tente de maitriser de toute sa force ce putain de tangon.
Profitant d'une dévente, j'arrive à défaire l'écoute ( mes doigts ont eu chaud) et j'enroule le génois Ca se calme enfin ! Enfin presque car la tête du serpent est tombé dans l'eau buvant la tasse; Marco ne peut le retenir. Je reprends de la balancine et remonte le tangon avec le winch, le sauvant de la noyade.
Ben vin dieu, c'est pas toujours facile ! Nous sommes contents d'être deux car seul... ?
On reprend notre souffle, on trouve une solution pour la poulie, on remet en place l'engin et on s'occupe des bobos après.
Le petit orteil de Marco est cassé, il a changé de volume et de couleur et il a mal !
Infirmière à votre service : je lui fais une atèle avec un strap sur 2 orteils, un pansement sur la coupure de son doigt et lui colle une bière dans les mains et ça va déjà mieux !
Non on ne s'ennui pas sur un bateau !



Le 31/12/12 (3eme jour)
Distance parcourue ces 24 dernières heures : 140 miles
Ce dernier jour de l'année est salué par une bande de dauphins, spectacle dont nous ne nous lassons jamais  d'autant plus que des nuées de poissons volants se joignent à la fête !
Dans la nuit dernière, l'un deux est venu s'écrabouillé contre la pale du régulateur, me faisant sursauter, alors que j'étais de quart ! Je fus heureuse qu'il est choisi cette cible plutôt que ma pomme.
Marco lui a vu une comète énorme tomber du ciel, trop gros pour être une étoile filante m'a -t-il dit !
Nous avons croisé un chalutier si loin des côtes presque 300 miles !

Cette année 2012 fut riche pour nous, entres les préparatifs de ce voyage et le début de sa réalisation, nous n'avons pas perdu notre temps ! Nous sommes heureux des choix que nous avons fait et ce mode de vie nous apporte encore plus que ce que nous avions imaginé.
Une nouvelle année s'annonce alors à tous nous souhaitons que vos aspirations soient comblées.
Puissiez vous vivre vos rêves !


Le 1/01/13 (4eme jour)
Distance parcourue : 140 miles encore !
Sous le bateau 6000 mètres de fonds de quoi nourrir notre imagination.
Notre Tidoudou nous isole de ces profondeurs obscures et de ces monstres aquatiques qui peuplent nos inconscients. Une simple coque au milieu de cette immensité peut paraître ridicule, et c'est pourtant là qu'elle paraît si importante, c'est notre refuge, notre maison, notre moyen de locomotion,
l'accès au voyage et à nos rêves !!! Nos vies tiennent dans 10,70m/ 3,80m
l
La mer se fait ronde, Eole la gonfle de son souffle. La crête des vagues se frangent d'une bordure turquoise juste en dessous de la dentelle de déferlement. La respiration de l'eau se glisse sous la coque, la faisant danser, la faisant tanguer parfois sauvagement, la faisant chanter.
Chaque bruit est communication, information et nos oreilles au fil du temps, décryptent de mieux en mieux cette mélodie changeante.




Ce qui nous rend grand service la nuit où nos quarts, au fil du temps, tendent à se faire à l'intérieur de notre cabine. Juste une petite inspection toutes les demis heures.
Nous dormons d'un œil et une oreille reste en éveil afin de pouvoir surveiller notre embarcation.
Le croisement de bateau se fait rare à présent, seules les humeurs du vent nous obligent à être vigilant. S'il tourne ou forcit, les bruits diffèrent.

Le 2/12/12 ( 5eme jour)
Encore 140 miles au compteur en 24h ( on pris un abonnement!)
Nous prenons nos rythmes, même si ce n'est pas de la navigation dans les transats sur l'atlantique (comme l'avait imaginé une Capverdienne) !!!
En effet, la houle et le vent restent fidèles et nous lâchent pas 20-25nd et plus. Ce n'est pas très confortable il faut l'avouer. Notre Tidoudou au ventre rond, au vent arrière remue son cul violemment, fessé par les vagues.
Cuisiner devient un tour de force, rien ne peut être posé sans vol-dinguer , je m'énerve à voir ma préparation répandue non dans nos ventres, mais sur les surfaces du bateau !!
Marco est toujours privé de pêche car le frigo regorge de poissons, il s'impatiente de ne pouvoir remettre ses joujoux traîner dans l'eau.

Avant d'aller dormir, je demande à Marco de brancher l'alarme de l'AIS détecteur de bateau. Nous ne l'avons jusqu'alors jamais utilisé.
«  Nous pourrons dormir plus tranquille et comme ça on ne sera pas obligé toutes les demi-heures de sortir scruter le noir !! »
Bien que rencontrer un bateau là où nous sommes semble improbable, Marco commence le réglage et voilà pas que l'alarme se met en route et qu'un bateau apparaît sur l'écran à tribord !!
« Ben qu'est ce que c'est ? »
On sort inspecter dehors et effectivement un bateau arrive faisant route sur nous ! Un cargos de plus de 200 mètres. Un de nous reste à surveiller l'écran à l'intérieur pour voir si vraiment on doit s'inquiéter et l'autre observe sur le pont. Il ne semble pas vouloir changer sa route.
A 2 miles de nous, Marco appelle par VHF. Le mec nous répond en Anglais Arabizan qu'il va changer son cap. On attend que le monstre d'acier s'écarte, mais toujours rien il nous vient dessus.
Rappel VHF« OUI OUI ! Je change de cap !!! »
Le problème c'est que son changement de cap ne fait que le mettre sur l'axe de collision !
«  Putain, mais il nous rentre dedans ce con !! »
Nous sommes sur le pont tremblant en voyant les lumières à présent tout près.
Panique à bord, il faut agir vite ! On enroule le génois, on met le moteur et on fait demi tour, on remonte face au vent et aux vagues.
Le capitaine a dû s'apercevoir de son erreur car il fait soudainement un angle droit pour nous éviter ! Il pensait que nous venions dans l'autre sens ! (Nous n'émettons pas d'AIS, nous recevons seulement !)
Franchement on a eu chaud, si nous n'avions pas manoeuvrer...... ??
Durant une demi heure on en revient pas de ce concourt de circonstance !
Que l'on ait allumé le radar à ce moment précis.
Les chances de rencontrer un bateau dans cette zone est déjà faible mais qu'il fasse exactement cap sur nous l'est encore plus !
C'est comme la loterie, mais là au lieu de gagner , tu perds tout !! Qui veut jouer ?
Donc vigilance est de mise et un œil seulement dormira !


Le 03/12 ( 6eme jour)
Distance parcourue : 140 miles ( c'est pas une blague!)
Quand je me lève je découvre que Marco n'a pas résisté à mettre une traîne.
« Non t'exagère, on a encore plein de poissons au frigo ! »
« Ouai mais t'inquiète ! c'est un essai avec un leurre que j'ai fait moi même, ça mordra pas ! »
Quelques minutes plus tard ce qui devait arriver arriva ! Un poisson surfe à l'arrière !
C'est une Sériole bien belle  qui finira de compléter la collection de tupperware au frais !
Les lignes sont confisquées.
Le vent oscille toujours entre 20 et 25 nd. D'après les fichiers le vent devrait forcir et la mer avec !
Nous anticipons donc en optant pour mettre la trinquette seule au lieu du génois.
Du coup on se traîne à 5 nd, mais on gagne en confort, nous sommes nettement moins ballotés.
Et plus tranquille au niveau de l'esprit si le vent forcit soudainement.
Cela nous laisse tout loisir de contempler la mer et bien nous en prend car nous assistons à un spectacle inédit.
Une énorme dorade coryphène profitant du repos du guerrier forcé de mon homme, vient le narguer à 2 mètres à l'arrière du bateau. Sa nage gracieuse en surface nous permet de l'observer. Ses couleurs sont presque celle de l'arc en ciel un dégradé de jaune, vert, bleu de toute beauté.
Nous avons largement le temps de l'admirer car elle nous suit toute la journée avec quelques disparitions de temps à autre.
En fait, elle utilise notre bateau pour chasser. Celui-ci faisant fuir les poissons volants au niveau de l'étrave, elle les attend sur le côté pour les croquer. Les ondulations de son corps, ses départs au surf dans les vagues, ses couleurs éblouissantes avec les reflets du soleil, ses bonds prodigieux hors de l'eau nous mettent dans un état d'hypnose. Que de grandeur, de grâce et de beauté, c'est extra ordinaire ! Rajoutant à cela les nuées de poissons volants , les oiseaux du grand large tournoyant au dessus de nos têtes... Tout n'est qu'harmonie et la vie résonne au milieu de cette immensité.
Le grand large ne cesse de nous surprendre ! Tout cela, sous un soleil éternel et une douceur jour et nuit des plus plaisantes malgré le vent.
Une grosse houle de NW se forme aujourd'hui en plus de la houle du vent NE par derrière, nous voyons passer ces trains latéralement, impressionnant !
A la tombée de la nuit, faisant la vaisselle dans le cockpit, je vois de très gros poissons emprunt de frénésie faire des sauts hors de l'eau à 4 mètres du bateau, ils doivent chasser ! Je ne sais pas ce que c'est ?

Le 04/01 ( 7eme jour)
Distance parcourue : 132 miles ( la trinquette nous a ralenti, mais nous avons tant gagné en confort de navigation!!!)
Le reste du thon n'a pu se garder. Cela laisse une petite place au frigo ! Marco tout content ressort ses lignes. 1Heure plus tard, nous remontons à bord une coryphène de 90 cm. C'est toujours un moment d'excitation et d'agitation, même si ôter une vie si majestueuse nous pince le cœur.
La loi de la nature est souvent féroce, le plus gros bouffe le plus petit pour se nourrir.
La pêche n'a pas duré longtemps ! Les leurres sont à nouveau rentrés.
Je pense à mon père à cet instant, grand pêcheur devant l'éternel, il n'en croirait pas ses yeux en comparaison avec ses petites truites des lacs de montagnes !!!
C'est incroyable comme c'est poissonneux. Il faut dire que peu de chaluts ne viennent jusque là !! 
Cette fois, il n'y aura pas de gaspillage, je décide d'en faire des conserves de rillettes. Recette de Monique ( d'un autre bateau). Je teste cela avec 25nd de vent et une bonne houle qui corse quelque peu l'histoire !!
Un cargos à nouveau nous croise à 4 miles dans la soirée.
Cette nuit est très agitée, ponctuée de grains, de rafales à 35 nœuds, de pluie et évidemment d'une mer hachée et bien formée.
Mon esprit en alerte se refuse au sommeil. Les courtes nuits précédentes n'aident pas à récupérer.
Je suis fatiguée. Marco, lui, arrive à sommeiller par tranche, se rendormant sur commande ce qui lui permet de tenir le coup.
Les débuts de nuits sont d'une obscurité totale presque effrayante de noirceur, la lune n'apparait que tardivement, c'est d'un quartier timide qu'elle daigne nous offrir un peu de clarté.


Le 05/01 ( 8eme jour)
Distance parcourue : 140 miles
La petite ligne sortie ne reste pas longtemps à traîner seule. Et encore une Coriphène de 75 cm !
Je finis de remplir tous mes bocaux vides tant qu'il y a du poisson de faire les provisions, car dans les Caraïbes avec le problème de siguatera, on pourra faire une croix sur la pêche.
Les alizés restent musclés encore 25 à 30 nd aujourd'hui.
La mer est bleue outremer, ourlée de franges blanches sur les crêtes. Ses ondulations anarchiques, lui donnent un air brouillon. Mais le mouvement incessant est captivant. Des séries de grosses vagues viennent parfois soulever l'arrière du bateau, le faisant surfer ou parfois l'obligeant à s'incliner devant elles. Certaines plus vicieuses explosent contre la coque et poussent Tidoudou méchamment sur le côté.
Notre bateau est vaillant et ne prend pas outrage de ces asseaux, aidé du régulateur ils contrent ces attaques. A certain départ au lof, nous venons leur prêter mains fortes.
C'est une houle de vent hachée, en vrac et qui n'a aucun rythme ou régularité, il faut être vigilant.

Marco, voyant mon état a pitié de moi et m'offre une nuit de sommeil. Il veille, allongé dans sa cabine et pique des petits sommes entre 2 bruits inquiétants.
Dans la nuit un poisson volant lui passe devant le nez et finit son vol dans le seau ! Une chance il sera sauvé !
Pouvant relâcher mon esprit de cette responsabilité de surveillance, je m'abandonne dans les bras de Morphée durant 4 heures.


Le 06/01 ( 9eme jour)
Distance parcouru : 140 miles comme d'habitude !
Chaque matin, Marco fait son tour de pont : contrôle règlementaire et en profite pour ramasser les poissons volants échoués.
Au passage d'une barre de nuage, vent 30nd et houle forcissent encore ! Une grosse vague recouvre le bateau par l'avant, puis une autre par l'arrière. Marco prend sa douche de réveil dans le cokpit avec cette masse d'eau qui finit son nettoyage à l'intérieur du bateau.
On décide de se longer pour sortir car ça devient dangereux ! On sait que l'on a pas le droit de tomber à l'eau. Une mission sauvetage a de forte chance de s'avérer vaine aux vues des conditions que nous avons. DONC PRUDENCE !!!
La journée sera intense et la nuit encore plus jusqu'à 30-35nd.
Les poissons volants s'assomment de toutes parts, on tente de les sauver s'ils peuvent être récupéré, mais pas question d'aller sur le pont de nuit, avec la houle qu'il y a !!! On les entend battre des ailes les pauvres !
Une hirondelle des mers vient trouver refuge dans le vide poche de la table à carte ! Mais comme elle chie partout Marco la met dans le cokpit, elle se planque dans le seau.
Le sommeil commence à être plus que léger 2 à 4h par 24h, c'est un régime qui ne me convient pas trop. L'esprit en alerte constante ne débranche plus jour et nuit, impossible de dormir! Je finirais bien par tomber !

Le 07/01 ( 10eme jour)
Distance parcourue : 142 miles
On se rend compte que malgré le fort vent nous n'avons pas parcouru beaucoup plus de distance !
La houle doit y être pour quelque chose, vue qu'elle grossit en fonction du vent!
Nous avons notre voilure toujours réduite au maximum, une trinquette de 15m carré qui suffit amplement.
Aujourd'hui on a encore 25 à 35 nd. Pour Tidoudou c'est beaucoup.
Le mot Alizés évoquaient pour moi, jusqu'alors, détente, douceur, bronzette... Ben maintenant cela a quelque peu changé !!!
Malgré tout c'est super d'avoir un vent constant, régulier cela permet d'avaler les miles !!
Le problème n'est pas tant le vent , mais la houle qu'il génère. Mais on n'a pas trop à se plaindre car elle reste relativement bien positionnée dans le lit du vent, malgré qu'elle soit courte et en vrac et consistante. Une grosse houle bien formée style train de vagues serait préférable à celle-ci.
Fin d'après midi, je constate que le lavabos est rempli d'eau malgré que la vanne soit fermée. Soucis !! Après quelques recherches on tombe sur la source du problème.
Notre réservoir d'eau douce de 200 litres fuit, une couture latérale s'est déchirée. Voilà de quoi s'occuper toute la fin d'après midi. On enlève les plancher, il y a de l'eau partout.
Nous devons vider le réservoir et écoper. Heureusement il nous reste une réserve de 100 litres.

Marco assure la veille cette nuit encore car je suis épuisée ! J'ai beaucoup de mal à gérer le manque de sommeil ! De plus, le corps est soumis au déséquilibre constant, les muscles compensent sans arrêt, il ne peut jamais être au repos même allongé. Il se fatigue malgré que l'on ne soit pas super actif. Je grignote 4h de sommeil pour les 24h en y mettant toute ma bonne volonté.
Durant la nuit un grain passe, Marco est dehors pour veiller au grain comme on dit.
Le vent forcit, passe à 35 nd durant quelques minutes. Le bateau décolle, bondit, trace, fuse, on est parfois en suspension dans l'air. L'écoulement de l'eau sur la coque est linéaire, on entend les particules s'échauffer contre.
Dans la cabine je prie pour qu'il n'y ait pas une traitresse de vague pour lui faire un croche pied.
Quelques instants plus tard c'est le calme plat côté vent, mais pas côté houle qui peut à nouveau nous chahuter à son aise.


Le 08/01 (11eme jour)
Distance parcourue : 140 miles c'est fou !
Marco m'annonce une bonne nouvelle après avoir reçu ses fichiers grib et bulletin du frangin.
Mon frère Robin nous communique chaque jour un bulletin via iridium en faisant une estimation de notre position, cela nous est précieux.
« Dans deux jours ça se calme !, la fin de la traversée va être une croisière tranquille 15_20 nd ! »
Je suis ravie. Non pas que cette navigation me soit désagréable, mais je suis fatiguée d'être secouée et d'être en alerte continuelle.
J'aspire au calme, à pouvoir me détendre dans le cokpit sans être sur mes gardes pour ne pas vol-dinguer ou se faire tremper et à dormir ! dormir ! Dormir tranquille !
Nos mémoires se rappellent, à présent de ce qu'un vieux loup des mers et un autre Anglais nous avaient dit : A la période des fêtes de fin d'année, il n'est pas rare de pouvoir faire la transat accompagnée des alizés de Noël. Ces alizés sont plus vigoureux souvent de 25 à 30 nœuds. C'est exactement ce que nous avons depuis le départ !
En fin d' après midi un groupe de dauphins en chasse passent, ils sont excités et ne s'attardent pas trop.
Comme le vent a légèrement faiblit , nous remettons le génois tangonné et reprenons une allure vive. NB : chaque manipulation de tangon n'est jamais simple !!
Avec la vitesse Tidoudou plane au dessus de l'eau, faisant vibrer sa carcasse et recherchant un équilibre permanent au milieu de la houle sauvage. Ses appuis latéraux parfois très vifs, brutaux, nous tiendront éveiller presque toute la nuit. Ca carve grave !


Le 09/01 (12eme jour)
Distance parcourue 142 miles, décevant vue l'allure que nous avons maintenue durant plus de 15h !
Au lever du jour le ciel est noir derrière nous, annonciateur de grains. Nous nous préparons à les recevoir. Gilets, longes sont sorties, on ferme la descente, les écoutilles, on roule le génois...
Marco reste dans le cokpit et moi enfermée à l'intérieur.
Le vent monte jusqu'à 36 nds, les rideaux de pluie rincent le pont et mon homme.




C'est passé ! Ouf ! on déroule le génois car après le grain c'est la pétole. Mais voilà qu'à nouveau une autre barre sombre de nuages arrive et re belote ....Les grains s'enchaînent ainsi, les uns après les autres jusqu'en milieu d'après midi. L'heure d'une petite sieste bien méritée à sonné, si le cerveau veut bien nous l'accorder.
Fin d'après midi le vent forcit à nouveau, nous repassons sous trinquette tangonnée, avant la nuit pour être plus tranquille. Nous le sommes quelques heures, le vent tombe et nous aussi, dans un sommeil de 3-4 h.
Mais bien vite Eole nous rappelle à l'ordre, un grain arrive et s'excite une bonne partie de la nuit. Fin de nuit nous replongeons dans les rêves. Première nuit avec autant de sommeil (presque 6h !!!)


Le 10/01 (13eme jour)
Distance parcourue : 130 miles
Au réveil l'océan nous offre un nouveau visage plus calme. Quel régal ! Enfin un peu de douceur. Même s'il reste un peu de houle de 2,50m, cela nous semble agréable après ce que l'on s'est collé !
15-20 nds soufflent, nous mettons tout le génois à l'air libre tangonné et profitons de cette paix à l'avant du bateau. L'océan peut s'apprécier, se contempler et nous nous laissons bercer par ses ondes.
«  En principe c'est comme ça la transat »!! me dit Marco
J'aime ce principe !
Il nous aura fallut attendre 13 jours pour souffler un peu !!
Côté pêche, depuis quelques jours, les lignes se font arrachées, hameçons cassés, y a du lourd ! Ils sont trop gros ! Pourtant Marco a équipé ses lignes de câble en acier et d'hameçon gabarit maximum.
Sur les conseils de Miki je lie le livre de Melville, l'intégrale de Moby Dick, histoire fascinante sur les baleines.
Plongée dans mon bouquin, j'entends Marco crier à l'extérieur :
« Viens viiite !!! »
Je bondis à l'extérieur et que voit on ?
Trois baleines arrivant droit sur nous. Une d'elle fait un virage à hauteur de l'avant du bateau et effectue un saut dans l'étrave, nous dévoilant ainsi toute sa majesté. Nous restons médusés, parcourus de frissons devant une telle apparition. Ce sont des baleines pilotes, nous n'en avions jamais vue d'aussi près (à 2 mètres) !!!
Une succession de grains nous assaillent durant la nuit, dévente, survente, pluie. Le vent tourne de NE à SE nous éloignant de notre cap. Marco épuisé finit par rouler le génois et mets le moteur afin de pouvoir fermer l'oeil quelques heures.


Le 11 et 12/01 (14eme et 15eme jour)
Distance parcourue : 130 miles/ 130 miles
Deux jours de calme nous sont offerts 15 à 20 nds qui nous permettent de hisser la grand voile et de récupérer un peu de sommeil. Nous apprécions cette jolie brise.
Une odeur nauséabonde s'est répandue dans l'habitacle à cause de 2 ou 3 bocaux de rillettes mal stérilisés. Durant 2 jours il me faut désinfecter les placards. Nous n'avons pas eu mal au cœur tous ces jours de mer démontée et là, à cause de cette puanteur notre cœur chavire !
Côté pêche c'est le calme plat, le bon dieu là haut doit estimer que l'on s'est suffisamment gavé !
Juste équilibre que nous acceptons.

Le 13/01 (16eme jour)
Distance parcourue : 127 miles
Douce brise ce matin, des trains de grosse houle du Nord passent latéralement, mais cela ne nous gène pas trop, tant que le vent ne faiblit pas. Si non les voiles déséquilibrées claquent et l'étai morfle.
D'après nos calculs nous devrions arriver demain (avant la nuit serait idéal). Il faut veiller à ne pas trop réduire notre vitesse, si non la nuit arrivera avant nous. Ne sachant pas s'il y aura une place au port, on préfère mouiller de jour afin de vérifier l'ancre. Sans compter que certaines entrées au port que l'on ne connait pas, de nuit, peuvent s'avérer délicates !!
Nous sommes donc sur la fin de notre transat ! Dans les conditions de ces derniers jours j'aurais pu poursuivre encore la traversée... Celles du début non !
L'océan peut tellement être changeant ainsi que les navigations !
Ce sont sans doute ces extrêmes qui rendent chaque moments intenses par leurs contrastes.

Nous y voilà de l'autre côté, arrivés à Antigua après 16 jours et 7 heures!
Complètement crevés, déboussolés mais contents!
L'ïle est splendide, Comme on peut imaginer une île Antillaise! Chaleur, cocotiers, eau turquoise......

ANTIGUA du 14 /01 au ?

Nous débarquons sur la planète aux milliards dans la marina de Falmouth. Des yatch montrueux par leur taille, des voiliers qui rivalisent entre eux par leur longueur, c'est la démesure qui frole l'indescence. Tidoudou est là perdu au milieu de ce monde des grands et gros richouilles. Nous n'avons pas le choix nos réservoires sont à secs et il nous faut faire un avitaillement. Deux nuits que nous allons sentir passer côté porte monnaie et en plus il n'y a même pas de sanitaires ! La honte ! À croire que les riches ne se lave pas !
Dès que nous sortons de la marina un autre monde s'offre à nous celui des îles. Petites cases colorées, végétations, fleurs, odeurs de nouritures qui fait gargouiller le ventre , visages bronzés et souriants...
Des blacks viennent nous saluer à la façon rasta, on se cogne le poing puis on porte plusieurs fois la main au cœur ! Fait avec sincérité c'est vraiment cool !
La musique à fond la caisse sort des bagnoles, le soir des concerts un peu partout !
C'est paisible, tranquille, ce sont les îles...
Une fois le bateau prêt à reprendre sa route, nous mettons les voiles vers le Sud Ouest. Un beau mouillage nous attend. La découpe de l'île est charmante, des pyramides vertes, des monts et vallons de végétation, des baies, criques, plage de sable blanc... Les couleurs de la mer, des terres, du ciel, nous éblouissent, nous ravissent, tout autant que la chaleur et température de l'eau !!
Nous mouillons dans une eau où le sable est si blanc et si fin qu'il reste en suspension donnant une teinte couleur glacier. Au coucher du soleil, le ciel et la mer flamboient.

Le 18/01
Nous remontons le long de la côte Ouest vers la capitale Saint Johnes. Nos yeux encore vierges d'Antilles se dilatent. Comme c'est beau ! Et ce nouveau mouillage incroyable : petite baie protégée plage et cocotiers mama mia !!







vendredi 21 décembre 2012










CAP VERT : SAL du 10 au 15/12/12

Nous quittons notre mouillage sauvage de Mordeira pour rejoindre Santa Maria au sud.
Quelques jours pour s'imprégner de ce lieu, si le décors n'est pas fantastique : de grosses structures touristiques bordant les plages dans un décors pelé, la vie du village vaut un arrêt.
Nous débarquons à un molhe ( ponton) avec notre annexe où l'animation principale tourne autours de la pêche. Des brouettes de poissons, thons, requins sont étalés sur le quai pour y être vendus.








L'ambiance est colorée par l'eau turquoise, les teintes de vêtement que portent les Cap verdiens, par leur sourire et la bonne humeur.
Dans les rues les vendeurs d'artisanat nous invitent à entrer dans leurs boutiques.
D'autres petits vendeurs en tout genre nous proposent leurs marchandises, discutant avec aisance en Français sans pour autant être insistants.


Notre premier soucis est de trouver de l'eau pour nos réservoirs, on apprend que pour se ravitailler il faut aller à la fontaine municipale au bout du village. Nous débarquons notre jerrican de 30 litres à la recherche de la dite fontaine. Chemin faisant, un type au large sourire vient à notre rencontre et se propose de nous en trouver. Notre magicien nous dégotte notre eau et en plus nous la porte jusqu'à l'annexe ! Moyennant quelques escudos dont le montant est à notre libre appréciation ,on trouve tout. Enfin presque car par exemple les alimentations sont vides de fruits, légumes, produits laitiers, viandes...


Un problème avec le moteur de l'annexe ? Pas de problème un gars nous emmène voir un mécano, il nous aide à porter celui-ci devant la porte de l'expert et roule ma poule quelques heures plus tard, il nous attend pour le ramener à bon port ! Leur disponibilité, leur gentillesse et leur aspect serviable nous surprend.
Ils n'ont pas grand chose, et pourtant ils semblent avoir l'essentiel, leur visage ensoleillé respire la tranquillité. Ils ont ont le temps !!! La cannabis et le rhum aidant à faire fondre tout résidu de stress !!!








Le mouillage dans la baie serait parfait s'il n'était pas rouleur. La nuit dernière fut épouvantable pire qu'en navigation musclée, nous sommes secoués par une méchante houle qui nous prive de sommeil tant on valse dans les cabines. Heureusement Marco en plongeant vérifier l'ancre quelques jours avant a trouvé un corps mort au fond, sur lequel nous avons pu passer une amarre de sécurité. Avec 2 points d'amarrage on se sent plus tranquille. Au réveil on s'aperçoit que l'amarre s'est rompue et que la houle n'est pas décidée à se calmer. Nous optons pour un retour au mouillage de Mordeira abrité de la houle de Nord Est à 2 h de là. Le vent est excité lui aussi et c'est avec le solent seul au près que nous regagnerons notre mouillage sauvage. Il faut préciser que Santa Maria est prisée par les véliplanchistes, les kitteurs et les surfeurs ce n'est pas pour rien !! vent et houle garanties toute l'année !
Pour un mouillage c'est un peu exposé, on comprend qu'il n'y ait que peu de bateau dans le quartier !
A Mordeira la houle se tasse mais le vent reprend de la vigueur avec 30 nd il nous faut être sur nos garde. L'ancre est mise à rude épreuve, la main de fer servant d'amortisseur casse sous la tension.
Mc Guiver, nous répare cela en quelques heures !


Après 3 jours de veille sur le bateau, le moment pour partir à San Nicolao se présente enfin.
Nous quittons Sale avec le génois seul tangonné car une grosse houle de 3 mètres déséquilibre sauvagement notre embarcation et les voiles. Nous félicitons nos estomacs bien accrochés !
Au bout de quelques heures nous voyons de gros ailerons d'un mètre dépasser à la surface de l'eau : des orques !! Ouaouuu c'est énorme !
Des poissons volants aux ailes bleues établissent des records de saut sur des centaines de mètres.
Le bateau est bien secoué par la houle et nous aussi. A l'approche de San Nicolao à minuit il nous faut empanner. C'est toujours sportif de manoeuvrer de nuit avec les vagues, surtout que le tangon pèse un âne mort tout comme nos paupières !


A 9h30 le lendemain nous atteignons le mouillage dans la baie de Tarafal. 20H de navigation, nous sommes bien fatigués, un roupillon s'impose avant d'aller faire notre entrée papier.
Nous débarquons en annexe à un quai ou un gamin nous attend pour prendre notre amarre et un bonbon au passage !
Le village est rustique des bicoques en ciment, 2 ou 3 épiceries peu achalandées mais on trouve un point internet ! Surprenant de trouver une telle technologie alors qu'il manque encore des bases plus importantes.
Sur l'unique quai, les pêcheurs ramènent le fruit de leur pêche, un petit marché de fruits légumes couvert permet un ravitaillement sommaire.



Le 19/12
Au réveil il n'y a plus de vent, cela fait un bail qu'un tel événement n'était point arrivé !!
Nous retournons au village avec un bidon pour prendre de l'eau, le linge sale pour une lessive.
Une cahute sur la plage fait office de lavoir, deux dames sont à leurs tâches. Après observation je comprends qu'il faut commencer par aller au puits avec son seau pour chercher l'eau. Un épis de maïs fait office de bouchon dans le lavoir et vas y que je te frotte!!
Personne ne connait l'existence des machines à laver ici, mais internet oui ! Crasy !!!
Nous croisons des gars en train d'installer des décorations de noël, rigolo sous les tropiques !
Le rhum et le cannabis semblent faire des ravages par ici, certains sont complètement déchirés à 10h du matin.
Le climat est d'une douceur idéale 30°C, l'eau 25°C : un délice.



Le 20/12
On revient d'une marche dans les montagnes, nous nous sommes fait accompagné par un jeune de l'île qui nous a emmené dans un endroit à pleurer tellement c'est beau  5 / 6h de marche! Une vallée escarpée verdoyante où des petits villages accessibles par un sentier raides semblent plongés dans un temps d'une époque révolue. On croise des gamins avec leurs ânes, leurs chèvres qui marchent. Des paysans cultivant ces montagnes loin de tout ! Pas d'électricité et une vie rustique et rude ! Mais c'est tellement beau, tellement vert en contraste avec l'endroit où est le bateau !! On en revient enchanté mais crevés, on a du faire une bonne partie du retour à pied car pas d'aluguer (taxi collectif).

Marco est allé chasser hier soir et nous a ramené 4 poissons rouges dont nous ne savons pas s'ils se mangent, il a vu un requin. Il paraît qu'il y en a plein le port car les pêcheur jettent les entrailles à l'eau et ils viennent se nourrir.
Pas agressifs parait-il !!
On a donc repérer d'autres balades à faire dans le coin et dès que les vents reviendront nous nous en allerons à Brava !
Une vie totalement différente ici, mais ces contrastes sont vraiment chouette.
C'est quelque chose à voir comme le quai est animé avec les pêcheurs qui ramènent des thons énormes, des maquereaux, araignées de mer..... les femmes attendent pour acheter et revendre aux autres villages.
Il y a un petit marché couvert sur le quai ou l'on peut trouver qqs légumes et fruits. Les gamins se battent pour attraper notre amarre d'annexe et nous la garder car ils savent que qqs escudos leur seront donné ou des bonbons !
Ils ne sont pas chiants et ne demandent jamais plus que ce qu'on leur donne ! Après ils jouent dans le port, nagent, pêchent du quai ! La vie quoi !!
Voilà un peu notre décors ! On apprécie le calme au mouillage après les roustes de vent et houle que l'on a eu à Sal.

le 21/12/12

Aujourd'hui pourrait être la fin du monde, ci ce n'est pas le cas demain nous partons pour Brava! Suite de nos aventures....


mercredi 12 décembre 2012



TRAVERSEE DE LA PALMA AU CAP VERT du 4 au 9 décembre 2012

1er Jour : le 4/12
Le ponton s'anime d'un coup ce matin à notre départ, tous les potes du ponton sont là, fidèles au bon accueil jusqu'au bout. On nous largue les amarres presque trop vite ! On a pas allumé les instruments, ni fermé les vannes, ni fait notre contrôle avant départ ! Mais on s'en fou le cœur est là, les mains s'agitent et on quitte le quai sous le salut de la corne de brume.
Un départ fort chaleureux, sous un beau soleil. Chantal et Christophe(ex captain de cargo) partent aussi au Cap Vert ce matin, ils nous suivent à une heure de distance.
Les bateaux restent à vue toute la journée, avec un petit coucou radio de temps en temps! C'est plutôt sympa !

Nous sommes sous le vent de l'île durant les premières heures, le relief nous joue des tours forcissant d'un coup, faiblissant. Sitôt dégagé de la pointe sud, les alizés reprennent leurs droits.
Comme prévu à la météo nous touchons des vents entre 20 et 25 nœuds ce qui est parfait tant que l'on est au portant. Le vent est de secteur Est et génère une petite houle, mieux vaut éviter le travers . Le régulateur d'allure ( le pilote) ne semble pas très à l'aise  au passage des vagues, le bateau part au lof ( remonte au vent) et ne tient plus l'allure.
On s'adapte en abattant un peu plus que notre route initiale afin d'avoir la houle mieux orientée.
Les gars ne lésinent pas sur les manœuvres  pour optimiser notre vitesse ( 2 gars à bord c'est fort appréciable!)
Notre première nuit est assez agitée, des vents inconstants obligeant à larguer des ris puis les reprendre... Personne ne dors vraiment car ça secoue bien dans les cabines ! La nuit est belle , bien étoilée mais fraiches avec le vent. On a ressortit les polaires et les coupes vents !!



















2em jour : le 05/12
Distance parcourue en 24 h= 146 miles

Je fais le 1er quart (le plus apprécié en principe : 20h à 23h) les mecs sont galants et tiennent peut être à ce que je continue de leur faire à manger... ? Au lever du jour j'attaque mon 2em quart et me retrouve sur le pont. Avant de rejoindre sa couchette, Marco a mis ses lignes de traîne évidemment !
1heure plus tard ça surfe à l'arrière du bateau, je vais réveiller direct le capitaine chef de la pêche !
En attendant qu'il arrive, je ramène la traîne, les deux lignes se sont emberlificotées, mais une belle pièce se débat en surface ! On va tellement vite (à 7 nœud ) qu'elle rebondit à la surface, facilitant ainsi sa remontée à bord !
Ouaou, c'est la plus belle dorade Coryphène que l'on ait pris : 55cm. Le meilleur des poissons à mon goût.
Ses couleurs sont magnifiques jaunes fluo ! Mais à l'aide du couteau elles disparaissent bien vite !
J'en fais des filets imposants et je les laisse reposer au frais !
Journée à vent régulier : 20 nœuds, houle de travers, mais on arrive à lofer pour revenir davantage sur notre route ( la veille nous nous en étions écartés) . Ca tape un peu, mais le régulateur tient bon !
C'est une merveille cet engin ! Une fois les réglage adéquates faits !!

Nous avons perdu le captain et Chantal ? Volatilisés durant la nuit !!
A mon avis notre bateau va trop vite pour eux!!!(lol)
Nos petites activités de bord s'organisent tranquillement entre sieste de récup, bouquinage, réglage, cartographie, sextant, cuisine... Il y en a toujours un sur le pont pour veiller.


Notre équipier Christophe est loin d'être chiant et on s'en réjouis !! Il faut dire que son enfance à été bercée par les mers ; ayant vécu avec sa famille sur un bateau. Du coup tout est simple, il est adapté à la vie à bord, donc du bonheur...
Ce genre d'équipier est recherché d'ailleurs Chantal (du bateau qui est loin derrière !) voulait nous le piquer avant départ, elle avait vu le bon filon !
A 21h des nouvelles d'eux par VHF. En fait durant la nuit ils ont fait route plus au sud et nous sont passés devant ! Ben merde alors !! Bon !eux n'ont pas de régulateur et leur pilote tient le cap ! On verra bien qui de nous arrivera le premier car Marco mise sur une tactique anticipée. A l'arrivée vers le Cap Vert, les vents devraient faiblir et s'établir plus au Nord, aussi en étant plus large nous pourrions avoir plus d'angle et avancer plus vite ! Ha ! Ha ! Toujours cet esprit de compèt , ou plutôt de jeux!!!



3em jours le 06/12
Distance parcourue en 24h= 145 miles

Cette nuit fut plus peuplée de rêves que la précédente chacun a pris sa tranche sans se faire prier !
J'apprécie encore plus la présence de Christophe à bord qui me permet de dormir 4h de plus !!
Les vents restent réguliers autour de 20 nœuds ; ça trace et notre Tidoudou se fait un carénage à l'oeil avec cette vitesse. En principe sa vitesse max est de 8 nœuds, nous sommes souvent à 7 donc on va vite !
Le régulateur fait son boulot et l'on s'en réjouis chaque jour ! A présent il n'y a plus de virements de bord, plus de manœuvres, hormis quelques réglage de GV et enrouler ou dérouler le génois. Nous conservons 2 ris. Pour le moment le vent est orienté Est, notre allure entre le largue et travers.
La houle de travers nous brasse un peu et il faut se méfier de celles qui claquent un peu fort sur la coque : gerbes d'eau assurées !
Anticiper chacun de ses gestes, tout déplacement se sécurise par une main accrochée.

Pas de poissons surfeurs ce matin. Le soleil est radieux, alors on opte pour une toilette sur le pont à la douchette malgré la fraîcheur ! Après 3 jours on apprécie ce coup de propre !
Le rythme est pris, nos petites occupations font défiler les heures, pas de temps d'ennuis.
Ce soir nous allons passer le méridien du Cancer, comme le veut la tradition, il faut ouvrir une bouteille pour célébrer cet événement et offrir à boire à Poséidon, le bateau et nous évidemment !!
La bouteille de champagne est au frais à cet effet !( merci la maman à Marco qui nous l'a envoyé)
Déjà que ça tangue pas mal dans le bateau, je ne sais pas ce que ça va donner avec un verre dans le nez ! Mais pas de crainte en mer l'ébriété est bannie, faut tenir le cap !
L'ambiance à bord est douce, ça glisse...



En parlant de glisse une petite pensée à tous ceux qui vont remettre les skis aux pieds ! Ça nous fait pas vraiment envie et on a même une petite peine pour vous. C'est la première fois de ma vie que je ne verrais pas la neige durant l'hiver. Cela ne semble pas chagriner non plus Marco ! Pour tout dire on est même ravis ! Ingrats que nous sommes !Le seul regret sera de ne pas faire quelques glissades avec mes petits skieurs adorés : Mathis, Killian, Benjamin , Mélusine.... Régalez vous mes loulous !!

Petit apéro champagne au coucher de soleil, la fraicheur tombe mais c'est un doux moment.
Premier quart, je repère un cargo sur l'AIS, il semble faire route sur nous, je le garde à l'oeil !
Il s'écarte et passe à 2 miles de nous, sympa le type ! Je peux bouquiner plus tranquille.
Le vent garde son intensité toute la nuit. C'est Christophe qui franchit le tropique du cancer à 02h du mat. pendant que nous ronflons peinards !



4eme Jours le 06/12
Distance parcourue en 24 h= 150 miles

A la relève au lever du jour, Marco et moi offrons à Poséidon les dernières gouttes de champagne.
Les éléments méritent nos remerciements car ils nous accompagnent au mieux durant cette traversée.
Quelques instants plus tard les lignes s'agitent et nous remontons chacun en même temps deux belles Coryphènes ( 55cm pour l'une et 75 cm l'autre) ouaou !!! ça gigote dans le cookpit, les dorades bataillent un moment avant leur coup de grâce ! Puis c'est nous qui nous nous agitons, il faut les vider, nettoyer le bateau, en faire des filets ! La matinée est passée !









Je viens de trouver une solution pour cuisiner en sécurité, les déséquilibres étant importants, je me mets un harnais et me longe. Cela m'empêche d'aller vol-dinguer à l'autre bout ! Une bonne astuce !




Vers midi le vent fraîchit 25 nd, le bateau part au lof et la mer est bien formée ! Les vagues viennent nous arroser à l'arrière. Nous enroulons le génois, mais cela ne suffit pas malgré nos 2 ris.
Christophe se propose de prendre la barre, les vagues viennent cogner le bateau et il se prend quelques sauts d'eau rafraîchissants ! Marco prend le relais. Le vent faiblissant un peu par la suite, permet de remettre le régulateur.
Robin, mon frangin fait notre routeur et nous tient informé de l'évolution météo grâce à l'iridium. Nous complétons ces infos par des prises de fichier grib; aussi nous savons que la météo nous reste favorable jusqu'au Cap Vert !

Pour l'instant seul Christophe a vu des dauphins durant la nuit. C'est étonnant car généralement nous avons droit au festival ! Les gars ont également aperçu une baleine au loin. Quelques oiseaux solitaire des mers viennent nous saluer.

5eme jour : le 07/12
Distance parcourue en 24h= 148 miles

Nous maintenons un bon rythme 150 miles par jours, c' est de l'ordre de l'exceptionnel pour notre bateau ! Vaillant Tidoudou !
Les vents n'ont pas faiblis durant la nuit. Quelques départs au lof, de bonnes vagues dans le cookpit, qui font vibrer les cabines ensommeillées ! Je viens filer un coup de main en pleine nuit à Marco pour rouler le génois car Eole s'excite.
Le soleil nous accompagne comme d'habitude, on pourrait penser que le fait d'avoir passé le tropique on devrait avoir chaud ? Mais le vent fait chuter les températures ! Il fait frais !
D'après nos calculs nous devrions arriver Samedi dans la nuit à Sal ! Pas génial pour mouiller lorsque l'on ne connait pas ! Nous attendons de voir si les vents faiblissent et nous ralentissent naturellement ou si nous allons devoir freiner le bateau pour arriver de jour ?

Chaque jour Marco fait ses relevés au sextant, à présent ses calculs sont précis, le GPS peut tomber en panne !!!
Il s'apprête à faire son relevé du midi, moi harnachée à la cuisinière, je prépare la dorade, Christophe veille dehors. Soudain, Christophe tire la sonnette d'alarme : « Y a une touche !!! » 
Branle bas de combat tout le monde sur le pont ! Je prends la barre et abat pour ralentir le bateau.
Christophe ramène la ligne. Il annonce «  c'est du gros !!! » En effet, à voir les efforts qu'il fait on imagine l'engin. Marco se saisit de la gaffe à crochet prêt à agir !
« Putain ! Une énorme Coryphène ! »
D'un coup de crochet Marco assure la prise et Christophe la jette dans le cookpit.!
Mieux vaut des bras costauds pour ce genre de poisson. La Coryphène se débat pour sa libération improbable...
Elle est de toute beauté des couleurs incroyables et une taille qui l'est aussi ( 85cm) !!, Marco me fait remarquer que c'est un mâle par la forme de sa tête ( pas de grosse bosse)
Je profite pour une fois, d'avoir les mains libres pour prendre mon appareil photo, avant que les couleurs ne s'éteignent je les immortalise.
Cette prise va nous occuper 2h. Marco lui donne le coup de grâce, Christophe, la vide, puis je m'occupe d'en tirer les filets pendant que les gars nettoient le cookpit ensanglanté. Puis préparation en carpaccio et autres recettes...
Dans l'après midi le vent faiblit, nous gratifiant ainsi d'une mer moins agitée. Nous apprécions le fait d'être moins secoués.
A l'apéro au coucher de soleil, nous dégustons ce carpaccio à tomber dans l'eau (faute de terre) !
Les teintes du ciel se mêlent à cet instant, laissant apparaître des nuages roses en virgules dans un dégradé de bleu, vert... Derrière nous des voiles brumeux rosés-rouges se reflètent dans l'eau, celle-ci vire au pourpre, violine.
A mon quart du soir, le vent se fait inconstant passant de 6 nœuds avec les voiles qui claquent à 20 nœuds.
Le régulateur ne peut plus s'adapter à ces sautes d'humeurs venteuses je prends donc la barre.
Au quart de Christophe le vent se fait encore plus capricieux, le moteur lui vient en aide durant 3h.
Au quart de Marco cela forcit à nouveau avec quelques baisses de régime, il ressort les voiles.



6eme jours : le 08/12
Distance parcourue en 24h= 120 miles

Pas de nuages, les températures se réchauffent enfin !
Un bébé poisson volant est venu s'échoué sur le pont durant la nuit. On commence à en voir de plus en plus.
Les prévisions météo étaient jusqu'à présent fiables, cependant aujourd'hui un vent de Nord de 10nd était prévu alors que nous avons toujours un vent Est à 15nd. Cela nous arrange au final pas mal, comme il n'y a presque plus de houle nous pouvons tirer un grand bord de près.
Toutes voiles dehors nous filons à 6 nd constant.
«  Voilà les conditions idéales dont rêvent tous ce qui voudrait naviguer !! » nous dit Christophe.
En effet, la douceur de l'air, le calme, le vent pas trop fort ; amène un aspect différent de ce que nous avons eu jusqu'à présent. Nous savourons cette dernière journée !
Le vent s'oriente en fin de journée plus au Nord Est avec 10 à 12 nd, il nous faut abattre un peu.
Le tout est de trouver le bon angle pour que les voiles ne claquent pas, on opte pour le travers afin que tout l'équipage puisse passer une bonne nuit.
Demain nous abattrons davantage.


7eme jours : Le 09/12
Distance parcourue les 24 dernières heures= 120miles

Notre dernière nuit a glissée sans soucis.


Au lever du jour la terre est à vue, pour nous souhaiter la bienvenue, une petite bonite vient mordre à la ligne aux abords des côtes.
La chaleur est présente, on peut enfin sortir les maillots de bain. L'odeur de terre vient nous chatouiller les narines. Quelques monts en forme de pyramides, des bandeaux de terres arides, peu de végétation, mais le décors est agréable à l'oeil. Des poissons volants nous offrent un vol gracieux au dessus de l'eau.


Appel VHF du captain et Chantal, ils ont dû nous sentir arriver ! Eux sont Là depuis la veille ! un jour avant nous ! Ils nous ont mis une belle branlée ! Là on fait moins les malins !
Nous optons pour un mouillage tranquille plus au Sud, car nous sommes dimanche et nous ne pourrons pas faire notre entrée paperasse avant lundi dans le petit port de Palameira.
Nous rejoindrons demain la civilisation, en attendant nous apprécions le calme de ce mouillage, l'eau transparente. Il n'y a personne ici, une petite plage de sable blanc semble m'attendre. Les gars eux ont repéré une zone pour aller chasser.
On installe un taux pour se protéger du soleil car là ça cogne ! Quel délice !
Après une chasse infructueuse ( si ce n'est qu'un petit perroquet) mais un bain agréable, Marco sort sa canne à pêche. Quelle n'est pas notre surprise quant à 3 reprises nous sortons de gros rougets barbus ! Et ben on ne mourra pas de faim au cap vert !!

Le 11/12
Une bonne nuit de récupération, un bain de réveil dans l'eau turquoise et nous levons l'ancre.
En quelques bords de près nous rejoignons le village de la Palmeira.
Nous arrivons à une petite baie protégée où sont mouillés une vingtaine de bateaux. Des jeunes Cap verdiens sillonnent entre ceux-ci avec une petite chaloupe à voile et une godille ! L'air de l'Afrique nous pète aux yeux. Nos peaux boivent la chaleur mêlée au vent, nos narines captent de nouvelles effluves !!! Le dépaysement est assuré.
Nous gonflons l'annexe pour rejoindre la berge afin de faire les quelques bricoles à terre, peut être même trouver internet pour donner quelques nouvelles !




Nous avons donc mis 6 jours et 4h pour faire cette traversée, belle performance, dans des conditions presque idéales ( nonobstant le facteur houle). Nous avons également dû nous adapter au régulateur d'allure en zigzaguant et donc en rallongeant notre route de 70 miles.
La vie à bord fut très agréable. On aurait volontiers gardé Christophe avec nous pour la transat !
Mais : soit il en a marre de nos tronches, soit comme il nous le dit ; il a des impératifs : travail, famille... A croire que tout le monde n'est aussi libre comme nous !!!

Christophe reste avec nous jusqu'à mercredi, nous traînerons au mouillage autours de Sal jusque là.
Puis nous irons voir du côté de l'île voisine : Sao Nicolao. La suite du voyage n'est pas encore arrêtée, soit San Antao, soit nous tirons vers le sud sur une toute petite île très peu fréquentée Brava.
On avisera... Nous pensons rester au moins 3 semaines au Cap Vert avant la grande traversée !
Noël sous les tropiques !!! Va falloir que le père noël transforme son traineau en bateau pour nous trouver et qu'il branche son GPS !!
Mettre à jour le blog risque d' être par la suite plus difficile surtout sur Brava, mais une fois dans les Caraïbes on rattrapera le temps perdu !!
A bientôt ! on pense à vous tous, on vous envoi plein de douceur et caresses des alizés !