dimanche 13 juillet 2014



TAHITI le 14/07




















En quittant Moorea nous sommes salués par une compagnie de dauphins à long bec, en arrivant à Tahiti nous sommes accueillis par une courses de Vaa' ( pirogue Polynésienne) dans le lagon.


Le mouillage de Taïna au sud de Papeete est blindé de monde. C'est là que nous retrouvons notre pote gréeur pour notre problème d'étai.
Le matériel dont nous avons besoin est introuvable ici, il faut donc commander les pièces en France et remettre à plus tard le changement d'étai. Nous profitons de ce passage à Papeete pour faire quelques achats matériel et un bon avitaillement. Sachant que nous reviendrons à Tahiti, nous préférons ne pas nous attarder cette fois. Ville et monde nous semblent un peu agressifs après ces quelques mois de vie à la Robinson , il nous faut nous réadapter...


Faute de vent nous optons pour le mouillage à l'Ouest de Moorea à Ahapiti. Lieu réputé pour ses vagues. A l'entrée de la passe nous nous apercevons que ce n'est pas une légende. De part et d'autre du chenal des vagues parfaites, tubulaires et puissantes nous font sentir leur souffle. Le spot de surf par excellence...

Nous sommes une fois encore, surpris de trouver l'eau à l'intérieur du lagon si calme et transparente, alors qu'à quelques mètres ça déferle de façon spectaculaire. Le mouillage est magnifique au pied de majestueuses montagnes et pics derrière lesquels nous sommes parfaitement abrités des vents d'Est.


Nous allons explorer les hauteurs à pieds par des chemins escarpés qui se devinent plus qu'ils ne se voient car la végétation ne laisse aucun espace vierge bien longtemps.
Sur les crêtes et les cols, nous restons bouche bée devant tant de beauté.

Marco a ressorti sa planche de surf. Il a vite compris que s'il veut avoir une chance de glisser sur le dos d'une vague il faut se lever tôt, avant le lever du soleil. Avant que locaux, Australiens et autres surfeurs ne débarquent car après il n'a plus aucune chance d'en prendre une.


Il faut aussi qu'il se familiarise avec la puissance de ces murs d'eau et le peu de fond. Durant quelques jours tous les matins mon surfeur part sur la pointe des pieds ( pour ne pas me réveiller) se faire massacrer. Il revient malgré tout avec le sourire et entier.
J'imagine que c'est d'avoir réchappé à celles qu'il a prise. A moins que ne soit lié à quelques sirènes rencontrées???



Le 20/07
Pour aller à Huahine il y a 80 milles afin d'arriver de jour, nous n'avons pas d'autre alternative que de naviguer de nuit. Pas de lune, juste la voie lactée et une voûte criblée d'étoile pour nous éclairer.
L'alizé est doux mais la houle un peu moins ! Une grosse houle croisée nous fait goûter une fois de plus aux joies du shaker...
C'est notre dernière navigation nocturne de l'année et l'on ne s'en plaint pas. Les prochaines navigations en perspective se feront de jour vue les courtes distances.


Nous pensons faire breveter une méthode d'amaigrissement sans effort. Cette technique est garantie car nous avons pu la tester à maintes reprises. Il suffit de monter à bord d'un petit bateau (de préférence) et de faire des traversées par une mer agitée. Vous vous délesterez ainsi de quelques kilos superflus, si en plus vous avez la chance d'avoir le mal de mer et d'être un peu stressé, vous fondrez littéralement...

Néanmoins il faut savoir que cette technique sans effort provoque des insomnies et donc une grande fatigue.
Mise en garde: si le corps bénéficie de certains privilèges lié à ce régime, le visage lui empathie.
Les traits se tirent, les cernes bleuissent et se creusent, les rides se marquent... bref attendez vous à avoir une sale gueule...


Le 21/07
Huahine, (petit bijoux vert) apparaît au lever du jours flottant sur une mer mouvementée.
A l'Est, une passe ourlée de vagues sauvages offre l'accès au lagon . Nous jetons l'ancre entre la terre montagneuse et un motu. Ce havre de tranquillité accueille bien vite notre sommeil.
Nous avons la visite de Paul, un local qui vient nous offrir des noix de cocos fraîches et même du poisson. Un accueil des plus chaleureux, même si nos discutions sont un peu limitées du fait qu'il soit sourd et ne parle pas. Avec gestes, mimes et rires nous arrivons à nous comprendre malgré tout.


Visites du motu, marches sur les hauteurs, l'exploration des reefs... ce sont nos activités habituelles.

Puis nous allons à Fare à l'Ouest et nous retrouvons Jean Luc et Mathilde, des amis que n'ai vu durant 25 ans, qui vivent à Huahine.
Le temps a glissé sur nos visages et nos vies, mais c'est un plaisir que de se redécouvrir et de se raconter nos parcours. Nous sommes reçus comme des rois dans leur petit coin de paradis.
Jean Luc nous fait davantage découvrir les moeurs et coutumes de l'île à travers sa propre histoire . Il a été initié à la culture Polynésienne par le biais entre autre de la Vaa' ( Pirogue) puisqu'il fait partie de l'équipe de Huahine.


Il a été deux fois vainqueur de la célèbre course Hawaiki 129 km entre les îles Huahine, Raiatea, Taha et Bora bora. Durant ces 20 dernières années lui et son équipe ont occupé quelques podiums.
Sa musculature témoigne de ces heures passées à ramer et son esprit s'est imprégné du Mana lié à cette pratique.
En général les homme ici sont baraqués, tatoués et tous pratiquent ou ont pratiqué la Vaa'.
Quelques femmes également en font. C'est toujours beau de les voir pagayer ou passer dans la rue avec des fleurs dans les cheveux.

Ils nous mettent à disposition vélo, voiture ce qui nous permet de faire le tour de l'île.
A l'Est on trouve des vestiges de sites de cérémonies appelé les Marae avec des plateformes et pierres dressées. C'était un lieu de prières mais aussi de sacrifices humains avant que les missionnaires ne viennent bousculer leurs croyances et religion.

Le long d'un bras de mer , encore un témoignage de cette ancienne culture, mais cette fois par une technique de pêche très ingénieuse.


Un système de murets, pierres superposées et disposées en entonnoir au fond de l'eau, permet au poisson d'entrer avec le courant et d'être piégé lorsque la marrée descend. Il n'y a plus qu'à le récupérer avec une épuisette. Ce système est encore en fonction.

Les sentiers grimpant sur les hauteurs sont toujours enfouis sous la végétation et très abruptes. Il faudrait toujours avoir un coupe- coupe pour se frayer son chemin. On se perd souvent et on est contraint de faire bien des demis tours. Mais les forêts sont belles et généreuses, on trouve parfois des pieds de vanilles poussant ça et là, des banians centenaires, des orchidées sauvages et autres fleurs au parfum envoûtant...


Le 2 au 13 juillet 2014

Plus de dix jours à se remplir les yeux de bleu, d'eau transparente, de poissons et de merveilles sous marine ; côté plongée on en a bien profité.
Une fenêtre météo s'offre à nous, en trois jours de navigation, nous regagnons Moorea.
Les reliefs nous surprennent : décors montagneux avec une belle harmonie de forme , des pics et aiguilles vertigineux. Le vert intense et le bleu lagon rehaussent les tonalités. C'est somptueux.



Nous retrouvons la civilisation, les supers marché et les mouillages bondés... C'est assez surprenant et déphasant surtout lorsqu'on est encore imbibé de manque de sommeil.
Quelques préparatifs s'imposent avant de recevoir Rodolphe et Ivanne à bord.
Ils arrivent deux jours après avec leurs gros sacs à dos que nous arrivons à caser au milieu des voiles.
Ils vont devoir quitter leurs chaussures de randonneurs quelques jours et se mettre au rythme de celui de l'eau. Un plongeons au milieu des raies et petits requins pointes noires s'imposent. Les raies sont semi-apprivoisées à cet endroit du fait qu'elles soient nourries par les touristes. Elles viennent donc se lover contre nous, glissent sur nos corps en quête de quelques sardines. Les requins eux récupèrent les miettes.



Un autre snorkeling au dessus de statues de Tiki immergés, genre de musée sous marin.




Les vents se renforçant et tournant nous devons rejoindre un mouillage de l'autre coté de l'île.













En chemin, nous tombons sur une colonie de petites baleines pilotes. Elles ne semblent nullement effrayées par notre embarcation et acceptent que nous passions un moment au milieu d'elles.


En s'accrochant à l'arrière du bateau avec un masque, nous pouvons les admirer évoluer à quelques mètres de nous  sous l'eau! Tout à fait extraordinaire...

Vu le mouillage et le vent nous sommes coincés à bord, aussi Ivanne et Rodolphe préfèrent-ils rejoindre la terre pour finir leur visite de l'île car leur séjour tire à sa fin.




En bateau, le rythme est imposé par la météo et la nature. On ne peut suivre un programme, ni faire des plans par avance, aussi il faut avoir le temps.
Cela peut paraître contraignant pour les gens de passage dont le temps est compté.
Notre choix de vie implique parfois des moments d'inaction, de veille, de patience... qui ne s'accorde pas forcément avec celui de rentabiliser son temps. Ce concept de rentabilité d'ailleurs perd de son sens naturellement sur un bateau puisque nous disposons entièrement de celui-ci.




Dans quelques jours nous allons à Tahiti pour changer notre étai et visiter l'île!

dimanche 6 juillet 2014



Le 11/05/2014
Des GAMBIERS aux TUAMOTUS

Ces deux mois aux Gambier furent magiques. Une escale où le temps s'arrête sur une sensation de douceur... Si mon imaginaire avait su entrevoir ce genre d'île, la réalité est encore plus belle.
Les paysages colorés et diversifiés, la tranquillité sont tout aussi plaisants que les personnes qui y habitent. Il y a une sorte d'harmonie et de simplicités naturelles.
Nous nous mettons facilement au diapason de ce rythme paisible où les problèmes semblent fondre au soleil.
L'envie de traîner par ici peut être tentante, mais d'autres archipels nous attendent...

Alors nous mettons les voiles ce jour en direction des Tuamotus.
Un alizés établit à 15 nœuds, nous pousse hors du lagon bleuté .
Nos corps retrouvent le mouvement de l'eau, nos yeux l'immensité de l'océan, nos esprits le grand large...
Quelques jours de mer pour se remettre dans le bain de la navigation et découvrir les motus.

Le 12/05
Très vite nous retrouvons nos marques, nos quarts et notre rythme...
Le silence s'installe comme pour mieux être à l'écoute des éléments et du présent.
Le vent ayant faiblit on sort le spi. Le bateau s'équilibre davantage et glisse sans bruit.
Un gros tazard a mordu mais nous a tout embarqué. Il fait des bonds prodigieux à l'arrière du bateau pour tenter de se débarrasser du leurre dans sa gueule !
Avant les quarts de nuit nous remettons le génois et tangon.

Le 13/ 05
Le temps est au gris et à la pluie, le vent est un peu moins régulier.
Aujourd'hui c'est un thon qui se libère avant d'être remonté, mais il nous laisse la ligne intacte !
Le vent de secteur Sud Est qui nous poussait au portant a virer Nord N-E, nous voilà donc au près avec grand voile et génois.
Quelques grains viennent saluer Marco durant son quart de nuit. Il est donc actif, doit mettre la trinquette et gérer les humeurs du vent.

Le 14/05
Le soleil est de retour ainsi que la chaleur. Nous avons à nouveau plus de 30°c dans le bateau. Nous avons quitté la latitude du 23eme parallèle aux températures modérées pour remonter vers le 17 eme où la chaleur se fait sentir et ne nous quittera plus !
Quelques bateaux au loin ont eux aussi profité de ce créneau météo pour rejoindre les Tuamotus. Nous arrivons à en joindre certains à la VHF que nous connaissons dont Simon. Nous ne sommes donc pas seul dans cet univers aqueux.
Le vent a forcit un peu, Tidoudou s'offre de belles glissades sur le dos rond d'une grosse houle.

Le 15/05
Nous avons un peu d'avance pour rentrer dans la passe à l'étale, nous affalons donc la trinquette et continuons sous grand voile seule.
A quelques milles d'Amanu, une belle dorade coryphène à la bonne idée de mordre à la canne à pêche. Marco ne tient pas à la laisser filer, aussi je me mets à la cape pour qu'il puisse la ramener plus facilement. C'est sport avec le moulinet, mais elle se fatigue rapidement et un bon coup de crochet nous permet de la mettre dans le cockpit. Elle est magnifique un mètre de long et de quoi se régaler !
Beau cadeau d'arrivée au bout de ces 4 jours de mer ! Cette navigation fut une des plus douce et nous réconcilie définitivement avec les traversées !
Nous sommes devant la passe et Simon aussi attendant le moment propice pour la franchir.
Le courant dans les passes des Tuamotus peuvent atteindre jusqu'à 20 nœuds (à Hao par exemple), aussi mieux vaut être patient pour faire son entrée dans le lagon!.
Un peu avant l'étale Simon se lance, moi je suis ravie car je préfère toujours que les autres passent en premier (n'étant pas du genre téméraire...)
Par la VHF il nous informe qu'il n'y a pas de difficultés majeurs ! Avec un peu de stress, Marco se poste à l'avant et moi à la barre.
C'est partit on vise le milieu mais on sait qu'il faudra à la sortie faire un virage à angle droit pour éviter le reef. Le courant nous pousse, ça fou toujours un peu les jetons de voir le bateau se faire emporter par les flots et voir l'eau bouillonner autour. L'oeil de Marco perce la couleur des eaux et m'oriente selon les teintes ( indicatrices de patates, hauts font ou reef...)
Mais ça y est, nous voilà dans ce grand lagon fermé par une barrières de corail et motus : 10 km/ 30km.  

Les Tuamotus sont d'anciens volcans immergés dont il ne subsiste plus que l'anneau corallien formant le pourtour.
(Ca vaut vraiment le coup de voir cet atoll sur Google earth ! Position : 17°52 Sud/140°46 Ouest)
Nous traversons le lagon pour rejoindre des motus qui nous abriteront du vent.
Le lieu est extraordinaire, évidemment nous sommes seuls, les îlots déserts. Nos têtes tournent rapidement au milieu de toute cette beauté, des quelques jours de navigation et du champagne.
La maman de Marco nous a envoyé cette surprise accompagnant du matériel, aussi voilà une belle occasion de l'ouvrir !!


Des endroits comme ça sur terre il n'en existe pas beaucoup ! C'est sauvage, quasi inhabité, seul un motus sur cet atoll l'est.

Le 17/05
Simon avec sa fille et sa copine ont mouillés sur un autre îlot, nous décidons d'aller leur rendre visite en kayak et leur amener un ceviche de coryphène. Ils s’apprêtent à faire un poisson à la tahitienne et nous invitent. Première opération aller chercher des noix de coco sur la plage, puis les débourrer et râper l'intérieur avec l'outil approprié et en extraire le jus en pressant dans un torchon. Pendant ce temps Simon et Marco partent chasser le poisson. Un beau mérous fera l'affaire, coupé en petit morceau agrémenté de citron, d'oignons, de la crème de coco et d'épices c'est un régal !
Evidement pour faire un tel plat cela nous a pris 3 heures, mais ce temps est aussi un moment de partage faite de choses simples et délicieuses.


Le 18/05
Le vent faiblissant nous rejoignons le village.
Pour installer le mouillage c'est toute une histoire car nous sommes très proches du reef et le fond est parsemé de patates de corail où la chaîne a vite fait de s’emmêler. Il faut installer des bouées le long de la chaîne afin qu'elle flotte et mettre une sécurité en enroulant une chaîne sur une patate. Marco travaille ainsi ses apnées par 15 mètres de fond.
Nous arrivons dans un joli village où tous les gens que nous rencontrons semblent heureux de nous voir et discutent facilement. Il y a 140 habitants dans cet atoll, rassemblés sur le motu du village.
Deux vieux sous un arbre, nous disent au fil de la discussion que nous pouvons aller où bon nous semble qu'ici tout est libre, même si les motus appartiennent à quelqu'un, on est les biens venus partout !!! La propriété ici se partage ! Là on ne fait pas de procès aux voisins parce que sa haie déborde chez soi !!
On poursuit notre visite, quand un gars arrive à vélo le sourire aux oreilles, transpirant comme s'il avait fait trois fois le tour du village à fond pour nous trouver. Il s'arrête et nous tend la main en se présentant.
Nous remarquons qu'il a un énorme pendentif sculpté autour du cou et nous lui disons qu'il est bien beau !

«  Ca ? C'est moi qui l'ai sculpté dans l'os du fémur de mon grand père ! »
Marco et moi adoptons l'air d'habitué à cette pratique. Celle de déterrer ses ancêtres pour leur piquer un os et se faire un bijoux !!!
Nous finissons par trouver l'unique épicerie, à peine arrivé un jeune homme d'une vingtaine d'année très efféminé vient nous serrer la main.
« Iaorana ! Je suis le maire, bien venu à Amanu... et la discussion s'engage... » C'est le plus jeune maire de Polynésie.
On va chercher le vendeur de l'épicerie qui fait un BBQ plus loin. Lui aussi est ravi de nous voir. Nous lui achetons 2 bières et il nous en offre 2 autres pour boire un coup avec lui. Ses potes eux aussi ne voulant pas être de reste nous rejoignent et laissent refroidir leur poulet grillé pour parler avec nous !
Le lendemain l'accueil reste identique, les gens viennent nous serrer la main, nous embrasse.
Nous traînons avec des gamins certains font du body board avec des planches de bois, d'autres pêchent et attrapent un requin pour servir d'appât pour d'autres poissons ou murènes. Ils ont entre 5 et 10 ans se trimballent avec des couteaux de boucher, plongent dans le courant de la passe, jouent avec murènes et requins... Les parents ne semblent pas le moins du monde inquiets car nulle surveillance. Nous croisons même un petit bout en couche culotte d'à peine 2 ans qui déambule seul, pieds nus sur les coraux … Nous sommes loin de l'éducation de nos pays Européen !!!
Nous sommes surpris par tout cela et cette gentillesse, cette chaleur humaine …
Est ce le fait qu'ils n'ont pas encore été contaminé par l'individualisme et que leur vie fonctionne sur un système communautaire ? Ici l'entre aide, la générosité, le partage fait partie intégrante de leur vie...
En plus dans un décors paradisiaque on croit parfois rêver !




Du 20 Mai au 18 Juin
Un coup de Maaramu est annoncé pour les jours prochains ( c'est un fort alizés de secteur Sud Est)
Aussi nous rejoignons les Motus de l'Est pour s'y planquer.
Tout n'est que quiétude, douceur, le bleu piscine de l'eau ne cesse de nous émerveiller par sa clarté.


Evidemment chaque jour nous plongeons avec nos compagnons habituels les requins ! Le lagon en est truffé, mais il y a aussi de beaux mérous, des poissons et coraux colorés. L'eau avoisine les 30°c, aussi c'est un bonheur que de nager à poil.
Dans cet atoll nous sommes seulement trois bateaux ( la première semaine, seul ensuite) pour une bonne cinquantaine de motus, autant dire que nous ne nous gênons guère. Chacun opte pour un îlot différent et de temps en temps nous nous retrouvons pour un BBQ de poisson sur la plage !
Marco chasse seul à présent et je rigole de le voir revenir avec son poisson en l'air au bout de la flèche encerclé de requins gourmands. S'il le garde dans l'eau il doit mettre sa proie entre ses palmes et la défendre à coups de palmes pour éloigner les requins. Surtout ne jamais le garder contre soi, Bertrand de l'autre bateau peut en témoigner, il s'est fait mordre par un requin en gardant son poisson ainsi. Cela lui a valu quelques points de sutures et une bonne leçon qui profite à tous !

Nous avons à présent une petite horde de requins et raies moras autour du bateau car ils savent qu'ils peuvent avoir les entrailles, la peau et les arrêtes à l'oeil ! Aujourd'hui ils ont été gâté car Marco a ramené un mérous et 3 petites Carangues pour le BBQ de demain. Ils sont un peu excités les drôles avec les entrailles jetées à l'eau .


C'est l'heure de ma toilette, je descends donc l'échelle de bain quand soudain j'en vois un m'arriver droit dessus un peu vite, j'ai à peine le temps de remonter que je vois son museau à vingts centimètres de mes pieds. Peut être a-t-il pensé que le repas n'était pas finit !
J'essaye de redescendre mais cette fois il y en a quatre qui m'attendent et tournicotent à un mètre de l'échelle. Je laisse tomber et prend un seau d'eau pour finir de me laver. Je ne vais pas les laisser se rincer l'oeil quand même ! La prochaine fois on évitera avant la toilette de les exciter !
Je parle beaucoup des requins car il font partie intégrante de ces lieux et qu'ils nous fascinent. Ils sont omniprésents autour du bateau, lorsque l'on nage, chasse, même sur le bord de la plage dans 20 cm d'eau...

Ils ne faisaient pas encore partie de notre vie il y a quelques mois en arrière, alors nous les découvrons chaque jour un peu plus !...



La vie paraît légère lorsque l'on revient à la simplicité et de vraies valeurs.
Ici avec 300 euros à deux par mois on vit royalement car hormis les produits de base : lait, farine, riz... il n'y a rien à acheter. Il suffit de pêcher, ramasser des noix de cocos , faire son pain...
On récupère l'eau de pluie, on brûle ses déchets, on devient vite quasi autonome.
Etre en dehors de ce monde frénétique et des soucis liés à la vie moderne est un luxe, faut il juste être prêt à vivre un peu à la Robinson. Là nous ne voyons plus personne...


Il faut aussi accepter de se dépouiller d'un certain confort pour en gagner un plus rustique mais authentique. Apprendre à vivre avec ce qu'il y a et non selon nos habitudes.
Accepter aussi que le vent puisse tourner subitement sachant que le paradis peut rapidement devenir un enfer. On ne compte plus les nuits où l'on ne dort que d'un œil !
La sécurité garantie n'existe pas sur l'eau malgré toutes les assurances que l'on peut prendre.
Mais le risque encouru est bien souvent récompensé par des paysages, des gens extraordinaires, une vie ensoleillée...

PÊCHE A LA LANGOUSTE.
Deux locaux travaillant dans les cocoteraies sur différents motus ; nous ont mis l'eau à la bouche en nous offrant deux belles langoustes.
Ca fait un moment que l'on nous parle de cette pêche à la Polynésienne sur les platiers. Impraticable la journée car elles se cachent dans des trous inaccessibles au milieu des coraux, c'est donc la nuit qu'il faut oeuvrer.
Après avoir récolté des infos par les locaux à ce sujet, nous sommes prêts pour l'expédition langouste. Il faut une nuit noire sans lune, une marée mi-descendante ou mi-montante et se rendre sur les grands platiers faisant face à l'océan.
Armés de torches, de bottes, d'un fusil sous marin ( bien qu'ici ils les attrapent à la main), d'un seau nous voilà partit au cœur de la nuit parcourant plusieurs kilomètres.
Nous avons de l'eau au dessus des genoux et avançons prudemment regardant où nous mettons les pieds car ce sont des coraux et rochers. Nos lumières permettent en principe d'éclairer les yeux des langoustes qui sortent pour se nourrir dans le noir. Ce soir les alizés sont encore un peu forts et frisent la surface de l'eau, il n'est donc pas évident de transpercer l'eau cristalline. Tout une armada de poissons attirés par nos torches viennent dans nos jambes. Voilà un banc de poissons blancs qui se dirigent sur moi et m'attaquent en sautant à hauteur de ma taille et me mordent. Surprise par cette attaque je crie, occasionnant au passage une bonne frayeur à Marco (me croyant certainement attaquée par une bande de requins affamés, (en l’occurrence ceux qui nous tournent autour à quelques centimètres! Marco a d'ailleurs failli marcher sur l'un d'eux !) ! Il braque sa lampe sur moi pour voir ce qu'il reste de moi. Et rigolons de cette situation !
Enfin mes faisceaux lumineux s'arrêtent sur deux petites boules brillantes et je devine une langouste, malheureusement Marco n'a pas armé son fusil et n'a pas son gant. Elle file sous nos yeux rejoindre un abri. Nous reprenons notre marche nocturne, une autre est là Marco tire mais la rate, la visibilité n'est pas top ! Il semble que pour ce soir nous ayons manqué les deux opportunités offertes et nous n'en aurons pas d'autres, malgré notre persévérance. Nous rentrons donc en faisant un petit crochet dans la cocoteraie voir si quelques crabes des cocotiers ne nous attendent pas. Mais seul notre kayak nous attend pour rejoindre le bateau ! Nous rentrons bredouille mais contents de cette expérience qui demande à être renouvelée. (Chose que nous ferons quelques jours plus tard mais ferons choux blanc encore une fois!)
Le mieux serait d'être accompagné de locaux pour voir leur technique ! On a encore tant à apprendre...

Les journées s'écoulent dans une agréable douceur et nous flottons comme des bulles au milieu de ces couleurs éclatantes et irréelles.


Parfois des locaux viennent ramasser la copra sur les motus et cela nous donne l'occasion d'échanger quelques mots avec eux. Les discutions s'engagent spontanément et la gentillesse remplie leur regard, leur visage...
Marco nous ramène chaque jour de quoi remplir nos assiettes. Il chasse maintenant à l'agachon ( il se pose au fond et attend que sa proie vienne à lui).Un grand chasseur lui avait dit que lorsqu'il arrivera à choper un bec de canne cela voudra dire qu'il aura progressé. Et bien il cloue le bec aux bec de canne... et Carangues , Perroquets, mérous ( mais ces derniers sont un peu suicidaires...)
Quand à moi je deviens une boulangère hors paire. Avec du bon pain et du bon poisson, même si c'est pas très varié, on ne risque pas de crever de faim !

Nous pensions changer d'atoll, mais les alizés sont trop forts, nous restons donc jusqu'à ce qu'une fenêtre météo se présente...
Nous retrouvons la vie du village quelques jours, le temps d'un ravitaillement car le bateau vient de passer ; partageant discussions, repas avec ces gens adorables...


L'humour, la gaieté, la générosité font partie intégrante de ce lieu.
Les vents nous obligent cependant à regagner les motus de l'Est pour s'abriter.
Mais nous aurons la visite de ceux qui viennent récolter le copra.


L'unique ressource de cet atoll est le copra. Chaque famille est propriétaire d'au moins un motu qui leur permet de le cultiver et de gagner leur croûte. Régulièrement ils quittent le village une semaine pour établir leur campement sur leur motus. Ils ramassent toutes les noix de coco sèches à terre , puis les fendent en deux à la hache. Elles sont ensuite retournées, vidée de leur eau et mises à sécher trois jours. Il sera plus facile ainsi d'en extraire la chair à l'aide d'une spatule tranchante.
Le copra sera ensuite mis en sac de 25kg et ramené au village en attente du bateau ravitailleur qui se chargera de cette marchandise. La cocoteraie doit également être entretenue, désherbée, feuilles de palme brulées ainsi que les bourres restantes des cocos.
C'est un sacré travail, mais les gens ne s'en plaignent pas, au contraire ils aiment aller sur leur motus c'est leur escapade où ils respirent la tranquillité. Ils apprécient de travailler librement à leur guise et d'être leur propre patron ( ce que l'on peut comprendre!!)


Le 18/06
Un mois s'est écoulé dans cet atoll d'Amanu.
Les passes sont les entrées et sorties obligatoires qui nécessitent de bien connaître l'heure de l'étale. Cette dernière n'est pas forcément calée sur le moment de pleine mer ou marrée basse. Etant tributaire de l'étale, il nous faut se livrer à quelques savants calculs et estimations, lorsque l'on veut changer d'atoll. Durant ces deux jours de navigation pour rejoindre Makemo, nous tentons d'adapter notre allure en vue de ce passage, sachant que si nous ratons l'heure nous devrons attendre la marée suivante si cela ne tombe pas de nuit !!!
Du coup, la dernière nuit, craignant de ne pas arriver au moment opportun, nous mettons voile et moteur. Après quelques heures à la cape un peu malmené,Tidoudou fait son entrée dans le lagon de Makemo, propulsé à 8nds ça fuse !!!
J'avoue que ces passes me foutent toujours la pétoche. A la barre dans le courant il est difficile de maitriser le bateau, qui atteint au moins fort de son flot, 4 nœuds.
Nous trouvons un village plus gros qu'Amanu avec même plusieurs magasins, des bières fraîches et internet. ( qui ne marchera hélas qu'une heure). Nous pouvons ainsi envoyer et recevoir quelques nouvelles, mais le blog ne pourra être publié !
Face au village, le mouillage est réputé infernal par vent de Sud Est et à 4H00 du matin cela nous est confirmé.
Nous sommes piégés, secoués par la houle et très inquiets, nous devons attendre le lever du soleil pour sortir de ce bourbier.
A la lumière du jour, notre situation se révèle miraculeuse, encerclés par les reefs à fleur d'eau, c'est grâce à la chaîne qui s'est prise dans une patate que nous avons évité le pire.
Nous avions déjà crié au miracle trois jours avant ; lorsque Marco relevant l'ancre a vu sa main se faire prendre dans le guindeau et que la chaîne a mystérieusement déraillée au moment fatal ! Il s'en est sortit avec juste un doigt écrabouillé, mais aurait pu perdre sa main !
Nous vivons ainsi chaque jour de véritables miracles, comme celui d'être là.


Nous décampons donc de ce mouillage de la mort et partons vers les motus de l'ouest trouver refuge.
Nous devons traverser tout le lagon sur plus de 50km.
La navigation dans les lagons offre l'avantage d'une eau relativement plate, cependant de nombreux reefs, patates, colonnes sous marine, bouées de parc à perle viennent corser l'affaire.
Pour arriver à voir ces obstacles il faut que le soleil soit haut où qu'on l'ait de dos. Avec un soleil dans la poire c'est impossible de distinguer les couleurs indicatrices de danger.
Il faut donc en permanence un vigie à la proue et l'autre près à manoeuvrer dans la seconde.
Autant dire que ce genre de navigation est assez épuisante. Certains optent pour une surveillance en haut du mât pour avoir une vision plus large !


Après tous les récits que j'ai lu au sujet des Tuamotus j'appréhendais de venir ici, cela se justifie en partie, mais avec l'aide du GPS et en respectant quelques règles majeures ( soleil haut, étale, météo et grande prudence...) cela s'avère tout à fait faisable.
On peut imaginer la difficulté de naviguer sans GPS entre les atolls surtout de nuit. Les îlots étant plats, ils ne sont pas visibles.
Tous ces atolls sauvages, déserts, hors du monde sont d'un grand attrait malgré la navigation pas toujours facile !!!

Dix jours à Makemo, puis dix autres à Tahanea.
Lieu réputé pour le snorkeling dans ses passes.
Chaque jour, courant rentrant nous remontons la passe en annexe, nous l'attachons à nous et nous nous laissons porter par le courant.



Les coraux éclatent de couleurs. La vie marine dans ces lieux est généreuse : toutes sortes de poissons ( napoléons et mérous géants, tarpons, barracudas, poissons de reefs aux couleurs éblouissantes; mais aussi toutes sortes de requins ( gris, nourrice, pointes noires, pointes blanches...), et même des raies mantas.

Nous nageons avec ces raies mantas de trois ou quatre mètres d'envergure, ayant tout loisir de les admirer sous toute leur face. Nous pouvons même faire une inspection de l'intérieur de leur bouche grande ouverte à cinquante centimètres de nos yeux. J'ai même cru un moment que j'allais faire une inspection du fond de l'estomac de l'une d'elles...
Quelles créatures étonnantes et majestueuses ! On dirait qu'elles appartiennent à un monde aérospatial avec leurs cornes céphaliques, leur forme particulière. Leur nage, d'ailleurs s'aparente davantage à un vol.
C'est une féerie, un véritable enchantement...


Le 02/07
Nous quittons les Tuamotu en se promettant d'y revenir car il y a tant d'atolls que nous n'avons pas encore exploré. Nous pouvons mettre les Tuamotu en tête de liste de notre palmarès cœur.



En trois jours de navigation relativement tranquille, nous rejoignons les côtes de Tahiti.
Enfant, après avoir vu un reportage sur Tahiti avec des Vahinées dansant avec des colliers de fleurs  et des paysages paradisiaques; je m'étais dit qu'un jour j'irais là bas ! Et ce jour est arrivé...
Mon rêve est réalité...
Par contre je n'aurais jamais imaginé y venir en bateau.
Avant d'aller à Tahiti , nous rejoignons Moorea où mon frère et sa femme nous attendent.


mercredi 30 avril 2014

Le 09/05
Du 29/04 au 09/05

Les difficultés s'effacent vite surtout sous ses latitudes !

Trop de bateaux sont arrivés à notre goût, aussi nous filons à Taravaï dès que l'occasion se présente.
C'est l'île qui a touché notre cœur, non seulement par la beauté du site, mais aussi par les occupants.
Il n'y a que trois familles vivant à l'année, mais ces personnages sont uniques et extraordinaires.
Leur porte s'ouvre avec gentillesse, simplicité et humour.
Ici on a le temps de parler, boire un thé à toutes heures, manger ensemble, on a le temps de pêcher, de jouer aux raquettes, freesby.. On est toujours les bienvenus et la sincérité se lit sur les visages.
La générosité est naturelle, tout autant que leur façon de vivre

Une leçon d'accueil qui fait du bien à nous Européens. Nous sommes invités à manger, à chasser, pêcher, discuter, jouer, rire d'un rien...
Aussi les journées glissent agréablement.
Il va falloir penser à partir bientôt vers les Tuamotus. Mais c'est dure de quitter un tel lieu !

Une navigation de 400 milles nous attend et cette fois l'envie de naviguer est présente...
Nous partons demain finalement car la météo semble bonne. Derniers préparatifs avant départ...


Le 28/04


Retour à Rikitéa au village car la météo n'est pas top.
Il fait nuit nous sommes prêts à aller nous coucher quand le vent monte soudainement en changeant complètement de secteur, il passe au Sud..
Depuis deux jours un léger vent de nord souffle inhabituellement et aujourd'hui l'air est lourd pesant.
Les rafales nous alertent et Marco sort faire une inspection nocturne. Il reste un bon moment ainsi dans le cockpit un œil sur l'anémomètre qui commence à s'affoler. Il voit le catamaran amarré à côté de nous avancer, étrange....
Peut être soulage t-il son ancre avec un appuis moteur ?
Mais lorsque Marco regarde derrière , tous les bateaux amarrés se rapprochent de nous à vive allure.
« On dérape » !!! hurle t-il.
Nous sommes pris dans une rafale, nous dépallons à grande vitesse sur les bateaux et sur les reefs.
J'allume le moteur et mets plein gaz pour redresser au plus vite la situation. Marco se précipite à l'avant pour relever l'ancre. Nous avons un problème avec le connecteur du guindeau et pour remonter la chaîne il faut mettre en contact manuellement 2 fils qui se trouvent dans la baille à mouillage. Evidemment dans la panique on ne trouve plus la frontale... Marco court dans tout les sens ! J'essaye de stabiliser le bateau.
A présent les rafales s'intensifient avec des claques de près de 40 nœuds, un rideau de pluie s'abat sur nous. Je n' y voit plus rien et j'ai du mal à garder le bateau face au vent. Le nez se fait parfois prendre et nous nous retrouvons en travers, le bateau incontrôlable ! Nous sommes entourés de bateaux dont certains sont sans lumière de mouillage. C'est l’enfer !
Une partie de bataille navale commence où les règles sont celles de ne pas couler les navires.
Pour nous parler, il nous faut hurler pour couvrir le bruit du vent, de la pluie et du moteur prêt à exploser ! De toute façon on est tellement sous tension qu'hurler n'est pas un problème !
Aveuglé par la pluie, nous jetons l'ancre sitôt un peu dégagé. Mais nous allons droit sur un petit bateau sans lumière qui apparaît au dernier moment. Re marche avant, on remonte l'ancre à nouveau ! Nous devons recommencer la manœuvre.
Marco se prend de grosses décharges électriques avec les fils du guindeau durant toute l'opération. Pluie, rafales et trouille ne se calment pas le moins du monde et je commence à être prise de frissons, tout mon corps se met à trembler, mes dents à jouer des castagnettes.
On mouille à nouveau, mais l'ancre dérape !
« Putain , mais c'est pas possible ! »
Et pour couronner le tout en remontant la chaîne , le fil de connexion de la montée du guindeau vient de se sectionner !
« C'est notre dernière tentative et dernière chance, on a pas intérêt à se foirer cette fois, on peut prier !! » me dit Marco complètement électrisé. Heureusement le peu cheveux lui empêchent de les avoir dresser sur la tête !
On tente de se décaler un peu et d'aller mouiller plus haut cette fois. Mais les chiffres du sondeur baissent d'un coup et nous en dissuade ! Il y a des reefs tout autour... Je pars donc dans l'autre sens à l'aveuglette et à fond.
Un catamaran a l'heureuse idée de nous éclairer avec une lampe poche ce qui nous permet de se situer et de se rabattre dans sa direction.
Les secondes après avoir jeté l'ancre sont intenses. L'ancre va-t-elle tenir et ne serons nous pas trop proche d'un autre voilier ?
Il semble que cela soit ok. Dégoulinant, frissonnant et à moitié choqué, nous rentrons nous remettre de nos émotions. On s'en est bien sortit ; nous avons évité le pire plusieurs fois de suite.
C'est la première fois que nous dérapons ainsi ! On réalise qu'il suffit de quelques secondes pour que tout bascule !
Et là il s'en est fallu de peu pour que le voyage s'arrête!
Là encore nous nous réjouissons d'être deux à bord... et pensons aux solitaires qui doivent vivre bien des galères, lorsque les choses se compliquent !!!
Malgré l'alarme de mouillage branchée nous ne fermons guère l'oeil de la nuit !

Cette configuration météo s'était déjà présentée à nous à Pitcairn. ( Nous avions dû fuir le mouillage précipitamment)
Il s'agit d' une dépression coincée entre deux anticyclones générant des vents tournants et violents.

Le 30/04
Cette dépression ne semble pas pressée de s'en aller. Le vent tourne sans cesse et nous refait le même coup. Il s'oriente Sud et rugit à nouveau avec des élans de fureurs.
Les fils ont été bidouillés, on peut à nouveau se servir du guindeau pour lever l'ancre au prix de quelques décharges électriques bien assaisonnées.
Encore une fois l'ancre dérape et le bateau part sur le reef. Par chance il fait jour.
Ce qui ne nous empêche pas de replonger dans une bonne galère.
Dès que nous jetons l'ancre, les rafales ne laissent aucune chance à l'ancre de se poser au fond ( 18 mètres de profondeur) et on ripe.
Par trois reprises nous mouillons, à la dernière nous arrachons l'avant du guindeau . La chaîne ne peut plus être remontée car elle se bloque. Marco finit par remonter l'ancre à la main, avant que nous venions embrasser un catamaran. Moi je stabilise au mieux Tidoudou face au vent dans des rafales à 35 nœuds, sous une pluie battante.
La majorité des bateaux ont regagné le village, aussi il n'y a plus beaucoup de place, ce qui nous complique encore l'histoire. Nous ne sommes pas les seuls à déraper, c'est rassurant !!
L'ancre est jetée et Marco ne semble pas prêt de la relever encore une fois à la main !
Heureusement le vent se calme un peu. Cela nous laisse le temps de bricoler ce foutu guindeau.
Durant des heures ça perce, ça meule, ça usine... Un bricolage de fortune qui nous sauve la mise.



dimanche 27 avril 2014



Le 14/04
Ce soir nous sommes invité à bord du bateau du gréeur Matthieu et Céline, alors que nous mangeons, nous observons un phénomène étrange.
C'est la pleine lune, le ciel est parfaitement dégagé et voilà qu'une ombre vient obstruer cet astre radieux. Peu à peu la lune semble s'assombrir et se parer sur l'un de ses côtés d'une couleur rouge tout en restant éclairer de l'autre côté. L'ombre semble peu à peu manger la lune
Les questions vont bon train :
«  Qu'est ce que c'est ? »
« Pas de nuages, c'est bizarre »
«  Moi je vous dit que l'on ne nous dit pas tout !! »
Les jumelles sont sorties et nous nous plongeons tour à tour dans le firmament de plus en plus intrigués.
Lorsque nous retournons à notre bateau la lune est pratiquement rouge. Nous nous arrêtons en chemin voir le voilier voisin pour leur faire remarquer le phénomène.
Eux ne sont pas le moins du monde surpris et nous lancent :
«  Mais oui ! C'est l'alignement soleil- terre- lune, c'est une éclipse ! »
« Et ben merde alors... »

Le 15/04
Ici c'est l'automne, depuis une semaine le temps commence à virer. Le vent se fait plus fort, la pluie plus fréquente et l'air se rafraîchit à 25°c. Des coup de Maaramou ( alizés du Pacifique) nous obligent à trouver des mouillages abrités. Les deux prochains jours cela risque de klaxonner, aussi nous regagnons la côté Ouest de Taravaï.

Nous nous retrouvons à quatre voiliers dans la petite baie protégée. Nous commençons à connaître tous les navigateurs.
Ce coin est une merveille : eau plate, reliefs hauts, décors étonnant avec la plage de sable blanc bordée de cocotiers et sur les hauteurs : forêt de pins, de grandes herbes...
Il y a de quoi se régaler les yeux même dans l'eau car il y a des plateaux de corail.
Sitôt arrivés, nous allons explorer les reefs, inévitablement nos nouveaux copains viennent se joindre à nous : de beaux requins pointes noires.. Ils nous encerclent et nous font un joli balais sous marin. Nous nous familiarisons davantage avec ces bébêtes, à présent je me demande lequel de nous est le plus curieux eux ou nous ? Néanmoins nous apprécions de les voir un peu à distance.
C'est quand même extraordinaire de pouvoir les observer, ainsi que de gros Mérous, Perroquets, Labres, Carangues, bénitiers aux lèvres de couleurs bleus...

Le 16/04 C'est mon anniversaire !
Est ce une année de plus qui s'ajoute à ma vie ou de la vie qui s'ajoute aux années ?
En tout cas le voyage me donne la sensation d'être hors du temps et d'être de plein pied dans la vie. Alors cette 48 eme année glisse sans heurt !!
Nous commençons cette journée par un plongeons requinesque, puis un BBQ de bonite sur la plage, et enfin, le soir nous convions tous les occupants des voiliers à un apéro sur la plage. Nous sommes une dizaine réunis autour d'un feu, et d'un bon rhum de Marie Galante qui semble fort apprécié.
Il est plaisant de constater que chacun de ces navigateurs est satisfait de sa vie et ne la changerait pour rien au monde. Du jeune au moins jeune chacun s'est donné le moyen de réaliser ses rêves, ses envies, il n'y a pas de place aux regrets, plaintes ou jérémiades.
Les discussions sont colorées et riches d'échange. On s'échange des recettes de cuisine,( comment par exemple cuisiner le fruit de l'arbre à pin et autres chose que l'on trouve ici...) le moyen pour réparer un truc, qui aller voir pour tel problème, le bel endroit à voir, où plonger, le mouillage à ne pas manquer...
Il y a une sorte de solidarité qui fait du bien et l'on sait qu'en cas de galère on pourra toujours demander de l'aide. Ces rapports ne se font pas qu'entre navigateurs, mais les locaux participent eux aussi à cette entre aide. On dirait qu'il faille un retour à plus de simplicité et être un peu en dehors de la modernité pour retrouver ce genre de valeur !


En tout cas, quoi de plus plaisant que d'entendre le feu crépiter, les criquets agiter leurs ailes, le souffle du vent dans les cocotiers, les rires se perdre dans la voûte céleste et un bon moment partagé ?
Cette soirée improvisée fut douce...

Du 17 au 20/04
Le Maaramou continue de souffler, nous restons donc caché ici. Les autres bateaux font de même.
Chaque jour nous allons nager sur les reefs voisins, à présent les requins font partie du décors.


Nous allons marcher sur les hauteurs de Taravaï en se taillant un chemin au milieu des herbes plus hautes que nos têtes, en crapahutant sur les rochers, se faufilant entre les arbustes. Pas de chemin tracé, la végétation est tellement dense qu'elle en est parfois impénétrable, nous obligeant à faire demi tour. Les herbes sont coupantes,et les guêpes piquantes aussi pantalons et longues manches sont nécessaires. La nature est belle et les vues du haut à couper le souffle.

Les journées sont étonnamment bien occupées. Nous réalisons que cela va faire bientôt un mois que nous sommes aux Gambier !

Le 21 au 24/04
Le vent finit par se calmer, nous pouvons remettre les voiles en direction des motus du Nord.
Nous attendions le bon moment pour venir sur ces îlots proches du petit aéroport, car ils sont exposés au vent d 'Est. Là c'est calme.












Le nord de l'archipel est constitué d'une longue langue de sable, avec des terres sablonneuses qui émergent où cocotiers et Filaos règnent sur ces lieux. Elles sont habitées par les uniques propriétaire des fermes perlières.



Nous allons rendre visite à Eric l'un d'entre eux pour une visite de sa ferme. Un chinois passionné par ce qu'il fait qui nous explique en détail tout le processus de fabrication d'une perle. Un greffier nous montre en direct l'intervention nécessaire à la fabrication d'une perle.
Il s'agit d'inciser une membrane à l'intérieur de l'huître maintenue ouverte par des pinces. D' introduire dans la cavité une bout de moule venant du Mississippi et un greffon. Le greffon provient de la membrane entourant l'huître. Ces deux ingrédients introduits, l'huître sera fixée sur un support et patientera 16 mois dans l'eau, jusqu'à ce que la perle soit formée.
Les perles des Gambier sont réputées pour leur qualité, ici on a choisi la perle noire aux reflets colorés ( vert, rose, jaune...)


Pas loin du lieu de notre mouillage se trouve ce que l'on appelle la fausse passe. Située entre deux îlots, c'est le spot de plongée par excellence.
Armés de nos palmes, masque, tubas nous allons à la rencontre de gros poissons : Napoléons, mérous, vivaneaux, perroquets... Nous empruntons une trouée entre les reefs pour remonter et franchir la barrière de corail. Les fonds sont magnifiques des coraux de toutes les couleurs et des poissons partout.
A peine arrivés à l'extérieur de la passe, nous assistons à une danse de requins sur fond de sable. Tout à coup l'un d'eux, le plus gros, nous apercevant nous fonce dessus.
Son air déterminé et quelque peu menaçant, nous stoppe net dans notre progression. Sans nous concerter Marco et moi faisons un demi-tour illico presto. Ce requin pointe blanche d'un bon deux mètres, pourvue d' un gros ventre doit attendre des petits. Elle nous tourne autour de si près que nous pouvons admirer en détails sa gueule. Elle passe sous nos corps à quelques centimètres et ne nous lâche pas. Ne sachant si elle défend son territoire ou cherche à nous intimider, nous préférons nous éloigner, elle nous accompagne vers la sortie. Les autres requins voyant oeuvrer la défenseuse de leur milieu, ne se soucient pas de nous et poursuivent leur balais aquatique..

Le lendemain, nous retournons rôder sur leur territoire, mais cela doit être l'heure de la sieste. Dame requin reposant sur le fond vient à notre rencontre, après un salut moins brutal que la veille, elle retourne s'allonger. Nous pouvons ainsi plonger tranquille et se remplir les yeux de toute cette beauté sous marine dans une eau cristalline.
Le sur -lendemain c'est le festival des requins, ils sont nombreux à nous tourner autour, un murène Javanaise géante ( de 3 mètres de long) nous surprend en se dirigeant sur nous. Une variété étonnante de poissons nous régalent les yeux. Le monde aquatique est définitivement un monde à part ! Quelle splendeur !


Marco serait bien tenté d'aller chasser, mais il vaudrait mieux qu'il soit accompagné de personnes expérimentées. Déjà pour savoir quel sont les poissons comestibles non contaminés et surtout pour apprendre à faire face à tous les requins attirés par le sang du poisson mort. Car aux dires des chasseurs que nous avons rencontrés, ils sont excités et viennent systématiquement quémander un bout. Il faut donc défendre son beef teck et intimider les requins à coup de palmes ou de pics.
Pour le moment on en est plus à ne pas se faire intimider par eux, alors il y a encore du boulot pour les intimider !!

Le 26/04

Après avoir réfléchi et discuté de la suite de notre voyage, nous venons d'opter pour aller aux îles de la société. D'une part par prudence car mieux vaut être proche d'un chantier avec notre étaie endommagé et d'autre part nous hésitons à aller se faire secouer au mouillage du côté des Marquises. Comme il n'y a pas de lagon que l'on est en pleine mer, que la houle d'hiver arrive cela nous laisse envisager des mois à venir agités. Nous avons pris goût à la douceur et nous ne sommes pas prêt à affronter navigation de 900 milles sous des allures peu confortables et des mouillages tendus. Donc on se rabat sur des îles protégées de lagon comme Tahiti, Moréa, Huahine, Raiatéa, Bora-bora, Mopiti... On aura de quoi se régaler quoiqu'il en soit.

mardi 8 avril 2014


Le 08/04




Alors que nous partons mouiller aux motus du Nord, le vent fraîchit et nous contraint à revenir sur nos pas au mouillage plus abrité de Rikitéa.
A peine avons nous jeté l'ancre que je vois un bateau au mouillage déraper et partir sur les hauts fonds.
Nous tentons de lancer un appel avec la VHF mais personne ne répond. Nous n'avons pas de moteur à l'annexe ; aussi on tente de siffler pour prévenir le bateau en question. Un voisin sort et vient à sa rescousse en prenant Marco au passage et en rejoignant le ketch qui maintenant est posé sur le reef.
Arrivés au bateau, le propriétaire daigne enfin sortir et s'aperçoit du désastre. Marco reconnait Allan un Américain qui était à côté de nous à l'île de Pâques.
Il y a urgence aussi Marco monte aider Allan. Il arrive à démarrer son moteur et à se sortir du reef sans péter l'hélice. Mais le moteur cale et repart sur le corail, Marco tente de relever l'ancre emmêler avec les bouts. C'est la panique à bord. Bernard le voisin pousse le bateau avec son annexe pour l'empêcher d'aller s'échouer. Le moteur redémarre et après un certain temps l'ancre est relevée et s'avère toute petite. Allan explique que son ancre principale est au fond de l'eau, il l'a perdu la veille. Bref pas d'autre solution que d'aller à quai. Mais Allan hésite car la marche arrière ne passe plus. Tout semble aller de travers sur ce bateau. Ils arrivent enfin à regagner le quai malgré tout.
Allan raconte à Marco qu'il est arrivé il y a trois jours de l'île de Pâques alors qu'il est partit une semaine avant nous ! Il a mis plus d'un mois pour arriver jusque là, sans aucune escales !!
Quelques problèmes semblent en être la cause.
Il est partit de l'île de Pâques sous les grains ( nous étions ahuris qu'il choisisse de partir avec la météo annoncée, nous lui en avions d'ailleurs fait part!). Bref il s'est pris une dégelée, a cassé son étaie, déchiré son génois, puis déchiré peu à peu toutes les autres voiles. Son moteur étant en panne, il a finit avec une toute petite voile avant du style mouchoir de poche. Pris dans la pétole il a même fait marche arrière durant deux jours ! Evidemment la météo ne lui a pas permis de s'arrêter à Pitcairn.
Il avait avec lui deux jeunes équipières pour partager sa galère ! Je pense qu'elles en garderont un souvenir mémorable de cette traversée !!!( A l'île de Pâques il y avait un autre jeune équipier à bord mais, la veille du départ il a débarqué car il a eu une sale intuition...)


Une fois arrivé, comme le mouillage est profond Allan a voulu rabouter sa chaîne. Ils étaient tellement épuisés que le raboutage a été vite fait. Hélas ça n'a pas tenu. L'ancre est donc restée au fond par 20 mètres d'eau.
Et c'est son ancre de secours qui vient de déraper ! Et ben non de dieu bonjour la galère !
Il y a des histoires comme ça qui semblent à peine croyable. Mais faut avouer que le type est spécial !
Le truc aberrant c'est qu'il va repartir pour Papetee tel quel sans voiles, avec un moteur qui marche une fois sur deux et cela n'a pas l'air de l'inquiéter plus que ça !
Est ce de l'inconscience ? De la bêtise ?

Une des jeunes équipières a rendu son tablier et l'autre demande à Marco un peu plus tard :
«  Tu ferais quoi, toi, si t'étais à ma place ? »
Question délicate à laquelle Marco hésite à répondre car s'il est sincère il dirait :
 «  je me casserai vite fait ! »
Mais laisser un mec en plan tout seul, c'est pas cool ; alors il choisit de ne pas prendre position et tente de la rassurer, en lui donnant quelques conseils sur l'itinéraire le moins exposé pour rejoindre Papetee...




Le 10/04
Aux dernières nouvelles, le gréeur est monté dans le mât et nous dit qu'il est possible de naviguer encore comme ça en étant vigilant de ne pas trop solliciter l'étaie.
S'il n' y a pas urgence il faudra cependant le changer. Nous allons donc tenter de naviguer ainsi et lorsqu'on rejoindra le chantier de Raiatéa, on s'en occupera !
Ce qui est nous permet d'envisager de poursuivre notre route vers les Marquises mi Mai...
 

LES GAMBIERS
Fin Mars – début Avril

Petite escapade sur le point culminant à 300 mètres d'altitude, en empruntant un sentier très raide dans les sous bois. Du haut, une vue sur tout l'archipel, des couleurs éclatantes du lagon nous laisse deviner les barrières de corail et patates. Toutes la gamme de bleu est décliné.

Les fermes de culture de perle occupent toutes les baies et le lagon est truffé de bouées. La navigation n'est que slalom entre celles-ci.
Le village de Rikitea est le seul lieu de ravitaillement, aussi de nombreux voiliers sont mouillés dans la baie. Une fois toutes les trois semaines un bateau venant de Papetee livre de la marchandise.
Mieux vaut être là à son débarquement pour avoir une chance de trouver quelques pauvres légumes ou œufs..., car en une journée les alimentations prises d'asseau sont dévastées. Étonnamment personne ne cultive sur cet archipel. On ne trouve que des arbres fruitiers : papayes, citrons et pamplemousses que les habitants ne ramassent même plus. Ils préfèrent se nourrir de sucreries et boites de conserves. L'obésité et diabète semblent d'ailleurs être un problème.
La majorité des gens sont très riches par les cultures de perles et ils rivalisent à celui qui aura le plus beau 4x4. Vue la longueur de l'île de Mangareva et de l'unique route cela prête à sourire.
Les habitations restent cependant à taille humaine sans démesure, bien soignées et fleuries.
Les sourires et saluts restent chaleureux.

Nous avons rejoint Aukena île voisine pour tenter de trouver un dentiste. Pas de dentiste sur les îles, mais nous avons ouï dire qu'un français à bord de son bateau faisait quelques soins. Marco à l'île de Pâques s'était fait enlever le nerf d'une dent mais le traitement des racines n'avait pas été fait.
Il devenait urgent de le faire et heureusement son sauveur est là au mouillage ( il part dans 3 jours aux Tuamutu, nous l'attrapons au vol!).
Chez le dentiste : Marco s'allonge dans le cockpit du bateau, Bernard aidé de son assistante ( sa fille de 9 ans) entreprend le soin avec sa roulette portative. Désinfection à l'eau de javel, séchage avec l'air comprimé des bouteilles de plongée, rebouchage et le tour est joué.

Encore une île magnifique ! Toutes ces îles sont privées, aussi lorsqu'on arrive il est bon de passer se présenter aux occupants. Là encore, l'accueil est sympa et l'on nous invite à aller se servir en citrons. On en fera du sirop !

Quelques plongées sur les coraux, marche à travers les forêts, papotages avec les bateaux voisins que nous connaissons déjà... La vie est douce, les gens tranquilles, et le paysage de rêve !!!
Beaucoup de navigateurs arrivant là se trouvent à y rester plus longtemps que prévu, on comprend pourquoi !!!

Le 2/04
Nous repartons vers les motus plus à l'Est.


Les Motus sont de petits ilots de sable avec des cocotiers comme on en trouve aux Tuamutu. Nous trouvons un mouillage à proximité de l'un d'eux Tauna où nous sommes seuls. Le bleu qui ourle ces îles est d'une intensité qui fait ressortir le blanc du sable. C'est assez hallucinant !


Nous rejoignons ce petit paradis en annexe, en 10 minutes le tour de l'île est faite, les seuls occupants des lieux sont les oiseaux, ils volent au ras de nos têtes. Nous voyons qu'ils ne tiennent pas à ce que nous allions dans la cocoteraie où ils doivent nicher. Nous les laissons en paix en se cantonnant aux bordures de la plage.



N'étant pas du genre téméraire ( déjà petite je préférais laisser ma petite sœur se faire percer les oreilles en premier pour voir si ça faisait mal) du coup lorsque Marco m'annonce qu'il veut aller plonger sur le tombant derrière la barrière de corail ; je le laisse aller en exploration seul.
Pendant ce temps je profite de l'îlot désert pour faire quelques photos et quelques étirements.
Je le vois soudain revenir à fond la caisse un peu comme si la scène était passée en accélérée. J'ai l'impression de voir un dessin animé d'un mec dont les bras font des moulinet qui vont tellement vite qu'on ne voit qu'un cercle...
En sortant de l'eau le regard ahuri, il me raconte son aventure.
En nageant dans le lagon il a croisé des requins pointes blanches et pointes noires de taille moyenne, mais en arrivant sur le tombant un gros requin gris de plus de 2 mètres posé au fond a soudain surgit comme dans les dents de la mer droit sur lui. Surpris par la taille et la curiosité de l'animal, notre plongeur a pris peur et s'est éloigné rapidement, mais le requin n'a pas abandonné la partie et l'a suivi de près.

C'est là, où j'ai pu voir la scène en accéléré...
J'ai bien rie, mais j'aurais moins rigolé si je l'avais accompagné !!!
Moralité la témérité n'est pas toujours bonne ! Ca je l'ai bien compris...
Au retour au bateau nous prenons notre bible de la mer pour connaître les caractéristiques de ce requin gris et il est dit : Requin curieux mais peut devenir agressif et se dandiner sur place de façon menaçante avant d'attaquer. C'est le requin le plus susceptible d'attaquer les plongeurs !! Sympa !

Le lendemain je décide toutefois d'aller explorer le lagon avec masque et tubas. C'est marrée basse, peu d'eau aussi nous nageons en surface dans à peine 50 cm de fond au dessus de magnifiques coraux. Rapidement nous avons la visite de requins pointes noires, ils sont étonnants de curiosité. Moi je préfère quand même qu'ils gardent un peu distance...( toujours pas très téméraire!) Il faut juste se familiariser avec cette nouvelle compagnie !

Je suis éblouie par la beauté des méduses toutes en dentelles blanches transparentes aux reflets rose avec des perles sur leur robes. Que dame nature est ingénieuse pour créer de si belles choses !
Journée à terre sur cette île paradisiaque, nous installons le campement avec un hamac, un feu sur le quel nous faisons griller les bonites pêchées hier.
C'est un lieu parfait, désert et de toute beauté.
L'intensité des couleurs du lagon ne cessent de nous émerveiller.
Les oiseaux font office de musique de fond et leur vol nous laisse rêveur. Des oiseaux d'une blancheur immaculée tournoient dans le ciel azur. A deux mètres du rivage nous observons les requins venant nous offrir un spectacle dans 20 cm d'eau cristalline.
Cette fois nous sommes bien aux cœur de nos rêves !


Le 04/04
Vent et pluie sont annoncés pour les prochains jours, il nous faut regagner un mouillage plus protégé. L'ouest de Taravaï est parfait lorsque les vent de Sud Est soufflent..
Nous naviguons avec toujours un œil sur les bouées, sur les couleurs des fonds et la carte. Bien souvent Marco se poste à l'avant debout sur le balcon pour observer les teintes nous indiquant les patates de corail.
En route, après s'être fait arracher la ligne certainement par un requin, nous attrapons 4 bonites (rare poisson qui se mange sans risque de ciguatera!). Dont une énorme bonite de la taille d'un thon.
Nous décidons d'aller en annexe donner cette dernière à Hervé et Valérie, qui habitent sur l'île.
Ils nous font un super accueil, nous invite à boire le thé, petits gâteaux et repartons avec un panier de fruits et un bout de cochon tué fraîchement ce matin !
Quel plaisir de pouvoir parler Français, de pouvoir avoir de véritables conversations avec les locaux. Nous avons été bien souvent frustré de ce côté là !

Le 05/04
Pas d'autre bateau à ce mouillage, cela nous plait cette quiétude. Le temps est gris , pluvieux mais le bateau est à plat, aussi Marco décide de grimper au mât pour faire son inspection régulière après chaque grande navigation.
Une fois en haut du mât, il m'appelle et me dit :
«  J'ai une mauvaise nouvelle ! »
C'est effectivement la merde ! le câble de l'étaie s'est détorsionné en tête de mât. Ce qui signifie qu'il est fragilisé et peut se rompre facilement. Cela implique de le changer au plus vite.
Par chance nous avons entendu parler d'un navigateur qui est gréeur, nous nous lançons donc à sa recherche par VHF. Il se trouve qu'il est au mouillage de l'autre côté de l 'île.
Suite au prochain épisode car ce problème va peut être faire dévier notre route si ???