mardi 14 juin 2016


Tel un collier de perles, un atoll est formé d'un chapelet d'îlots (appelé motus), sa forme peut être ronde ou ovale : c'est l'anneau corallien. Généralement il n'y a qu'une seule entrée (ou passe) pour pénétrer dans le lagon intérieur. Sur la cinquantaine ou centaine de motus, bien souvent seul un est habité, les gens se regroupent au village. L'avantage de venir en ces lieux en bateau, c'est que nous avons la possibilité d'aller mouiller aux abords des motus de notre choix. 




Ils sont vierges, les seuls occupants sont les cocotiers, quelques arbres à fleurs, une végétation épineuse, des crabes, des Bernard-l’hermites et malheureusement des moustiques et nonos qui sévissent dès la tombée du jour. Ces îlots sont cerclés de plage de sable côté lagon et de corail côté mer. 


Sur ces îles, se dégage une atmosphère des plus particulières. Il n'y a pas de vibration propre à la terre puisqu'ils en sont dépourvus, mais une énergie marine. Ce que foulent nos pieds ne sont autre que les fonds sous marin émergeant au fil des siècles. Leur histoire est issue de la mer, il n'y a nulle empreinte de l'homme. La nature demeure originelle, elle n'a pas été modifiée, ni souillée, ce qui en fait un endroit privilégié. Une légèreté se distille et la beauté à l'état pur se dévoile.
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La teinte bleutée est reine, elle se révèle dans tous ses dégradés, ses nuances, ciel et mer rivalisent en intensité. Nos yeux peu habitués à ces couleurs extrêmes, se gorgent de ce spectacle qui varie suivant la luminosité. Nous avons choisi un large motu pourvu d'une cocoteraie touffue, afin d'être mieux protégé du Maramou qui doit arriver. Le mouillage nécessite de s'y reprendre à plusieurs fois, Marco plonge repositionner l'ancre. 
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Une armée de requins l'accompagnent. Ne voyant guère d'humain dans le coin, ils ignorent la dangerosité de notre espèce, aussi viennent ils roder tout près. Il existe même un gros requins gris qui semble le chef. Généralement, les requins gris vivent à l'extérieur du lagon. Pour le moment le vent est perturbé, il tourne sans cesse, il cherche son axe, et nous ne doutons pas que lorsqu'il l'aura trouvé, il va s'en donner à cœur joie. Comme à l'accoutumé, nous partons en exploration des motus proches, armés de nos sandales en plastiques car les coraux sont très coupants sur le reef côté mer. Le motu le plus proche s'avère être une véritable jungle, la cocoteraie est dense. D'énormes crabes rentrent se cacher en entendant le craquement de nos pas sur les feuilles de palmes. De magnifiques oiseaux à la blancheur immaculée volent en stationnaire à quelques mètres au dessus de nos têtes. Ils sont comme un emblème de pureté. 


 Chaque motu est séparé par un cours d'eau (hoa), qu'il est parfois possible de franchir à pied ou à la nage selon la profondeur. Parfois, il y a un fort courant.  Murènes, requins et autres poissons aiment remonter ces cours d'eau. C'est un lieu extra pour les observer car l'eau est tellement transparente que l'on pourrait croire qu'il n'y en a pas. Nous pouvons ainsi passer d'un motu à l'autre, en faire le tour.



Le frigo se vide et il est temps de penser à pêcher. Après prise d'info auprès des locaux au village, on nous a dit que côté Est, on pouvait manger certains poissons en l’absence de ciguatera. Marco sort donc son fusil et entouré de ses copains les requins qui ne le lâchent plus, il va chasser. La pêche est plus corsée avec ce genre de compagnons et il faut être rapide. Dès que la proie est embrochée, il faut remonter rapidement à la surface et mettre  flèche et poisson hors de l'eau, nager ainsi jusqu'au bateau... Une belle carangue fera notre repas, et les entrailles celui des requins. Par précaution, je me porte volontaire pour tester la carangue ce soir au repas, si je ne suis pas malade, Marco aura droit à sa part demain ! Mieux vaut que l'un de nous reste en état...  Nous découvrons des comportements de bestioles tout à fait surprenants ! Les oiseaux volent au ras de nos têtes, en marchant nous passons même à quelques centimètres d' un bel oiseau des mers posé sur une branche, il nous observe intrigué sans aucun mouvement de peur, sans bouger.





Est ce le fait de ne jamais voir d'humain ?  A chaque fois, que nous accostons le motu, un petit poisson : sergent major vient nous voir. Le premier jour en rinçant un tupperware des grains de riz avaient fait son bonheur. A présent, il vient manger dans ma main ! A chaque plongée, les requins pointes noires nous accompagnent, il y a également un requin gris, celui-ci est encore moins farouche que les autres. Au fil du temps, il semble même s'agaillardir, il vient de plus en plus près de nous, à quelques centimètres! Marco n'apprécie cependant pas sa témérité lorsqu'il va chasser, car il l'a sur ses basques en permanence. Aujourd'hui, il se rend sur un reef plus au large son nouveau toutou le suit. Il est tellement chiant que Marco repart vers le bord, il trouve enfin une belle carangue qu'il tire. En quelques secondes, tout le monde rapplique, y compris le gris très excité. Marco grimpe sur un reef, mettant ainsi le poisson hors de portée des prédateurs. De l'eau jusqu'à la taille il me siffle pour que je vienne le chercher en annexe. Le temps que j'arrive, le gris lui fonce dessus lui donnant à maintes reprises, des coups de museau dans les jambes. Mon chasseur le repousse avec la crosse de son fusil, tentant de le tenir à distance. A peine suis je arrivée que Marco saute dans l'annexe et échappe de peu à un nouvel assaut. Le requin vient taper rageusement dans le moteur. De retour au bateau, après avoir vidé la Carangue, il décide de faire une blague à son copain. Il attache la tête du poisson à un bout et la met dans l'eau. Quelques secondes plus tard, le gris vient mordre. Marco tire la corde et notre ami se retrouve suspendu bêtement dans les airs. Evidemment, ses dents acérées coupent la corde. J'ai le temps cependant de faire une photo. Marco a eu une petite revanche à sa frayeur...


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Quoiqu'il en soit cet incident nous met en garde, cet avertissement a été entendu, on décide, dorénavant, de s'abstenir de chasser dans le coin ! Nous sommes certainement sur son territoire et son comportement ne laisse pas d'autres alternatives : on changera de motu ! Ici si on ne pêche pas, on ne peut guère  rester car il n'y a que ça à manger ! Côté alimentaire le choix est réduit. Le poisson constitue la seule source protéinée et de fraîcheur. On a bien du riz, des pâtes, de quoi se faire du pain, et des noix de coco... mais c'est tout ! J'ai définitivement banni les saletés de boites de conserves ! Avec la traversée et ce nouveau régime, nos corps se sont allégés de quelques kilos. Ici on ne s'encombre pas de superflue! Les grains et la pluie s'enchaînent, sous une chape obscure nous levons l'ancre. Les couleurs des reefs sont finalement bien visibles malgré le peu de luminosité. Nous longeons les motus en se dirigeant plus au Nord, l'un d'entre eux nous attire par sa forme et sa plage. Nous nous ancrons aux abords. Ce petit bijou est encadré de fines langues de sable rose, de bosquets de fleurs parfumées dont les effluves se distillent jusqu'à notre bateau... Sur le motu nous sommes gagnés par une sensation d'apesanteur : l'air est léger, doux, une nuée d'oiseaux et de papillons volètent, la cocoteraie est très aérée... des petits bouts de plages rosées sont nichés entre roches brunes et cocotiers. On se croirait aux pays des fées !


lundi 30 mai 2016

Du 18/05/2016 au 30/05/2016


A bâbord, une escadrille d'oiseaux virevoltent, plongent et crient. Ce manège suffit pour nous détourner de notre route, on fait cap sur eux. En passant au milieu de cet attroupement, nos lignes de traîne sont subitement secouées et se tendent dangereusement. L'une des 3 est sectionnée. Rapidement nous nous préparons à la sortie de nos poursuivants. C'est lourd et cela se débat ce qui nous laisse présager de grosses prises... Ca l'est en effet : un gros thon jaune bien dodu qui doit faire ses 8 à 10kg... Déjà on ne sait si nous pourrons tout manger ! Le 2 eme pourtant attend sort. En sortant le frère jumeau, on constate que l’hameçon ne l'a pas trop esquinté, aussi on lui redonne sa liberté.
On est super content de cette prise car le thon jaune est un délice, de plus cela nous permet de manger un peu de protéines.


Vu que la météo ne semble pas s'arranger dans la prochaine semaine, nous avons décidé de rejoindre des mouillages que nous ne connaissons pas autour de Nuku Hiva. François qui vit là, nous a dévoilé quelques spots secrets, nous avons juré de ne pas les révéler. On ne donnera donc aucun nom mais ils se trouvent à l'Ouest...

Ces terres désertes sont actuellement vertes avec toute la flotte de ces derniers mois. De grands canions coupent les montagnes et des vallées encaissées remontent jusqu'au sommet de l'île.
Nous découvrons une magnifique baie cerclées de rochers et une eau claire dans laquelle nous jetons l'ancre. Nous ne tardons pas à sortir le masque et les palmes pour une inspection du fond.
De grosses Carangues curieuses viennent nous tourner autour, nous croisons dame tortue qui accepte notre compagnie, nous la suivons tout en se laissant inspirer par sa nage gracile. Quelques raies léopard en famille tournoient en dessous de nous, l'une d'elles intriguée certainement par la couleur jaune de mes palmes remontent à la surface, quelques requins viennent nous saluer d'un air tranquille...


De retour au bateau, une douce sensation nous étreint, celle d'être à nouveau dans les lieux que nous aimons. Ce bain de nature sauvage ravive tout le plaisir que nous avons à voyager avec un voilier.
Le lendemain, après une nuit bien houleuse, nous poursuivons notre route. Une bande de dauphins nagent à nos côtés.

Les terres de l'Ouest s'étendent sous nos yeux dans une dégradé de verts. Une autre baie s'offre à nous, avec en prime une petite plage de sable blanc. Aussitôt l'ancre posée, on aperçoit des grandes ailes qui battent à la surface, notre curiosité est piquée. On saute à l'eau avec nos masques. Ces ailes majestueuses se laissent approcher et volent sous nos yeux ébahis parfois à quelques centimètres : des raies manta !!! Elles sont en train de manger mais cet acte est proche d'une parade. La gueule grande ouverte (nous pouvons voir l'intérieur de leur estomac) elles battent délicatement des ailes, puis effectuent une figure artistique au plus haut point : un looping. Nous montrant ainsi leur ventre blanc. Parfois elles font un demi tour, venant droit sur nous avec une bouche prête à nous engloutir. Un seul petit mouvement de l'énorme nageoire et elles nous frôlent. Nous serions presque tenté de toucher ce velours marron qui les recouvre. Mais par principe nous ne touchons jamais aux bestioles aquatiques pour ne pas enlever leur protection ou les souiller de nos plaisirs égoïstes.
Il arrive parfois que ce soient elles qui recherchent le contact : comme cela nous est déjà arrivé avec des raies pastenagues qui venaient se frotter sur nos corps, ou des poissons curieux, dans ce cas c'est différents...
Le mouillage est vraiment plaisant, bien protégé de la houle. Un endroit ou l'on se sent bien malgré la chaleur. Nous allons à terre pour tenter de marcher mais au bout de 2h nous sommes liquéfiés. Le soleil nous bombarde de ses rayons solaires et nous n'avons qu'une envie retourner dans l'eau et retrouver nos raies !
Le bateau d'un couple d'Américain vient mouiller à nos côtés, nous leur portons du poisson afin de vider un peu notre frigo, en échange ils nous donnent un bout de Tazard qu'ils viennent de pêcher et nous partageons des bonnes bières fraîches...


La terre Marquisienne vibre, est-ce lié à ce potentiel de vie qu'elle contient ? Son sol est riche, fertile, tout ce qui en sort est comme un sourire de générosité, à l'image des gens qui sont nés les pieds dessus. En plus, mère nature a su faire jaillir une création très artistique, d'une beauté époustouflante.
Dans son soucis de diversité, elle a doté chaque île d'une particularité : parfois des pitons abruptes, parfois de hautes montagnes aux formes pittoresques, des forêts luxuriantes aux essences variées et précieuses, des cascades, des ruisseaux, des parties arides et désertes, des plateaux étonnants, des côtes découpées, de hautes falaises, des plages de sable blanc, noir...
Tout cela exerce une sorte de fascination naturelle, à moins que cela soit ce que les Marquisiens appellent : le Mana ?




Le 22/05
Nous hissons nos voiles en veillant à prendre un ris car nous savons qu'au cap cela risque fort de prendre des tours. Et cela ne manque pas, 25 nœuds en pleine face, une bonne houle et pour couronner le tout, la ligne de traîne s'agite. Pas facile de la relever, lorsque le bateau est à la gîte et tangue méchamment!!! Là en plus, il y a du poids... On sort les gants après s'être échaudé les mains avec le fil ! Notre proie nous apparaît enfin à côté du bateau ; Enorme ! Monstrueux ! Vu sa taille on peut supposer que l'affaire n'est pas gagnée. Il faut faire vite car l'hameçon peut lâcher, mais pour le sortir de l'eau, on ne sait comment s'y prendre. Nous tentons de harponner le poisson avec notre crochet. Mais avec son poids la chaire se déchire à plusieurs reprises. Après l'avoir à nouveau crocheté, nous mettons nos dernières forces et expédions notre Tazard ( ou Waou) d'1,50m dans le cockpit !!


Quelle prise impressionnante, une des plus belles !!! Et ben va y avoir du boulot...
Nous avions encore du thon, mais nous voulions donner du poisson aux habitants du mouillage du Nord , là où nous allons! Pour le coup, on aura de quoi partager !
Un mouillage fabuleux nous attend : une plage de sable, des cocotiers et en arrière plan de hautes montagnes découpées toutes vertes...


Sitôt arrivés, nous tronçonnons notre tazard à la scie à métaux, nous ne gardons qu'un tout petit bout et apportons le reste aux habitants du lieu. Il n'y a que 3 cahuttes et 3 hommes à l'ombre accueillent avec joie ce présent qu'ils mettent illico au congélateur solaire. Ils nous chargent en retour de pamplemousses, citrons, eau de source... Ils nous mettent leur jardin à notre disposition.
Pour le moment nous ne pouvons nous adonner à la cueillette car un grand ménage du bateau s'impose : il y a du sang partout.
L'un de ces mecs est le descendant de la lignée royale ( rien que ça ! Mais à voir sa masure et son short élimé, on pourrait en douter ! Par contre l'étendue de sa propriété enlève tout doute, même la baie lui appartient...)




Le lendemain, malgré une otite carabinée ( liée certainement à l'abus de plongées en apnée) de Marco, nous allons explorer les terres en suivant l'unique sentier. Des chevaux, des vaches, des chiens sont en liberté tout autour des quelques habitations. Quelques vestiges témoignent d'une époque où ce lieu fut très habité ( 10 000 personnes vivaient là) il n'en reste plus que 3 !!!
Arrivé de l'autre côté du col, des pitons rocheux viennent donner au panorama toute sa majesté.


Le chemin se poursuit et permet de rejoindre un village situé à 3h30 de marche. Un isolement qui ne semblent pas déplaire à nos compères de ce lieu. Avant de reprendre l'annexe, ils nous donnent à nouveau de quoi la remplir : pamplemousses, citrons, noix de coco... Marco souffre et s'écroule jusqu 'au soir imbibé de doliprane. Durant la nuit il est terrassé par la douleur et malgré les puissants antidouleurs à base de morphine ( périmés depuis 2 ans) rien n'y fait, il ne ferme pas l'oeil et gémit dans sa cabine !! Il est coincé sur ce bateau loin de tout et n'a d'autres choix que de subir. Heureusement on a des antibiotiques, mais avant que cela fasse effet....


Le 23/05
La mine déconfite et enflée, les yeux hagards, mon capitaine a vraiment une sale gueule. C'est pas le jour à le chatouiller, aussi je me fais toute petite et m'occupe en râpant quelques noix de coco, en préparant de bons desserts, en faisant des bananes sèches car tout notre régime a mûri d'un seul coup !
Heureusement le mouillage est tranquille côté houle et vent ! Marco retourne dans son nouveau lieu de prédilection : son pieux !




Après 4 jours Marco va un peu mieux, bien qu'il n'est plus d'audition côté droit. Nous avons rejoint le mouillage d'Anaho, en quelques bords de près, avec pour toile de fond : des pitons et un décors somptueux.



Quelques jours plus tard, on revient au village de Taiohae afin de vérifier par la prise de bulletins météo complémentaires qu'un créneau est possible pour partir aux Tuamotu. En chemin, nous heurtons 2 gros troncs d'arbre. L'un nous dézingue notre sondeur, l'autre nous arrête net en se prenant dans notre safran. Marco doit aller dans l'eau pour le dégager. Nous pêchons encore un petit tazard de 80 cm, nous nous réjouissons que ce ne soit pas un gros...
Une bande de dauphins excités sautent autour de nous, ils semblent en fête... Nous le sommes avec eux!


Demain nous devrions prendre la mer, vent calme ( peut être même un peu trop! peu de houle). Nous comptons 5 jours pour rejoindre Makémo... Cette fois c'est partit...



mardi 17 mai 2016

Le 16/05


On retarde notre départ attendant que les vents soient plus favorables et que la SPCZ se dissipe un peu du côté des Tuamotu...
Du coup, nous avons le temps d'aller dans les montagnes prendre un dernier bol de frais et de vert.



Au sommet du milieu de l'île s'étend un grand plateau dont la végétation ressemble presque à certaines contrées Françaises.







De retour au bateau, nous retrouvons François et Linda avec qui nous partageons un bonne ventrée de pâtes. C'est l'occasion de prendre des nouvelles d'eux et d'autres connaissances communes. Nous suivons ainsi le parcourt d'autres navigateurs rencontrés ici et là, sachant que nous re croiserons certainement la route de certains, plus tard...



dimanche 15 mai 2016

Le 14/05/2016


Au petit matin, Tidoudou retrouve sa fonction première : celle de naviguer ! Les voiles sitôt hissées,
nos esprits se gonflent de quiétude, laissant derrière nous ces dernières journées de labeur.
La mer tout comme la montagne ont ce pouvoir magique de nous rendre légers et insouciants, de ramener le calme et la joie. Pour reprendre contact avec le bateau et les éléments, je m'empare de la barre. Cette sensation est plutôt agréable: jouer avec le vent, venir flirter dans son lit... Sentir que nous sommes le lien entre le vent et le bateau. Tidoudou s'incline davantage lorsque des rafales soudaines viennent le caresser. Nous faisons quelques bords de près pour rejoindre la baie de Houmi où nous pourrons faire nos pleins d'eau. Evidemment, Marco a sortit son attirail de pêche, mais pour cette première sortie, c'est chou blanc !



 Qu'importe ! les côtes qui s'offrent à nos yeux suffisent pour nous nourrir...



















La petite baie de Houmi est déserte, Seules les montagnes et les chèvres nous tiennent compagnie. Nous ne tardons pas à entreprendre nos allées et venues avec l'annexe et nos bidons !!! Le jour tombe, aussi nous finirons demain notre petit manège !


Nous sommes conscients de la préciosité de cette eau de source que nous ramenons à bord. Aussi, nous remplissons tout ce que nous pouvons, on se paye même le luxe de se doucher avec cette eau pure, après on se contentera d'eau de pluie !


Le chargement d'eau est terminé, OUF ! Cela ne paraît rien, mais déjà gérer les arrivées et les départs de la plage avec les vagues en annexe, aller jusqu'au robinet et faire maints allers -retours chargés comme des ânes, revenir sur le bateau et mettre l'eau dans les bidons à l'aide d'un tuyau dans lequel on souffle, recommencer cette opération X fois : tout cela nous a pris 2 bonnes demies journées, sans compter les coups de chaud, les coups de soleil les piqûres de nono !!!
Cet après midi : opération collage ! Nos hublots ne sont plus étanches, ils prennent l'eau, le vaigrage intérieur s'est décollé, ainsi que les lattes du cockpit ! Vive les tubes de Sika que nous avons frauduleusement ramenés dans nos valises ( cela aurait pu nous coûter cher en cas de contrôle!)
Le bricolage est constant sur un bateau, mais plus encore lorsqu'on l'abandonne quelques temps. Il nous fait payer notre absence. Cependant, on doit dire que cette année, tout fonctionne à bord et c'est déjà énorme !
Nous allons faire un tour à terre, histoire de se remplir les mirettes de verts et trouver des fruits.
A la première maison on demande qui pourrait nous vendre un régime de bananes.
« - Ha ! mais nous on en a, venez ! Mais on ne les vend pas, on les donne ! Et puis, on a aussi des pamplemousses, des citrons, des caramboles... »
La discussion s'amorce tout en cueillant, ramassant. Nous repartons avec une brouette pleine de fruits. A chaque fois, nous sommes surpris de cette simplicité, sincérité, générosité et gentillesse Polynésiennes. Ce sont des gens au cœur gorgé de soleil, être à leur contact nous rend certainement meilleur. Ils sont de bons révélateurs de nos étroitesses occidentales !





Nous retournons à Taiohae pour un dernier check météo, il se peut que mercredi nous reprenions la mer pour aller aux Tuamotu. 4 à 5 jours de navigation pour rejoindre Makemo et les différents atolls.

Ce qui signifie que durant quelques temps les nouvelles seront en suspend, vu que les connexions internet sont rares dans ces contrées. En attendant bon vent à vous tous...

mardi 10 mai 2016

Le 11 Mai 2016


En 24 heures nous voilà de l'autre côté de la terre à Papeete.


L'escale à Los Angeles est encore épique : après 2 heures de contrôle, les douaniers nous confisquent notre bouteille de Pastis estimant, peut être, celle-ci trop explosive ! Les enfoirés...
De Papeete, nous survolons les Tuamotu baignant dans des limbes nuageuses et atterrissons 4h plus tard à Nuku Hiva.





L'aéroport étant à l'autre bout de l'île, nous avons le temps de nous gorger de sa luxuriance, de contempler le panorama et la vue sur la baie avant de remettre les pieds sur le bateau.











Une cinquantaine de voiliers sont là au côté de Tidoudou.



 Ce dernier ne semble pas trop avoir souffert, si ce n'est de l'attaque de coquillages, algues et crustacés sur la coque. Le mec chargé de son nettoyage n'a pas fait les choses à moitié car l'antifoulling n'existe pratiquement plus. Sans protection, on s'attend à devoir gratter régulièrement la coque...
A l'intérieur du bateau, tous les plans horizontaux sont recouverts d'un tapis de fourmis mortes. Donc, sitôt arrivés une activité frénétique s'empare de nous : nettoyage, gonflage de l'annexe, et autres nécessités.... Ce qui fait, que le soir avec le décalage horaire, la chaleur torride et la bonne houle, nous tombons comme des mouches .
Pour réarmer le bateau et le préparer au voyage c'est beaucoup de manutentions. Depuis que nous sommes là, nous nous agitons du lever du jour au soleil couchant. Nous prendrons le temps après de se la couler douce, pour le moment on a la tête dans le guidon car une houle de 2 mètres est annoncée et nous voudrions trouver un mouillage plus serein, abrité.
Déjà là, avec un bon mètre de houle ça tangue méchamment : Marco peut en témoigner, il monte en haut du mât récupérer les drisses et protéger les barre de flèches ; il valdingue comme un patin désarticulé suspendu dans les airs, improvisant des figures plus ou moins artistiques. Après avoir bien galéré pour redescendre, il arrive en bas le visage livide avec une bonne envie de gerber.

Il fait chaud, très chaud ( 35° à l'ombre) le soleil crache du feu : les coups de soleil sont cuisants ! L'acclimatation n'est pas encore faite. Il faut dire que passer de l'air des montagnes enneigées à l'air équatoriale du 8eme parallèle, c'est un peu surprenant pour l'organisme ! Mais la beauté du lieu, la gentillesse et la joie de vivre des Marquisiens, la perspective du voyage nous stimulent...

jeudi 28 janvier 2016




Bonjour à tous,


A tous ceux et celles qui nous ont suivi dans notre voyage, je voulais vous faire savoir que celui-ci m'a donné envie d'écrire et de raconter nos aventures. C'est chose faite :


Le livre numérique « LES PASSAGERS DU TEMPS » est à présent en vente sur :


Apple
https://itunes.apple.com/fr/book/les-passagers-du-temps/id1076569575?mt=11
Amazon
http://www.amazon.fr/gp/product/B01AT5K3J8
Kobo/Fnac
https://store.kobobooks.com/fr-fr/ebook/les-passagers-du-temps


Celui-ci a été réalisé en auto-édition, il peut être sur téléchargé et lu sur kindle, tablette, ipad, iphone, ipad touch ordinateur... au prix de 5, 49€


En voici le résumé.


Partir en bateau, voyager autour du monde, est une idée qui a effleuré plus d'un esprit.
Cependant le réaliser est une autre histoire...
Au fil de l'eau, rêves et réalités se rencontrent, s'entrechoquent, parfois violemment.
Le voyage, c'est contempler la beauté du monde.
C'est aussi, accepter d'aller vers l'inconnu, d'abandonner ses habitudes, ses réserves, ses peurs... C'est s'ouvrir à une autre existence, à une nouvelle conscience avec d'avantage de respect de soi et du monde...
Voici un récit chargé de découvertes pétillantes qui se lit comme un roman.

Ceux que cela inspirent, je vous souhaite bonne lecture et reste ouverte à vos réactions et critiques !
Si vous pouvez m'aider à diffuser l'information via vos réseaux sociaux... Merci par avance !
Bon hiver à tous et bisous floconneux
Sabrina


mercredi 4 novembre 2015



Du 12  Octobre au 3 Novembre 2015


La capitale des Marquises, là où nous sommes, est de la taille d'un petit village chez nous ! On y trouve 2 épiceries, une banque et même un bistrot -restaurant, un magasin de bricolage et un petit hôpital. Nous rencontrons Kevin qui va se charger durant notre absence de la surveillance de notre bateau, le type à l'air sérieux. La grande baie semble bien protégée des vents dominants, même si elle est ouverte à la houle du Sud, nous pensons que Tidoudou sera bien, durant ces quelques mois à venir.







En attendant l'heure du départ, nous remontons plus au Nord rejoindre l'un des plus beaux mouillages des Marquises : Anaho
En chemin, nous faisons une halte de 3 jours à la baie du contrôleur où juste avant d'arriver nous pêchons un gros Tazard d'1,20m. ( au retour nous choperons son frère jumeau)


Nous le partageons avec des locaux qui en remerciements nous offrent des brassées de fruits.


La baie d'Anaho est tout simplement grandiose par ses décors. De belles montagnes vertes encerclent le mouillage ainsi qu'une longue plage de sable blanc. De plus, la houle ne pénètre pas, ce qui fait effectivement de ce lieu, le mouillage le plus tranquille que nous ayons connu aux Marquises.



Quelques bateaux nous ont rejoint car une grosse houle du sud sévit. Nous sommes donc 6 bateaux à l'ancre. Nous ne tardons pas à connaître tout ce petit monde par le biais de quelques apéros et repas.


L'ambiance sur l'eau comme à terre est sympa. Les locaux organisent même un repas pour tous les navigateurs. La table est plus que généreusement garnie, les ukulélés résonnent dans la nuit accompagnés de quelques chants Marquisiens.


Marco et moi reprenons notre rythme marche chaque jour, pour découvrir les baies voisines.










Peu à peu aussi, nous commençons le nettoyage en vu de l'hivernage. Nous avons la chance sur la plage d'avoir un robinet d'eau douce ( de source) nous permettant de laver les voiles, cordages et autres...


Le retour se prépare également mentalement. Réintégrer le monde moderne nécessite une bonne anticipation !
Quand il s'agit de remettre les pieds sur terre, on se rend vite compte de toutes les contraintes que cela génère : ne serait ce que l'organisation du retour !!!
Bientôt le vent de l'insouciance, de la vie au jour le jour vont faiblir...
Ces quelques mois à bord, nous ont permis encore une fois, de goûter à une autre forme d'existence.
Il faut avouer que les modes de vie peuvent être radicalement différents !


L'aspect qui prédomine dans notre voyage est certainement la liberté. Sur un voilier les principales contraintes sont celles des éléments, si non, on se laisse guider seulement par nos envies dans l'instant.
Il est vrai toutefois que notre liberté repose en partie sur quelques personnes. Je pense par exemple à mon amie Sylvie qui gère toute ma paperasse en France, à Danielle (la maman de Marco) qui en fait de même... Ces personnes contribuent aussi à rendre nos esprits plus légers...
Ne plus avoir de contraintes matérielles, d'obligations, de devoirs ( ou seulement en ce qui concerne notre embarcation) est un privilège. Alors bien sûr, toute liberté s'acquière, elle ne nous tombe pas sur la tête ainsi. Nous avons oeuvré pour l'avoir : nous avons accepté de larguer ce que nous avions en France, accepté des séparations ( pour ma part, c'est ce qui a été le plus difficile), accepté de vivre autrement, plus simplement...
Aujourd'hui nous ne pouvons que nous féliciter des choix que nous avons fait car notre route est parsemée de richesses.


Alors bien sûr, certains moments sur un bateau sont loin d'être faciles. Parfois certaines galères, nous donnent envie de tout arrêter et de réintégrer une vie moins mouvementée. Mais si nous sommes toujours sur notre rafiot c'est que ces moments ne prédominent pas.
De nouveaux projets prennent forme : comme celui de rejoindre les Tonga l'année prochaine...
Il y a encore tant à explorer qu'il serait bien dommage de s'arrêter là ! Et puis les Vanuatu, la nouvelle Calédonie, l'Australie, l'Indonésie, Thaïlande, Vietnam sont autant de pays qui nous font rêver...


Mais chaque jour nous réserve ses surprises, alors on verra....
Après notre break hivernal, nous reprendrons notre route au mois de Mai. Le blog va donc être en stand by quelques mois.


Ce voyage m'a donné envie d'écrire un livre, afin de partager nos aventures. Il se peut que
«  Les passagers du temps » ( titre de mon manuscrit) trouve un éditeur cet hiver... ?

Mais en attendant, pour vos longues soirées d'hiver, je peux vous conseiller de lire les bouquins de mon frère Olaf CANDAU qui ont été publiés par les éditions Guérin :
        - «  Un an de cabane » relatant son expérience de vie en pleine nature au fin fond du Canada où il s'est construit une cabane.
  • «  Un an de cavale » un tour du monde à vélo, avec ascension des plus hauts sommets
  • «  Narcisse » : la vie peu banale de mon père ( guide de haute montagne) et un autre bouquin va sortir cet hiver sous le titre «  Rupture » ( cela sera une surprise)
Un peu de pub donc, pour ses bouquins pleins de vie, d'humour et d'aventures vécues...


En tout cas merci à vous tous de nous avoir suivi, nous vous souhaitons un bon hiver et nous vous donnons RDV en Mai 2016....

(Si vous désirez me contacter pour me faire part de vos réflexions, suggestions ou autres... n'hésitez pas à m'envoyer un mail: sabrina.candau@gmail.com)