vendredi 31 mai 2013

SAINTE LUCIE

Le 30-31/05
Ce matin 20 à 25 nœuds de vent, 2,50m de houle, mais le ciel est clair et l'envie de partir se fait sentir. La navigation dans le canal de Sainte Lucie est donc bien agitée, malgré la voilure restreinte. Le soleil mordant est presque insupportable, vue la force du vent nous ne pouvons mettre de taud. On chope limite une insolation!

















Nous découvrons la baie de Marigot, sorte de crique encadrée de terres hautes couvertes de verdure.



L'endroit est beau. A l'entrée des boat boy nous attendent avec leur annexe pour nous louer un coffre ( une bouée). La zone de mouillage étant très réduite et déjà occupée, nous suivons Thomas avec ses dreads et son sourire jusqu'à une bouée. A cette époque, ce n'est plus aussi fréquenté qu'en haute saison.
Pleins de petits vendeurs passent avec des engins flottants, vendeurs de bananes, de mangues, de hachich, de CD de musique, videurs de poubelles... Nous sommes bien sollicités, mais ils ne sont pas trop insistants, ils restent agréables et souriants malgré nos refus.

 On ne résiste pas toutefois aux mangues juteuses et aux belles bananes!



Nous retrouvons avec joie une certaine authenticité des îles qui n'est pas sans nous rappeler Antigua.
Ici aussi ça parle Anglais, mais les petits vendeurs ont appris le Français. La Martinique n'étant pas loin, le tourisme passe par là.
C'est un havre de verdure où tout semble pousser sans effort, vue que les reliefs sont assez hauts, ils sont généreusement arrosés par les pluies.
Le lendemain nous arrivons à nous mettre au mouillage et partons marcher sur les hauteurs dans la nature parfumée et luxuriante.


Lettre du 1er Juin



Bonjour à tous,



Voilà un an que nous sommes partis.
Nous avons parcouru 6 500 miles soit 11 700 km.
Cela représente la moitié du chemin pour se rendre dans les îles du Pacifique.
Voyager en bateau nécessite beaucoup de temps, surtout si l'on veut visiter les pays par lesquels nous passons.




Le temps est la base indispensable et sa notion diffère de celle à terre.
Il n'est plus une contrainte mais devient espace d'évolution.
Nous devenons les passagers du temps, et nous nous soumettons à sa mouvance :
Durant les longues traversées en mer parfois il s'oublie, se perd, se suspend, s'immobilise, s'étire, file....
Le tic tac des obligations, du devoir, du faire disparaît. La seule relation avec l'aiguille du temps est liée aux quarts afin que chacun ait son compte de sommeil
L'heure n'est plus régie que par les paramètres jours et nuits.
Un cadran plus large qui laisse place à plus de liberté.

«  Le temps est l'espace que l'on s'octroie pour réaliser ce qui nous est essentiel » IAO



Le retour à des valeurs et besoins plus simples s'opèrent naturellement.
Les tentacules de la société de consommation et de ses pressions n’atteignent pas le large.
Sur l'eau, pas de tentations, nul besoin d'avoir ou posséder.
Une sensation agréable de dépouillement se fait jour. Nos besoins se restreignent tant sur le plan matériel que mental. Nous libérant ainsi de nos attaches factices.
Il n'y a pas de place à l'ennui, ni au besoin de s'occuper ou se distraire. Il y a déjà bien assez à faire en navigation : réglage de voile, surveillance, pêche, être présent à ce qui se passe.... et à découvrir de nouvelles îles, de nouvelles personnes...

Les relations sur un bateau se limitent à celles que nous faisons à terre lors de nos escales.
Il est vrai qu'entre navigateurs l'échange se fait spontanément. Nul besoin de connaître la personne pour l'inviter à boire un coup. C'est là, le meilleur moyen de faire connaissance. Les liens se font grâce au fait que nous vivons sensiblement les mêmes expériences et que nous avons la possibilité d'échanger des informations. Il n'y a pas de réelles attentes car nous savons que nos chemins se croisent et se séparent, cependant certaines rencontres sont des pépites d'or.



La relation avec les locaux diffèrent selon l'endroit où nous nous trouvons. Parfois on se sent bien accueilli, la gentillesse émane et la relation s'établie par un sourire, quelques mots,, un échange. Il y a aussi parfois de l'indifférence, parfois l'accueil réservé au « touriste porte monnaie », parfois un accueil qui laisse à désirer. Mais après tout nous n'avons pas été invité, alors c'est à nous à faire l'effort d'aller vers les gens et à s'adapter à la population.






La nature reprend sa vrai valeur, nous invitant à suivre ses lois, ses humeurs et à la respecter.
Son spectacle suffit à nous combler.
Nous sommes ses hôtes, et nous nous plions de bonne grâce au rythme qu'elle nous impose, tout comme le temps.



C'est un véritable plaisir que de la découvrir chaque jour un peu plus et de voir à quel point tout n'est qu'équilibre et harmonie. Je pense que c'est à travers elle que le sens de la vie prend toute sa dimension. Comprendre ne serait ce que les phénomènes météorologiques montrent à quel point ce monde est merveilleusement fait. Tout n'est que cohérence, intelligence, interdépendance...
Sans parler de sa perfection qui éveille en nous le sens de la beauté.
Comment ne pas être sensible à ces paysages grandioses, à toute cette flore et faune sous marine, à ces espaces immaculés des mers et océans... ?




















Certains spectacles, hélas nous amènent à prendre conscience de nos actes.

Les côtes espagnoles jonchées de bâches plastiques à perte de vue pour cultiver des légumes, des fruits ne poussant que dans des engrais chimiques, les constructions et infrastructures touristiques qui poussent telles des verrues un peu partout sans respect du lieu et de ses habitants, les pêches intensives qui détruisent toute l'écologie marine et certaines espèces ( dans certaines îles des Antilles, il n'y a quasiment plus rien dans l'eau , on la croirait morte) ....
On ne peut fermer les yeux sur cet environnement souillé au nom du profit, du pognon ! Ça fait mal !
Alors, lorsque l'on trouve des lieux comme à Brava au Cap Vert par exemple ; où l'homme vit encore dans le respect de la nature, la dignité, loin de la sur- consommation, cela nous touche et nous émeu.
Nous remettons quelques peu en question notre principe d'évolution moderne!! Et l'on se demande si l'on ne devrait pas prendre exemple sur eux, question bon sens !!! Et quand on voit leur sourire, leur joie de vivre et leur gentillesse , on prendrait bien leur recette du bonheur....



En fait le voyage permet d'ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, mais aussi sur notre humanité et nous mêmes.
Ce changement de vie radicale est une expérience extraordinaire.




Notre moyen de locomotion n'est pas des plus confortables, ni des plus rapides, mais nous permet cependant d'aller là où bon nous semble, même de traverser les océans... Chaque navigation est différente tout comme ces étendues d'eau. Elles n'ont jamais le même visage. La mer peut être lisse calme, ridée ou en colère....

Nous apprenons à écouter sa respiration, son souffle, son humeur. A chaque navigation il nous faut l'apprivoiser, se mettre à son rythme et intégrer son énergie. Si les manœuvres se répètent, il n'y a cependant aucune routine à naviguer.
Les maîtres à bord ce sont les éléments. Nous ne faisons que les accompagner en tentant de les utiliser au mieux.




La mer et ses vastes horizons nous exposent à tant de grandeur et tant d'éléments, qu'un besoin de refuge se fait parfois sentir. C'est pourquoi le petit espace intérieur du bateau est fort appréciable c'est comme une coquille nous permettant de nous isoler momentanément de l'extérieur, une protection. C'est peut être aussi un besoin de retrouver un cadre à notre taille au milieu de la démesure tout comme le Bernard- l'ermite.


Il faut juste apprendre à vivre dans cet espace exiguë à deux en permanence.
On ne peut se cacher de soi- même sur un bateau, on ne peut fuir. Les épreuves de la mer se chargent de faire tomber les masques.
Nos faiblesses, comme nos forces nous sont révélées sans fioritures et celles de notre partenaire également. Nous sommes mis à nu.
Un moyen de se voir tel que nous sommes et de parfaire notre propre connaissance et celle de l'autre, et de tester notre entente et notre complicité.
Ici pas de demi mesure soit les liens se renforcent, soit ils cèdent.

Un an c'est long et à la fois court au regard de ce qui nous attend, si nous voulons voir le monde...
Quelques paroles d'une chanson de G.Moustaki me reviennent :
« Nous prendrons le temps de vivre, d'être libre.... lalala!!!»


Nous savons que pour certains ces derniers mois n'ont pas été très ensoleillé ni agréable côté climat, aussi on espère que le moral tient bon la barre! Nous ne pouvons que vous envoyer de douces pensées et tenter de partager un peu notre voyage par le biais des mots et photos du blog.

Nous restons ouverts à vos réactions, vos nouvelles sont à chaque fois un véritable plaisir, alors n'hésitez pas à nous racontez vous aussi un peu votre vie...
mail : sabrina.candau@gmail.com
On vous embrasse chaleureusement !!!


mardi 14 mai 2013

Quelques difficultés à organiser le blog!! il faut parfois aller voir plus bas pour les mises à jour afin que je respecte l'ordre chronologique!
TRAVERSEE MARTINIQUE

Le 11/05
Après ces derniers jours à grain, une petite trouée se présente qui nous permet de mettre les voiles en direction de la Martinique. C'est repartit ! Attention aux bouées de pêche qui longent toute l'île.
Malgré notre vigilance, nous passons sur l'une d'elle, elle vient fortement taper la coque, tordre la pale du régulateur d'allure et se prendre dans la ligne de traîne ! Le bordel quoi !
Le vent est établit à 20 nœud aussi la grande voile est hissée avec un ris et nous mettons la trinquette. Il nous faut faire encore du prés serré. Nous longeons la Dominique et la nuit noire sans lune tombe. Le vent forcit à 24 nœuds, on reprend un ris. La houle s'en donne à cœur joie et secoue le bateau, perturbant ainsi notre sommeil.
De gros nuages menaçants sont sur la Martinique, nous craignons de prendre un grain. Il nous faut trouver la passe d'entrée pour rejoindre le havre du Robert. Le chenal non matérialisé est étroit et la houle ne nous facilite pas l'entrée, ni les bouées de pêches au milieu. Entre la côté déchiquetée et les hauts fonds, nous avançons guidés par la couleur de l'eau, Marco à l'avant me dirige.
Il nous reste encore 4 miles pour regagner la baie du Robert où la vigilance est de mise malgré les cartes, il faut garder un œil sur les fonds et ces saletés de bouées. Nous sommes sur la côté au vent, lieu peu visité par les plaisanciers car plus délicate au niveau navigation. Pourtant les décors sont magnifiques dès que nous pénétrons dans cette large baie. Il y a une quantité d'îlots verdoyants une dizaine, les oiseaux nous offrent un concert et c'est un enchantement que de sillonner par là autour.


L'ambiance est particulière avec des prairies, des forêts, des palmiers. Un mixte de paysage qui forme un décors doux à l'oeil !
Nous mouillons au fond de la baie derrière une petite île, l'eau est comme une piscine. C'est incroyable en quelques minutes nous passons d'une mer agitée à plate, d'un vent costaud à pas un pet d'air.
Il fait une chaleur aussi incroyable et sommes obligés de nous tremper sans cesse. Après cette nuit de navigation sans peu de sommeil, nous sommes crevés, mais dans les cabines c'est la fournaise et l'on se liquéfie totalement sur nos matelas.

Le 12/05
Chaud ou pas, la fatigue a raison de nous, nous sombrons dans un sommeil profond.
Au matin, nous optons pour retourner à l'entrée de la baie, plus ventilée. Marco a lu sur un guide que près des hauts fonds on pouvait trouver des langoustes. Nous partons donc à la nage faire le tour d'un îlot en repérage. Nous nageons parfois dans 40 cm d'eau (trop chaude), De nombreux casiers abandonnés, cassés sont posés sur le fond. Nous en trouvons un avec une belle langouste à l'intérieur qui nous attend.
Marco retourne l'après midi en annexe la chercher. Il n'y a presque plus de poissons tellement cela a été pêché. D'ailleurs à présent les petits pêcheurs sont obligés d'aller à 100 km des côtes pour trouver leur nourriture. Ils partent avec leur barques à moteur à l'asseau des vagues seul moyen de pouvoir subsister.
Un tour à terre sur l'ilet Madame, sur un joli sentier dans la forêt.
Nous sommes dimanche et l'activité nautique bat son plein. Il doit y avoir une fête des pêcheurs car ils sont tous sur leur barcasse avec la famille, suivant une compétition de petits bateaux aux voiles carrés. Les jets ski ne sont pas en reste, ils tournicotent à fond la caisse. C'est la frénésie sur l'eau et dans l'eau où des enfants se baignent en criant ! C'est dimanche quoi !!


Le 13/05
Le calme est revenu l'île est déserte, nous avons repéré des cailles ( reef) susceptibles d'abriter des langoustes. Après 2 heures de chasse nous ramenons 4 langoustes dont une Brésilienne. Il faut fouiner car elles sont bien planquées dans des trous et des herbes, pas faciles à trouver.
Après la canicule de l'après midi, Marco part sur un reef où les vagues déferlent et où le tombant est plus profond. Il revient avec deux grosses langoustes, et le sourire aux oreilles car il a trouvé le spot ! Evidemment cet endroit n'est pas prisé car il faut aller affronter les vagues, mais mon surfeur en a vu d'autre et ne se laisse pas impressionner ! Cependant durant sa chasse un grain avec 30 nœuds de vent a surgit ; l'annexe mouillée avec une petite ancre s'est faite embarquée. Le chasseur a du engager une poursuite à la nage et l'a récupéré de justesse !



Le 14/05
Nous allons au village du Robert afin de nous ravitailler en frais et trouver une connexion internet pour avoir des infos météo concernant la suite de notre route.








Nous y allons en annexe une belle tirée, environs 5km pour s'y rendre ! Puis des kilomètres à pied pour rejoindre une station service afin de faire le plein d'un bidon d'essence, tout cela sous le soleil accablant du début d'après midi.
Ce n'est pas un lieu fréquenté par le tourisme et nous sommes dans la couleur locale. L'ambiance change quelque peu de celle que nous avons eu à Marie Galante et d'autres îles. On sent une certaine distance dans les regards où l'on ne peut que se sentir étranger. On répond tout juste à nos saluts, pas d'agressivité, mais on ne se sent pas vraiment les bienvenus.
Un type avec son annexe qui habite ici, nous expliquera que des problèmes de racisme existe entre les noirs et les Béquets qui ont le monopole économique. La ségrégation raciale est assez frappante, nous le constatons ne serait qu'un Dimanche où l'un des îlets n'est fréquenté que par les blancs et un autre par les noirs !!! Toutefois on peut comprendre que cette domination des blanc becs, encore aujourd'hui, avec tous les privilèges qui leur sont octroyés puissent peser aux noirs !!

Nous changeons de mouillage car celui-ci est trop protégé, il n'y a pas d'air. Nous retournons à l'entrée de la baie derrière deux îlets. Comme toujours nous sommes seuls, pas d'autre bateau !

Le 15/05
C'est l'occasion de découvrir ces deux îlots à pied, puis d'en faire le tour à la nage. Evidemment l'oeil du chasseur repère vite les spots à langoustes. Une fois par jour depuis un mois et demi nous mangeons des langoustes, alors on continue ce même régime qui nous convient parfaitement. Il paraît que c'est bourré de calcium. Aujourd'hui c'est notre centième langouste attrapée...





Marco a à présent la technique et rares sont celles qui lui échappe.
Il faut dire que depuis la Guadeloupe c'est devenu notre principale activité. Des heures durant nous plongeons, nageons, chassons et nous nous régalons.
Il y a toujours l'entretien quotidien du bateau à faire, notamment depuis quelques temps notre antifouling s'érode, il nous faut nettoyer la coque une fois par semaine avec raclette et éponge.
Les coquillages et algues s'accrochent à une vitesse incroyable et les petits crabes, puces des mers et autres parasites viennent s'y nicher.
Une occupation qui nous prend plusieurs heures. Après nettoyage de la coque, il faut procéder à notre propre nettoyage car cela nous gratte partout. Parasites et crabes se cramponnent à notre peau.

Nous venons d'apprendre la raison pour laquelle nous ne voyons plus aucun dauphin dans ces eaux ou très peu. Les pêcheurs de baleines de l'île Saint Vincent s'en prennent également aux dauphins et à force de se faire harponner, ceux-ci ont pris l'habitude de fuir les bateaux. Apparemment ils les chassent pour leur chaire, je ne savais pas que cela se mangeait ! De nombreuses pétitions tentent de mettre un terme à leur pratique. Saint Vincent est une île où les plaisanciers ne s'arrêtent même plus, trop de vols et d'agressivité... Nous n'irons pas.

Le 16/05
Nous mettons les voiles vers la baie du François plus au sud et sillonnons entre les reefs.
Les cartes nous aident à repérer les passes, les zones de déferlement et les couleurs aussi. Bon entraînement pour le Pacifique !!!
Là encore un joli décors s'étale sous nos yeux, une grande baie avec des îlets.
Derrière l'îlet la Vigne nous jetons l'ancre. On se croirait presque aux abords des berges d'un fleuve. La végétation dense embaume l'air, oiseaux et cigales viennent mettre une note musicale fort agréable. Encore un endroit paisible, sauvage, hors du temps. Lorsque l'air se fait moins brulant, nous savourons cet instant dans le cockpit en buvant une bière.


« Quelle chance on a d'être là, d'avoir du temps !!! »
Nous pensons à tous ceux pris dans le rythme effréné de la vie moderne, qui n'ont que quelques semaines de vacances par an... Et qui durant celles-ci courent encore car ils veulent en profiter à fond... Ils ne connaitrons peut être jamais des instants comme ceux que nous vivons, où le temps nous appartient et où nous lui appartenons !!!
Nulle fortune ne peut acheter celui-ci !!

Le 21/05
Nous venons de jeter l'ancre dans la bais de Saint Anne au Sud de la Martinique.
Cette côte Est se révèle être un plaisir des yeux, mais bien délicate à naviguer dans ses eaux.
Les passes et canaux étroits, les reefs et patates de corail à fleur d'eau, les bouées des casiers sont autant de pièges que nous tentons de franchir. Nous sommes en constante activité et devons nous tenir prêts à agir et rester en continu sur nos gardes. Mais ça y est, malgré quelques chocs de bouées sans gravité, on peut se relâcher.
Quelques jours entre ici et le marin, puis nous mettrons le cap vers les Grenadines...



22 au 26/05
Le mouillage du marin est sans grand intérêt hormis celui de pouvoir effectuer quelques ravitaillements. Nous allons une nuit à la marina pour remplir nos réservoirs d'eau.
Au ponton, notre voisin vient échanger quelques mots et nous demande quelle sera notre route future. En lui disant que nous comptons nous rendre aux Aves et Roques, il nous convie à ne pas nous approcher des côtes du Venezuela. Il nous narre ses aventures en ce lieu.
Sa femme et lui se sont fait attaquer par des pirates. Ceux-ci sont montés à bord, ont braqué une arme sur la tête à sa femme pendant qu'ils les dépouillaient.
«  Quand tu vois l'armement dont ils disposent et leurs yeux injectés de drogues, tu ne cherches pas à te défendre ! » Nous dit- il .
« Nous avons eu la chance qu'ils ne nous brutalisent pas, ce qui n'a pas été le cas du bateau à côté où une fusillade a eu lieu à bord sous nos yeux »
Ce ne sont pas les premiers propos que nous entendons au sujet du Venezuela, et c'est pourquoi nous allons faire en sorte de nous en écarter le plus possible, quitte à rallonger notre route.
Il est d'ailleurs conseillé de partir à plusieurs bateaux pour faire la route jusqu'aux Aves et Roques.
Sans devenir paranoïaque, il est bon d'écouter les conseils de prudence. Et de prendre certaines dispositions.

Les grains et les forts vents se poursuivent, nous patientons avant de partir à Sainte Lucie.
De belles marches le long des côtes, dans les forêts odorantes, recouvertes de crabes en pleine activité...












Nous regrettons le peu de contact avec la population locale, mais nous sommes en France et les relations ne diffèrent pas beaucoup. A moins d'être une femme seule et auquel cas un nombre insoupçonné d'admirateurs ne manquent pas de la solliciter.
A plusieurs reprises Marco me laisse aller faire des courses au marché couvert, je me retrouve inévitablement escortée par des blacks plus ou moins défoncés à l'alcool et autres substances qui m'invitent de toute part. Pas seulement pour boire un coup... S'en est agaçant, seule la venue Marco me permet de m'en dépêtré comme par magie.
Avis donc aux femmes célibataires en quête d'aventure tropicale! Relations garanties !

Le 29/05
Nous hésitons ce matin à partir pour Sainte Lucie, mais les rafales et le ciel chargé nous en dissuadent. Nous optons pour bricoler un peu. Je nettoie le mécanisme des wc, pendant que Marco change les cosses de la batterie quand soudain un bruit fulgurant vient retentir.
Je lève le nez et aperçoit l'étrave d'un bateau posé sur le notre. A la vitesse de l'éclair nous sommes sur le pont. Nous constatons les dégâts rapidement : notre chandelier est complètement plié, le rail de fargue défoncé. Un pauvre type seul tente de maitriser son engin pris dans une rafale. Son guindeau électrique de l'ancre s'est bloqué et on ne sait pas comment il a fait, mais il nous est bel et bien rentré dedans. Son bateau ripe et il est complètement perdu papi. Marco lui vient en aide en sautant dans l'annexe. Ils arrivent à jeter l'ancre et à mouiller ouf !!
Cela n'arrange toutefois pas notre affaire, faire un constat est toujours une procédure compliquée, impliquant experts et franchises.
Un billet de 100 euros stoppe les négociations. Nous passons la matinée à tenter de détordre tout ça, mais il faudra certainement changer le chandelier et faire redresser le rail ! A notre avis les 100 euros ne couvriront pas les frais, mais ce sont là encore les risques des mouillages !!



vendredi 26 avril 2013


                                                              Marco dans le futur



Le 23-24/04
A pointe à Pitre, nous louons une voiture afin d'aller faire quelques achats et chercher Loukia à l'aéroport.
Nous voilà lâchés dans un centre commercial démentiel , où néons, air conditionné, monde nous donnent le tournis. Abrutis par cet environnement, nous nous enfuyons sans avoir pu achever nos emplettes ! Nous récupérons ma fille, qui la veille encore passait ses partiels ! La température de l'air l'ouvre au parfum des vacances et les pieds sur le bateau finissent d'effacer ces dernières semaines contraignantes.
En route pour Marie Galante ! Pour une première sortie en mer c'est un peu agité : 20 nd, bord de près et petite houle. Loukia ne semble pas perturbée au contraire. Cette première navigation est saluée par des jets de baleines non loin du bateau, la houle, hélas, nous empêche de voir leur dos.
Christian (un pote rencontré à Porto Santo) est au mouillage il nous attend ! Thierry et Chantal sont encore là !


A l'arrivée en vérifiant l'ancre Marco tombe nez à nez avec 2 langoustes, pas de chance pour elles !!
Ce soir nous sommes invités sur le bateau de Christian, nous avons tant à nous raconter que nos papilles desséchées réclament de quoi s'hydrater!!!Le rhum local à 59°est bon, certes, mais dangereux. Il aura raison de moi !
Après quelques jours à Marie Galante, nous partons demain aux Saintes, Loukia s'acclimate parfaitement à notre vie à bord! Les coups de soleil éclairent ses épaules et son visage trop longtemps hiberné. Elle ne semble cependant pas trop apprécier de se baigner avec les méduses, elles sont pourtant très jolies !










Le 27-28/04

Quelques heures de navigation sous spi, puis au moteur faute de vent et nous voilà aux Saintes.
Une baie magnifique apparaît, encadrée de monts verts aux formes harmonieuses.
Les maisonnettes blanches avec leur toit rouge s’insèrent à merveille dans ce cadre.
Une forte houle est attendue, nous optons pour un mouillage à anse de Fideling en principe protégé. Nous nous rendons compte que finalement le mouillage du pain de sucre l'était davantage. Nous allons donc jeter l'ancre là bas. 


Loukia est impatiente d'aller explorer les fonds, elle préfère cependant être accompagnée. La crainte de rencontrer de gros poissons style : barracuda ne la met pas vraiment en confiance. Les fonds autour du pain de sucre sont beaux et poissonneux, un ravissement pour les yeux de ma fille qui découvre peu à peu cet univers.
Nous allons saluer en annexe, Maxence et Odile qui sont au mouillage des Cabris. Nous ne les avions pas revu depuis la Palma ! Ca fait plaisir de les revoir !












Le 30/04

Nous devions quitter les Saintes pour aller en Dominique ce matin, mais grains et orages annulent ce projet ! Nous profitons donc des Saintes en parcourant l'île à pied et en plongeant sur les sites où poissons et coraux rivalisent par leurs couleurs.
On essaye tous les mouillages ( pain de sucre, Cabrits, Marigaux, village) à présent que la houle s'est calmée nous avons le choix !
La joie de vivre de Loukia est communicative et l'on ne manque pas d'apprécier sa présence. Nous passons notre temps la tête dans l'eau ou à crapahuter sur les hauteurs des îles. Nous y rencontrons des cabris, des iguanes... la chaleur cependant nécessite d'y aller tôt le matin ou en fin d'après midi.










Une île agréable malgré le fait qu'elle soit assez fréquentée par le tourisme.










Du 1 au 6 /05
Ces quelques jours sur les Saintes sont bien agréables, cependant il nous faut penser au retour car Loukia va bientôt devoir prendre son avion.
Nous décidons de remonter passer les deux derniers jours à Marie Galante, histoire de se goinfrer encore une fois de langoustes et d'avoir un meilleur angle pour la prochaine navigation.
Le vent est léger nous tirons quelques bords de près au départ, mais très vite il tombe. Nous sommes contraints de mettre le moteur. On se croirait en méditerranée : pas un souffle d'air, l'eau est plate, lisse comme un miroir.. Le soleil de plomb nous matraque, nous pouvons heureusement nous mettre à l'ombre sous le taud. Marco voit deux queues de baleine, nous queue dalle !!
Loukia est à présent plus à l'aise dans l'eau et nous aide à repérer les antennes convoitées. Nous sommes la tête dans l'eau quand je la vois soudain palmer à l'allure d'un hors bord.
Elle relève la tête les yeux exorbités et me crie :
«  Hé !!! t'as vu l'ENORME poisson ? » je n'ai pas le temps de répondre que déjà elle a rejoint l'annexe.
Marco et moi sommes morts de rire. Ce n'est qu'un gros barracuda mais qui est venu la voir de trop près à son goût !!
Nous ramenons 10 petites langoustes pour le repas de ce soir.

Le 05/05
Il est temps de rejoindre Pointe à Pitre, une navigation de 20 miles vent doux, conditions agréables, nous sortons le spi. A l'approche de la Guadeloupe une rafale soudaine nous oblige à le rentrer en quatrième vitesse. En quelques heures nous sommes à la marina. Des English qui avaient heurté notre bateau lors d'une manœuvre au mouillage au Cap Vert sont nos voisins de ponton, ils nous invitent à l'apéro.
Le lendemain Loukia s'envole, nous avons fait notre plein de tendresse, sa joie et sa gaieté ont illuminé la vie à bord. Ma puce s'en va toute bronzée comme l'est mon cœur, rempli de ces doux moments partagés.
Ce séjour nous a fait du bien à tous ! Une petite bulle de bonheur....

le 07/05
Il nous faut à présent penser à se remettre en route ! Cap vers le sud : direction la Martinique...
Il fait très chaud, anormalement chaud depuis quelques jours, la température de l'eau a grimpé.
On sait que le facteur conditionnant les cyclones est la température de l'eau, au dessus de 28°c leur formation est probable et nous nous rapprochons de la saison propice ( début Juin).
C'est pourquoi nous allons descendre rapidement vers Grenade, qui est en principe zone hors cyclonique. Nous ne savons pas encore ce qui nous attend côté températures ici déjà il fait plus de 30°c la nuit à l'intérieur du bateau , la journée on n'en parle même pas!! On espère que plus au sud on ne va pas mourir desséché sous le soleil!!

Les pleins sont fait : pétrole, eau, nourriture, moral....
Un vent de 15 nœuds nous éloigne doucement de la Guadeloupe, toutes voiles dehors c'est repartit  sur un bord de près!!!
On ne résiste pas à faire une halte pour la nuit à Marie Galante, nous sommes vraiment amoureux de cette île ! Et l'on ne résiste pas, non plus, à plonger dans l'eau chaude prendre notre repas pour ce soir ( 3 langoustes) et ce juste à côté du bateau sous la dalle aux Vallain ( des potes qui avaient mouillé leur cata juste au dessus!!)

Le 08/05
Toute l'île de Marie Galante est réunie à port Louis pour des compétitions diverses : natation, kayak, voile... C'est une journée très animée !
L'eau est d'une clarté saisissante aujourd'hui, une invitation pour aller traquer nos mets favoris !
Nous regagnons notre spot plus au Nord avec l'annexe et armés de notre attirail : masque, palmes, ceinture de poids et fusil nous allons traquer la langouste.
L'eau est à 28°c voire plus et pour une fois je plonge sans combinaison tellement l'eau est bonne !
Marco chope un truc très étrange que je n'ai jamais vu.
C'est une cigale des mers et il m'affirme que c'est délicieux ! ( et ça l'est effectivement).
Nous complétons notre repas du midi avec deux langoustes.
Un petit créneau météo se présente à nous pour partir sur la Martinique, après des orages et de la houle sont prévus.
Nous levons l'ancre à 15h, nous ferons ainsi une navigation de nuit de 80 miles et arriverons de jour.
Quelques manœuvres de voile sont nécessaires au départ car le vent est inconstant, mais il finit par s'établir à 15 nœuds et nous pouvons sortir toute notre toile. Nous apprécions toujours d'être à nouveau sur l'eau, c'est le calme, la plénitude, surtout lorsque la mer est clémente.
Bon ! on se colle encore du près mais nous n'avons pas à tirer de bords.
Nous écoutons le bulletin météo du soir, les choses se corsent car on annonce l'arrivée de grains d' orages et houle plutôt que prévu c'est à dire cette nuit.
Nous sommes à hauteur de la Dominique au vent de l'île et pas de mouillage possible surtout de nuit sans connaître le lieu. Pas de clair de lune non plus !
Nous avions prévu de faire la côte Est au vent de la Martinique ( plus sauvage et moins fréquentée). Seul hic, cet endroit est exposé à la houle et pour mouiller il faut rentrer dans des passes entre des patates de corail, cela nécessite une bonne visibilité . Les prévisions ne nous enchantent guère et pour ma part l'idée de faire demi tour non plus !
Le capitaine opte cependant pour un retour à Marie Galante, la prudence est toujours de mise !.
On se colle à nouveau 20 miles dans l'autre sens. L'approche de Marie Galante est quelque peu délicate du fait que l'île est encerclée de bouées de pêche. Déjà de jour cela nécessite une grande vigilance, alors de nuit...
Marco est posté à l'avant du bateau avec sa lampe torche tentant de percer le rideau nocturne.
Moi à la barre me tenant prête à des changements soudain de cap.
« Attention une bouée !! Vas à tribord, plus, plus !! on l'a évité de justesse ! Là, à bâbord toute !!»
Nous slalomons ainsi, au milieu des bouées, des Balaous en plein vol et poissons volants.
A minuit l'ancre est posée dans la baie de Saint Louis et les bras de Morphée nous attendent.
Marie Galante nous retient encore...




mardi 26 mars 2013

                                       Le 07/04 ANSE DESHAIES A MARIE GALANTE

Comme dit Marco «  Il s'est fait défoncé la gueule par le dentiste durant trois jours à raison de 2h à 3h par séance. » Des travaux de bouches qui auraient pris quelques mois en métropole ont été bouclés en ce cours laps de temps, non sans souffrance !
Cependant au réveil Marco le gueule en biais semble près à naviguer.
Nous longeons la côte ouest vers le sud , pour rejoindre Les Saintes à 30 milles de là.
Naviguer sous le vent de l'île n'est jamais facile à cause des déventes, surventes liées au relief et là en prime des grains !
Les manipulations de voiles commencent entrecoupées de mise en marche du moteur.
Evidemment pour simplifier l'histoire on a le vent de face et qui bascule selon son humeur.
Marco va faire passer le bas du génois par dessus la filière, quand je le vois soudainement se figer.
«  Putain non pas çAAAA ! » Il crie, il jure, il râle...
«  Mon dos !!! »
Il vient de se bloquer le dos . La mémoire de l'an passé de cette hernie discale qui l'a bloqué plusieurs mois surgit instantanément !
Le moral tombe, hélas pas dans ses chaussettes car il n'en a pas mais dans l'eau !
«  Ben voilà ! le voyage s'arrête là ! me dit il !! »
Il gagne sa cabine pour y rester allonger le restant de la journée.
Bon bon ! Ben avant de penser à après, il faut déjà penser à ramener le bateau quelque part !!!.
Je prends les commandes du navire gérant les rafales de 30 nœuds, les déventes, les bouées des pêcheurs, roulant le génois, hissant la grand voile...Tout ça avec mon inquiétude pour Marco, le soleil de plomb et ce vent de fou !

Et voilà pas qu'en plus un sac en plastique bleu s'est pris dans la ligne de traîne.






En la ramenant je m’aperçois que c'est une coryphène ! Ce genre de poisson à la particularité de pouvoir réveiller un pêcheur mort, c'est tout au moins ce que je constate lorsque je crie :

« Une coryphène !!! »
Marco sort de son lit tout tordu et chope le crochet ! Il embroche sa proie et la met dans le bateau. Mais elle arrive à se défaire par des mouvements prodigieux et retombe dans l'eau !
Moi, je n'ai pas lâché la ligne et j'arrive à la ramener, deuxième coups de crochet cette fois on la tient ! Elle fait 1,05m. De la couleur bleue , elle vire au jaune une fois morte! Elle nous donne des occupations pour un moment comme si nous n'en n'avions pas assez ! Mais nous savons cependant apprécier ce cadeau de l'océan , qui vient colorer notre moral, cela faisait bien longtemps que nous n'en avions eu!


Je vois bien que Marco n'est pas bien, sa rage et son désespoir doivent être vidés, alors comme il n'y a que moi autour ;  pas de chance : c'est sur moi que ça tombe.
J'encaisse ses réflexions et sa mauvaise humeur tout en m'affairant à la cuisine, au poste de pilotage en gérant le bateau du mieux que je peux.
A 16h on se rend compte que l'on arrivera jamais aux Saintes avant la nuit ; nous optons pour une arrêt à la marina de Rivière sens.
Pas de place à la marina évidemment ! On se met au ponton gasoil, on a pas le choix et on décampera avant 6h du matin.

Marco est pessimiste quand à la suite des évènements par rapport à son dos.
Pour ma part ,je pense que c'est une petite rechute liée à la fatigue et à son matraquage de dents, le fait d'avoir porté les bidons de 30 litres n'a pas dû arranger les choses c'est sure.
Plutôt que de se faire du mouron pour la suite, mieux vaut qu'il commence par ingurgiter des anti- inflammatoires, décontractants et qu'il reste allongé, du repos ! On verra après !
Du repos moi aussi j'en ai besoin, je suis exténuée !
Le soir des pêcheurs viennent accoster près de nous et déchargent le fruit de leur pêche.
Le premier ramène un Marlin de plusieurs mètres découpé en 4 tronçons énormes, avec Deux coryphènes.
Le deuxième ramène 63 coryphènes de la taille de celle que l'on a pêché : c'est à la limite du décent !!

Le 08/04
A 5h du matin nous sommes debout il faut décamper au lever du jour. Les cachets ont l'air de faire leur effet, Marco peut se tenir debout et marcher un peu. Je l'oblige à mettre ma ceinture spéciale dos. Il peut rester un peu assis dans le cockpit et m'aide comme il peut. Cette fois c'est moi qui me colle ce qui nécessite de la force. (C'est bien d'ailleurs d'échanger de rôle pour réaliser ce que fait l'autre). Cela confirme le fait que je ne me vois pas mener seule le bateau et que le coco a intérêt à être sur pieds rapido !!! Mes petits bras ne font pas le poids !!
C'est repartit pour du près serré, une succession ininterrompue de grains donc de rafales ( on enregistre l'une d'elles à 31 nœuds), une mer dégueulasse... Une navigation pourrie de 10h pour faire 20 milles !! c'est épuisant !!

Seules deux baleines à bosses viennent illuminer notre journée à plusieurs reprises  dans le canal des Saintes.
Nous assistons même à 3 sauts d'une d'elles ! Tout à fait extraordinaire !
Ayant raté Max et Odile aux Saintes, on rejoint notre pote Didier à Marie Galante.
Nous espérons pouvoir nous poser quelques jours afin que Marco récupère !
Et moi aussi car je suis épuisée depuis quelques jours.
Nous retrouvons Didier apéro sur son beau catamaran très design de 50 pieds avec confort intégral !: douche chaude, machine à laver, home cinéma, cuisine intégrée... On a même jamais eu une maison comme ça ! 
                                                   Nous voilà à Marie Galante!!


Du 09 au11/03
Marco va mieux, les anti-inflammatoires agissent et aussi la perspective de la pêche à la langouste.
Il part avec Didier sur un spot un peu plus loin en annexe.
Quant à moi, je suis à plat malgré les 12 heures de sommeil ( je dois faire une chute de tension car je suis limite à tomber dans les pommes) néanmoins, je pars nager pour tenter de me sortir de cet état de fatigue. En nageant je repère une dalle de corail et des antennes ! Pas de doute ce sont des langoustes !!! 


Petit resto flottant c'est pas mignon?
A midi, nous mangeons tous ensemble aussi je prépare la coryphène au lait de coco, gingembre, citron ( une recette du tonnerre). Les gars reviennent avec 4 à 6 langoustes chacun, le sourire aux oreilles ! Enfin des langoustes !!! nous nous désespérions! Apparemment il semble qu'ici il n'y ait qu'à plonger entre 5 à 10 mètres pour les ramasser, il faut juste trouver leur cachette qu'elles partagent avec les murènes et savoir utiliser le fusil de chasse sous marine !

Je pense que nous allons rester un moment par là ! Nous aspirons à ne plus bouger durant quelques temps, je crois que l'on sature de naviguer en permanence !
En plus l'endroit est tout à fait charmant  pour se poser un peu!


Une île sans hauts reliefs, aux senteurs campagnardes, on y cultive la canne à sucre on y fabrique d'ailleurs le meilleurs rhum des Antilles ! Il y a de belles forêts, de beaux sentiers qui longent la côte et sillonnent l'intérieur, de longues plages avec des cocotiers.
Les petits villages sont assez roots voire d'aspect un peu délabré, mais l'atmosphère est douce et agréable.








Il y a surtout beaucoup de langoustes....

Nous allons donc explorer les fonds et repérer leurs planques et les choper.
Depuis notre arrivée chaque soir on se fait une ventrée de langoustes ! C'est bon semble t-il contre le mal de dos et la fatigue, car nous allons de mieux en mieux !!




Du 8 au 14/04
Une visite de l'île s'impose : nous louons une voiture pour en faire le tour. Décidément cette île est douce par ses contours et paysages, par la gentillesse des gens. Il se dégage une atmosphère tranquille.
Nous explorons également l'île à pied en empruntant des sentiers se faufilant à travers les champs de canne à sucre, les forêts, le long de la côte... Le seul problème est la chaleur accablante et ma fatigue récalcitrante que je traîne depuis 10 jours !


Thierry et Chantal des potes de Sète qui ont un catamaran nous retrouvent au mouillage. Les soirées apéro reprennent bon train !
Marco emmène Thierry à la pêche à la langouste, ils en ramènent 14 ! De quoi se faire une bonne ventrée  à partager avec d'autres bateaux , ça tombe bien il y a quelques anniversaires dans l'air!!
Nous avons de nouveaux voisins au mouillage arrivés hier, ils ont pêché un Thazard d'1,60m, ils nous en donnent un tronçon de plusieurs kilos ! Décidément nous ne mourrons pas de faim à Marie Galante !




Le 17/03
Chaque jour nous allons chercher à manger dans notre vivier naturel et ramenons quelques langoustes!
Je repère où elles sont et c'est Marco qui les tire au fusil.
A force de le regarder faire, je me dis que ce n'est pas bien compliqué; alors je prends le fusil, plonge, trouve une pauvre langouste dans un trou qui me regarde droit dans les yeux et tire! platch! je la sors du trou et remonte. Voilà ma première langouste flinguée! Pas d'émotion particulière, le pire c'est que je pense récidiver!

Ma sœur Ophélie m'envoie des photos de mon anniversaire auquel je n'ai pas assisté ! Sur celles-ci je peux voir que toute la famille est réunie ( fait exceptionnel) ha non ! Je n'y suis pas ! Et qu'ils s’empiffrent de bons gâteaux ! Ca c'est une idée originale qui me touche...
Les douces pensées ne sont pas soumises à l'espace temps et mon cœur chante avec eux...

Il est tellement plaisant de voir qu'ici le temps n'est pas compté pour échanger quelques mots. Du vieux pêcheur retraité qui construits des casiers sur le bord de la plage, au boulanger, à la caissière... ils ne sont pas avares d'échange et de gentillesse.
Aujourd'hui il pleut, la température a chuté à 26°, je rentre faire quelques emplettes dans l'épicerie
la caissière me reconnaît et me dit :
« queski fait fouad !! »
« Hein quoi ? Vous avez froid ??
« Non, j'ai pas fouad je suis congelée !!! me répond elle avec le plus grand sérieux.
La conversation s'engage naturellement, elle nous parle de la vie de l'île, de la sienne...
Je me rappelle que dans les landes la boulangère que je voyais tous les matins depuis plus de 10 ans me disait :
« Bonjour madame ! Qu'est ce qu'il vous fallait ! Un euro vingt ! Merci ! au revoir ! »
Une relation très limitée et qui malgré toute ma bonne volonté n'a guère pu aller plus loin.

Le 22/04
Aujourd'hui la pluie et les orages se calment, heureusement car nous devons remonter à Pointe à Pitre.
Ma fille arrive demain! Quelle joie !
Nous rejoignons la marina en quelques heures sur un bord de travers avec un vent de 15 à 23 nds. C'est l'occasion pour faire les pleins : d'eau, de gaz, essence, nourriture... et et...... de prendre enfin une douche, une vraie ! Cela faisait quatre mois et demi que nous n'en avions pas pris !!!
Nos voisins de ponton, nous ont informé que de gros rats se baladent dans le quartier et montent parfois sur les bateaux. Alors par précaution nous singeons ce que font certains : couper des bouteilles en plastique et les enfiler sur les amarres. Un genre de piège qui roule et qui marche parait-il!
Nous retrouvons des connaissances et passons la soirée sur un autre bateau. L'un d'eux nous raconte ses aventures avec une baleine qu'il a percuté récemment, il s'en tire avec peu de casse si ce n'est une côte pétée dans le choc! Ce genre d'incident semble fréquent quand ce ne sont des attaques...
Gare aux baleines !!!














Le 02/04
A anse Deshaies, il semble que nous soyons ici pour quelques jours vue les forts vents.
Aujourd'hui de violentes rafales à 35 nœuds viennent secouer les bateaux.
Certains d'entre eux dérapent et doivent rapidement agir sous peine de heurter d'autres voiliers ou de dire au revoir à leur embarcation !
Au mouillage dès que le vent forcit nous restons à bord, nous tenons à ce que Tidoudou nous emmène dans le Pacifique, nous ne voudrions pas le voir finir échouer dans les rochers !
Le mouillage c'est bien, mais cela nécessite d'être vigilant en permanence.
Hier le vent a n'a fait que tourner et notre voisin s'est dangereusement approché de nous. Heureusement celui-ci était à bord et a pu agir en conséquent !
Le mouillage est un lieu parfois animé selon les fréquentations et parfois des scènes drôles ou dramatiques s'y déroulent.
Une scène me revient :
Nous sommes à Antigua au mouillage d'English Arbour, lieu très fréquenté car c'est là où l'on doit faire l'entrée et papiers et c'est une baie bien abritée.
Il n'est pas facile de trouver une place et cela nécessite de s'y reprendre parfois à plusieurs fois pour ne pas être trop proche d'un des bateaux.
Nous trouvons quand même notre place non sans mal !
Le lendemain nous voyons arriver un bateau de location Sunsail, du coup nous nous en méfions.
L'expérience nous a montré que les bateaux de location étaient potentiellement dangereux.
Bien souvent les occupants n'ont que peu d'expérience et ils font parfois n'importe quoi, s'en fichant un peu du matériel qui ne leur appartient pas !
Nous sommes sur le pont ouvrant nos paris avec Marco pour savoir là où ils vont se mettre.
Une équipe de 8 paires de bras cassés Allemands arrivent un peu vite ! Ils décident de se mettre à un endroit tout à fait improbable. Le spectacle commence tout le monde est au balcon, pressentant de l'animation !
Ils jettent l'ancre, le bateau commence par partir sur le côté cognant un bateau moteur au passage, puis en tentant de s'écarter,de l'autre côté il rafle un voilier ! Les pauvres allemands courent dans tous les sens, hurlent et tentent de parer les chocs ! Mais le capitaine est en panique ! Il décide un peu tard, de relever l'ancre et part en marche arrière. Le nez du bateau se fait prendre par le vent et se dirige sur un voilier où une brave mémé à l'avant de son bateau s'apprête à défendre son bien!
Entre temps leur ancre tombe du pont et vient se fracasser sur leur coque.
Six des allemands viennent repousser le bateau de mémé qui échappe de justesse au carnage !
Tous les yeux sont braqués sur eux, certains remerciant le ciel de ne pas avoir été la cible, d'autres en état d'inquiétude sur la suite des évènements !
Nos pauvres Allemands la queue entre les jambes décampent rapidos mais pas discrétos  ! Espérant je pense trouver une place au port voisin !!
Il y a parfois de quoi bien rigoler, mais parfois moins surtout quand on en fait les frais !!!

Depuis plus de 5 mois Marco souffre des dents, enfin l'occasion de se faire soigner ! Le dentiste est atterré, il se demande comment il a pu rester avec une dent pétée en 2 avec le nerf à vif dessous, plus un problème de racines sous une couronne, plus... Bref Marco passe ses journées la bouche ouverte à se faire charcuter, (parfois 2 rendez -vous dans la même journée de plusieurs heures) !!!

Trouver de l'eau est toujours problématique ! Même ici au village! Nous avons finit par trouver un robinet près d'un terrain de tennis à chaille les Moulineau. Avec notre jerrican de 30 litres, nous nous collons des allers-retours à pied, en annexe jusqu'au bateau afin d'avoir un peu d'eau dans notre tank.
En ce qui concerne la lessive on oublie : pas de laverie, pas de lavoir. J'ai bien tenté de laver quelques culottes sur le bord du tennis, mais cela ne semble pas l'endroit approprié !
La douche ? C'est quoi ça ? Trois mois qu'un jet ne nous a effleuré la tête !
Heureusement que nous avons un savon à l'eau de mer pour se laver. On s'accorde grassement 3 gouttes d'eau douce pour se dessaler, un luxe  !

Le dessalinisateur serait la clef pour résoudre ce problème d'eau, mais l'achat d'un tel appareil est trop onéreux.
La notion de confort se voit modifiée sur un bateau, c'est un peu du camping !
Mais le soleil est là pour éclairer le charme spartiate de la vie à bord.


Nous avons eu la visite de notre pote Didier de Sète . Il a son catamaran à Saint François, nous allons nous rejoindre dans quelques jours à Marie Galante. Ca fait plaisir de revoir des bouilles que l'on connait ! Il connait des coins à langouste et je suis sure que Marco arrivera par les sentiments ou la force s'il le faut à se faire emmener sur les lieux des délices !
Sur le chemin de Marie Galante un petit stop aux Saintes pour revoir Max et Odile rencontré aux Canaries ! Les chemins se croisent, s'éloignent et se rejoignent. C'est sympa !

Depuis notre arrivée en Guadeloupe, nous avons droit à des nuages, des grains et averses et un soleil voilé ! Nous apprécions réellement ! Cela paraît fou ! Mais nous avons tellement ramassé de soleil que notre corps aspire à ne plus être exposé aux rayons crématoires !! Tout au moins un peu de repos pour la peau....








ANGUILLA _ GUADELOUP traversée
Du 27/03 au 30/03













Anguilla
La seule épicerie du coin a dû être dévastée par une guerre ou un cyclone ou ??? car les rayonnages sont vides de chez vide, quelques boites de conserves se battent en duel.
Depuis 3 jours le frigo, lui aussi est atteint de la même misère, pour notre dernier soir (une fois n'est pas coutume), nous allons manger au restaurant sur la plage !
Vue la carte restreinte, je me laisse tenter par un poulet grillé, Marco prend un hamburger maison.
La première bouchée me surprends un peu et m'oblige à une inspection de mon assiette. Poulet ça ?
La cuisse a deux articulations, des os étonnants ! Et là un souvenir de la Grèce frappe mon esprit :
« C'est du chat !!! goûte ça... »
J'ai beau lui assurer que c'est loin d'être mauvais Marco ne veut même pas y goûter !
Cela a beau ne pas être mauvais, une fois que l'on imagine ce que l'on mange c'est difficile de garder l'appétit ! Minou ! Minou ! J'abandonne la cuisse sur le côté de l'assiette malgré mon ventre qui gargouille ! Marco s’empiffre de son hamburger (mais le regretta le lendemain lorsqu'il sera pris de maux de ventre... ) Super le resto !!!

Le ?/03 le lendemain( je vois que j'ai dû me tromper dans les dates)
Nous cherchons les douaniers car ils ne sont pas à leur bureau pour faire notre sortie.
On nous envoie au port commercial où l'on finit par trouver une personne qui nous fait notre clearance.
Le temps est gris aujourd'hui et de gros grains se pointent. Après avoir attendu, on se décide à partir vers Saint Martin. Sous le vent de l'île nous hissons toutes nos voiles !( Je veux prendre un ris par prudence, mais Marco me rappelle que je suis une chochotte!!)
Très vite des rafales nous obligent à prendre la barre car ça force trop. Un bon coup de gîte prononcée, une latte pétée, tout qui vole à l'intérieur, une engueulade au passage nous décide enfin à réduire la toile.
Nous arrivons au Sud de l'île et le vent monte encore ! Cette fois on prend le 2eme ris et on met la trinquette. La houle forcit et une vague passe par dessus le bateau et se déverse à l'intérieur de l'habitacle : par les hublots, par la descente ! Tout est inondé, l'ordinateur nettoyé à l'eau de mer et j'en passe.... Le vent évidemment en pleine face !!
Ces quelques heures de navigation ont été très pénibles.
On mouille dans la baie de Marigot pour aller faire des courses car on a plus rien !
Et là que trouve-t-on ? Un super marché Français avec pleins de trucs complètement fou !!On en revient pas !!
« Regarde de la ricorée !! et là du chocolat, des yaourt comme j'aime, et même même du fromage, du saucisson...... On est comme des gamins privé depuis des mois de bonbons ! On se charge de tout ce que l'on peut porter, excité à l'idée du goinfrage que l'on va se faire !!!
Et effectivement c'est rien de le dire, quel régal !!!!
Cela serait le bonheur total si nous avions mouillé un peu plus loin, car il s'avère que nous sommes sur l'axe d'un passage de bateaux à moteur. Ceux-ci déboulent à fond la caisse et passent à 5 mètres de nous, nous emplissant les oreilles et laissant derrière eux des ondes ( des vagues) qui reversent tout ce qui se trouve sur une surface plate ! Nous nous accrochons à nos assiettes !!!



Le 28/03

« Bon ! y va en Guadeloupe ou pas ? »
« Aller ok cette fois c'est partit !!! »
10 à 15 nœuds de vents, mer calme, toutes voiles dehors ça glisse............
Enfin une navigation douce, une nuit idéale, une lune ronde traçant un sillon de lumière à l'avant du bateau. Nous arrivons à maintenir notre cap sur un bord de près assez serré, mais le vent tournant peu à peu nous prenons l'allure du bon plein.





                                                                                                           Bateau genre felouque

Des passagers clandestins nous accompagnent. Un oiseau des mers se pose sur notre panneau solaire pour y passer une nuit à l'oeil.
Le lendemain un autre vient se percher à l'avant du bateau et fera le restant de la route avec nous ! Parfois il tournoie autour du bateau, plonge et revient sur son perchoir en notre compagnie !!




                                                                                                             



Nous arrivons après 30 heures en Guadeloupe à anse Deshaies à l'Ouest. Une petite baie abritée aux pieds des collines pointues verdoyantes. L'endroit est charmant un petit village aux allures Créole :
des habitations colorées, une douceur ambiante...
A 18h30 nous sombrons dans un sommeil profond durant 12h.
Ces courtes navigations d'un ou deux jours sont toujours très fatigantes. Nous ne dormons quasi pas, pas le temps de prendre un rythme !!
Nous voilà donc pour plus d'un mois autour de la Guadeloupe car ma fille Loukia va venir nous rejoindre le 23 Avril durant 15 jours ! C'est du bonheur ! En attendant nous allons repérer les jolis coins ex : Les Saintes, Marie Galante....
Et peut être prendre le temps de se poser un peu quelques jours! Car depuis des mois nous ne faisons que naviguer, naviguer, naviguer ( même si ce sont de courtes navigations cela devient fatiguant!!!)


Nous éprouvons un certain plaisir à entendre parler Français à ne plus avoir à faire d'effort pour comprendre ou s'exprimer ! Tout est tellement facile !
Nous nous régalons à retrouver les bons produits français , nos papilles, elles, retrouvent le plaisir de manger et non simplement de se nourrir .















Le 24 Au 27/03 TRAVERSEE ÎLES VIERGES- GUADELOUPE


A ce mouillage nous retrouvons aussi notre copine la grosse tortue, nous saluant à ses apparitions.
Hélas nous assistons à son kidnapping sous nos yeux. Un pêcheur l'a prise dans son filet et la remonte discrètement à bord (non sans mal vu le poids de la mémère). Nous nous attendons à ce qu'il la relâche mais non, l'enfoiré, il va la manger !!!
Il part à fond la caisse avec son larcin !
Nous nous consolons en gavant de pain Sharky, au moins lui il ne l'a pas pris !!


Le 25/03

En route ! Lever tôt, on quitte cette fois définitivement les îles Vierges : direction la Guadeloupe.


15 nœuds de vent d'Est ! C'est pas génial au niveau de la direction, mais cela aurait pu être pire si c'était Sud Est. Donc il nous faudra faire du près très serré  durant 200 milles.
Toutes voiles dehors, on retrouve le plaisir de la haute mer. Cependant nous accusons une sale houle de nous ralentir, voire de nous stopper. Mais nous pensons pouvoir tenir notre cap sur un bord si le vent ne tourne pas.
Nous avons en plus un courant de face ce qui fait que l'on se traîne un peu ! Mais bon tant que l'on a pas à tirer des bords...
Nous attrapons un petite bonite blanche, enfin ! Nous allons manger à nouveau du poisson !
Un barracuda veut lui aussi être mangé, mais lui on le remet vite à l'eau ( il n'est pas beau, mais surtout infesté de ciguatera)
La nuit tombe doucement, une moitié de lune dispense sa clarté sur l'eau.
Nous commençons les quarts et je fais le premier service !
L'air tiède, les étoiles, le grand large ont quelque chose d’enivrant. La gîte est cependant bien prononcée et la houle secoue bien le bateau, les joies du près !!!
Marco prend la relève, mais très vite le vent refuse à hauteur de Saba et nous oblige à virer de bord.
Le vent a tourné Sud Est la merde quoi !!!
Je regagne ma couchette et laisse Marco à sa réflexion.
Quelques temps plus tard il vient me gratter les pieds et me dit :
« Bon ! soit on vire à nouveau de bord et on enchaîne virements sur virements, soit on peut rester sur cette route et on va à Anguilla ! »
« Anguilla ? on connait pas ! Ok on va à Anguilla !!! et sur ce je referme les yeux.

Le 26/03
Nous arrivons à 11h soit 26h de navigation ; les yeux plein de sommeil à Anguilla.
Pour naviguer autour des îles et mouiller il faut un permis. Nous le prenons pour 2 jours ne connaissant pas les tarifs. On se fait assaisonner de 100$ ! Heureusement que l'on a pas pris plus !

Le 27/03
Cap sur Prickly Spear, une petite île au large.
Une merveille ! En plus le seul bar resto est fermé le Lundi c'est parfait ; l'île est déserte !


On peut même se prélasser dans les transat. Sous un arbre une nuée de petits oiseaux peu farouches viennent piailler tout près de nous, espérant que l'on leur donne quelques miettes. On se croirait au paradis..... Le lagon est d'une couleur des plus intense, les cocotiers magnifiques.... Ouaou ! C'est comme ça que j'imagine le Pacifique...


Une petite plongée s'impose sur le reef, nous plongeons de l'annexe. Je me rends compte très rapidement qu'il y a un sacré courant !
Mais Marco me dit !!
«  Allez fais pas ta chochotte, tu palmeras un peu plus et on va pas très loin ! »
La chochotte ne se dégonfle pas, tout va bien à l'aller, nous sommes poussés ! On nage un moment avec une tortue. Une fois au rocher il nous faut faire demi tour et là les choses se compliquent !!
Sans les palmes juste en utilisant les bras de toutes mes forces je fais du sur place. Avec les palmes en forçant comme une malade je gagne du terrain au ralenti !!
Il n'y a effectivement que quelques centaines de mètres pour rejoindre l'annexe ! Vous pouvez imaginer mon état à l'arrivée!! La chochotte te remercie Marco !!!

Le 28/03
En route vers little bay un peu plus au Nord, qui fait partie de la réserve naturelle !
Quelques falaises entourent une crique de sable, l'endroit est charmant, hélas il y a déjà pas mal de monde ! Nous optons pour l'exploration des fonds et des cavernes sous marines, là il n'y a personne hormis une raie léopard, des tortues et des poissons... Les coraux sont morts et c'est un peu triste !



Début d’après midi on va à Sandy Island, comme son nom l'indique c'est une petite îles de sable blanc avec 5 cocotiers entourés d'un lagon.
C'est aussi un endroit fréquenté, mais à l'heure qu'il est, les bateaux s'en vont, on est donc peinards pour faire notre petit tour d'île ! En 5 minute c'est réglé, c'est tout petit, très original toutefois !

Nous allons quitter Anguilla après demain, peut être encore quelques escales avant de rejoindre la Guadeloupe !!!