mercredi 20 juillet 2016

Du 7/07 au 20/07/2016 MAKEMO-TOAU


L'ancre est levée, nous traversons le lagon pour rejoindre la village. En 3h nous y sommes. Les provisions commençaient à arriver en bout de stock et par chance le bateau ravitailleur est à quai !
Nous ne tardons pas à aller dévaliser le magasin, nous tombons sur un trésor : des légumes : carottes, choux et pomme de terre ! Nous nous accordons une nuit au mouillage du village sachant que demain, nous devons impérativement partir car à nouveau un coup de vent est prévu.
La navigation dans le lagon nécessite toujours beaucoup de vigilance et le ciel gris, chargé, ainsi que la pluie, ne nous aide guère à déceler les couleurs nous permettant de voir les patates de corail. Néanmoins, nous arrivons au lieu prévu après 6h de navigation. Une langue de corail devrait nous protéger du vent du Sud Est annoncé. Malgré le ciel s'obscurcissant, nous allons à terre nous dégourdir les jambes et repérer le reef côté océan en vue d'une chasse à la langouste. La forêt est très dense et plus importante que nous le pensions, il nous faut plus de temps que prévu, aussi lorsque nous arrivons face à l'océan, nous constatons que nous sommes cernés de barres noires menaçantes. Le coup de vent accompagné de grains se préparent. Nous devons regagner le bateau au plus vite, nous optons pour le tour de la cocoteraie au pas de course. Les cocotiers s'agitent sérieusement et l'eau frissonne. Nous courrons à présent le long de la plage pour rejoindre l'annexe car le vent est là, mais pas dans le sens que nous l'attendions. Le bateau a tourné, il est cul aux patates et à la plage, sans aucune protection : mauvaise posture si l'ancre dérape... Nous sautons dans l'annexe qui doit affronter les vagues qui se forment et les rafales qui menacent de la retourner. Sitôt arriver à bord, on s'active :
  • remonter au plus vite le moteur de l'annexe au cas ou celle-ci se retourne
  • préparer l'ancre de secours
  • plonger pour démêler la chaine qui s'est enroulée autour des patates
  • sécuriser tout ce que nous pouvons car les vagues passent à présent, par dessus le pont
Nous sommes très inquiets car la barrière de reef ne nous protège en rien et nous ne savons combien de temps la chaîne va pouvoir supporter les violents impacts. La pluie et le vent se déchaînent, tout est noir autour de nous. On est pris au piège sans autre solution que d'attendre et surveiller. Les heures sont longues... On se fait secouer au point d'en avoir l'estomac renversé.
Heureusement dans la nuit peu à peu l'intensité diminue et au matin le calme est revenu comme par enchantement ! OUF !
En regardant le paysage, et le soleil radieux on a du mal à croire que quelques heures avant seulement, on vivait l'enfer...
Deux jours plus tard, un créneau exceptionnel s'offre à nous pour mettre les voiles vers Toau. Dès que le soleil est levé, on rejoint la passe qui se trouve à 20km.
La chance semble nous sourire car nous évitons, à 2 mètres près, une patate de corail qui aurait pu sérieusement endommager le bateau ! Nous franchissons la passe presque sans courant au moment parfait de l'étale. (Pour une fois on sort tout en douceur !). Et les conditions de navigations durant 32h sont de l'ordre du parfait : vent de 15 nœuds bien établit, mer calme... De l'exceptionnel ! Et pour couronner notre arrivée : nous attrapons une coryphène ! Mais là, la chance estime peut être nous avoir suffisamment gratifiée car en tentant de la remonter, elle se décroche sous notre nez ! Voyant au loin une escadrille d'oiseaux, nous allons vérifier si la chance traîne encore un peu, en faisant un petit détour vers eux.
Et Bingo ! ça mord sur les 2 lignes !!! C'est le gros lot ! Tellement gros que nous n'arrivons même pas à les remonter. Nous sommes devant l'enclave où se trouve le mouillage, avec nos deux gros poissons accrochés, plongeant, se débattant, on a l'air malin ! Cette fois, Marco s'arme de gants, les muscles blindés, il arrive peu à peu à tirer sur l'un des fils de nylon. Non sans peine, on bascule l'énorme thon jaune dans le cockpit. On l'assomme rapidement. Nous voyons un gars, un local arriver avec son bateau moteur, on lui fait signe afin qu'il nous aide à remonter le deuxième. Nous sommes contents de pouvoir se débarrasser de ce mastard et Gaston est bien content de le garder...
On arrive à la bouée les pieds baignant dans le sang, avec du pain sur la planche, mais contents !


Cette fausse passe est prisée par les navigateurs car il n'est pas nécessaire de rentrer dans le lagon ( pas de passe à franchir) et de plus elle est bien abritée. Les bateaux y font souvent escale lorsqu'ils font la route Marquises- Tahiti. C'est aussi un lieu de plongée renommée, c'est d'ailleurs ici, que Bourgnon ( navigateur ayant gagné la route du Rhum) a trouvé la mort l'année dernière, disparu en plongeant.
En arrivant, nous sommes surpris de voir autant de bateaux ( 10), nous, qui généralement sommes seuls, on se croirait débarqué en pleine civilisation ! Cependant, c'est de courte durée car le sur-lendemain presque tous les bateaux lèvent l'ancre.
Nous retrouvons avec plaisir barbichette, le papy avec qui nous avions bien sympathisé l'année dernière autour de verres de pastis. C'était la première fois qu'il en buvait et nous avait déclaré qu'il n'avait jamais rien bu d'aussi bon de toute sa vie ! Alors nous avons pensé à lui, même si les Américains nous ont sucré notre bouteille de pastis, nous avons sauvé une petite de Ricard qui lui est destinée.

Après une longue marche de plusieurs heures pour faire le tour du motu, au début sous une couverture nuageuse mais qui très vite est remplacée par un soleil de plomb, nous rentrons avec une bonne insolation ( dont je mettrais 3 jours à me remettre.)
Nous profitons d'un petit créneau entre deux perturbations pour mettre les voiles en direction de Rangiroa. Hélas en chemin, nous nous faisons surprendre par nos amis les grains, venant une fois de plus nous chahuter. Vu l'état de la mer et mon mal de crâne persistant, nous décidons de nous arrêter à l'atoll le plus proche, celui d'Apataki. Nous devons, cependant, conserver une bonne allure si nous voulons rentrer à temps pour l'étale : le vent soutenu nous y aide... La passe est surprenante : quelques cabanes de pêcheurs sur pilotis sur les côtés et le village baignant dans une atmosphère de quiétude donnent une ambiance particulière.
A l'Est, un chantier pour les bateaux a été ouvert il y a quelques années, nous nous dirigeons vers celui-ci.
Un long motu de plusieurs kilomètres s'étire avec une longue plage de corail blanc.
Quelques voiliers sont à l'ancre et des mâts apparaissent derrières les cocotiers. Il faut avoir l'idée de créer un chantier en ces lieux retirés !
Le lendemain, nous nous rendons sur place, où nous sommes chaleureusement accueillis par les propriétaires. Ils nous informent des dernières nouvelles venant de France avec le carnage qui a été commis à Nice ce 14 Juillet ! Encore une horreur témoignant de notre incapacité à vivre en paix !
Nous imaginons tout à fait que ces évènements vont une fois de plus, nourrir les médias et contribuer à distiller un climat de peurs. La vague émotionnelle doit déferler sur chacun. Face à ce flot comment réagissons nous ?
J'avais eu l'occasion de lire un texte de Natalie BUCZET au moment des attentats précédents qui m'avais interpelé et que je voudrais partager avec vous :

« Nous sommes informés de tous les évènements et il n’est peut-être pas nécessaire de passer nos journées devant les écrans à baigner dans la peur, la colère, la haine…. Observons ce que cette immersion créée en nous : est-ce que cela nous rend meilleurs, fait de nous de belles personnes ? Et si nous portions notre attention et donnions notre énergie à du beau, à un sourire, à la vie ? si nous nous relions à un peu plus d’amour, de bienveillance et de joie, nous serions à ce moment là vraiment utiles, une vraie aide pour ceux qui souffrent, et nous ne donnerions pas de l’énergie de colère à ceux qui s’en nourrissent et ont basculés dans la noirceur.
Nous sommes responsables du choix de nos pensées et à qui nous donnons de l’énergie.
Belle journée dans vos cœurs. (espacezenitude.com) »



Le platier côté océan semble parfait pour une chasse à la langouste. Marco est motivé pour tenter à nouveau sa chance. Sachant que nous ne pouvons manger le poisson de ce lagon ( il y a la ciguatera généralisée), peut être nous sera-t-il possible de se délecter de quelques langoustes ?
Lorsqu'il fait nuit, elles remontent sur le platier dans peu d'eau pour chercher de la nourriture, il suffit alors d'arriver à les voir avec la frontale et d'être rapide pour les attraper à la main. Ce soir, Marco est en vaine, il en ramène 2 belles !
Lors de nos longues marches, nous avons trouvé un trou d'eau douce ( eau de pluie), une aubaine pour faire la lessive, même si cette marre un peu croupie sert de nurserie à moustiques. Il est tellement rare de trouver de l'eau, ici ! Celle que nous recueillons dans la bâche nous la gardons précieusement pour la boire.
Les grains se succèdent avec une alternance de rafales, de pluies... Un bateau arrive au moment où l'un d'eux se déchaîne, le rideau de pluie l'empêche de voir une patate de corail, il vient la percuter violemment. Posé sur le récif, incliné, il n'a plus d'autre choix que d’appeler des secours par VHF.  le gars du chantier vient l'aider à se dépêtrer. Une chance que le bateau soit en aluminium...


Marco s'est remis à faire des relevés au sextant, histoire de s'entrainer et de ne pas oublier. Jusqu'à présent, il n'utilisait que des relevés par rapport au soleil, maintenant il veut se servir aussi des étoiles. Il doit donc apprendre à repérer les constellations ( différentes évidemment de celles que nous avons dans l'hémisphère Nord!), à relever différents points liés aux étoiles et faire de savants calculs : très intéressant ! Du coup tous les soirs, il passe des heures le nez dans le ciel, scrutant les étoiles...






jeudi 7 juillet 2016


Du 20 Juin au 6 Juillet 2016   DE RAROIA A MAKEMO




Après moult calculs, un petit créneau météo est enfin identifié. Il est nécessaire de tenir compte de l'heure de l'étale au départ et à l'arrivée, du nombre de milles et le temps estimé pour s'y rendre, en sachant que nous devons en plus arriver de jour... Nous quittons Raroia. Le courant sortant nous catapulte hors du lagon. Nous apercevons au loin des centaines d'oiseaux chassant. Nous mettons le cap sur eux tout en sortant notre attirail de pêche. C'est la frénésie, les oiseaux et les requins sautent, plongent, ça grouille en dessous. Notre ligne cependant ne bouge pas. En regardant les berges s'éloigner, nous nous rendons compte que nous sommes suivis. Une petite baleine blanche souffle, crache, nous montrant son dos, sa queue. C'est peut être le bébé de Moby Dick ? Nous pouvons faire un gros plan sur elle avec les jumelles, génial ! En tout cas, nous sommes comblés par cette apparition. Nous apprendrons quelques jours plus tard, par des Polynésiens, qu'il n'y a pas plus grand privilège que de rencontrer cette créature sacrée. Elle est considérée comme reine des océans! Son apparition est un signe de bonne augure, porteuse de chance et de bonheur.   
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Le vent est très léger aussi le Spinnaker flotte toute la journée et une bonne partie de la nuit. Sur la route se trouve un autre atoll vers lequel il ne faut pas s'aventurer trop près. Lorsque Marco prend la relève de mon quart, nous préférons affaler le spi et remettre les voiles. Il sommeille dans le cockpit quand un flash lumineux lui fait ouvrir les paupières. Il voit alors une lumière verte fusant dans le ciel et disparaissant sur la barrière de l'horizon. Elle laisse une traînée derrière elle et chez nous une certaine inquiétude. Il serait inconcevable de faire une traversée sans grain, aussi nous y avons effectivement droit. Le vent monte, nous obligeant à rouler entièrement le génois et prendre 2 ris dans la grande voile que nous conserverons tout le reste de la traversée. Au lever du jour, nous sommes à l'entrée de la passe, arrivé à destination pile poil selon notre estimation! Mais une surprise nous attend : le courant devrait être rentrant, mais c’est un flux sortant qui freine notre progression. Une houle de 3 mètres passe par dessus le reef du lagon et le remplit, du coup ce surplus d'eau s'évacue par la passe, engendrant un copieux courant. A voir la gueule de Marco derrière les jumelles, je me doute que ça doit être corsé. D'ailleurs il me déconseille de mettre mes mirettes dans la longue vue. Nous n'avons pas le choix, le courant restera sortant et va forcir avec la marrée, il faut rentrer dans le lagon. La passe n'est qu'une marmite bouillonnante, avec des vagues désordonnées, des tourbillons, nous nous lançons courageusement dans ce flux contraire. Nous sommes tendus comme des arbalètes, le moteur hurle et on avance à peine. Chaque mètre parcouru est une victoire. Vingt dieu quel stress, surtout après une nuit sans dormir ! Mais ça y est  nous y sommes ! Le bateau qui nous suit à 1 h derrière nous n'a pas notre chance ; après 4 tentatives pour franchir la passe, il renonce et doit se coller une autre nuit en mer pour rejoindre un autre atoll...   


 Le soleil étant trop bas pour rejoindre les motus du Sud, nous nous accordons quelques heures de récupération devant le village. Nous ne pouvons hélas y rester, vu ce qui se pointe demain. Un vent de 28-30 nd est annoncé. Le mouillage du village est complètement exposé aux vents du Sud-Est. Le soleil est au zénith, il est temps de poursuivre notre navigation dans le lagon au milieu du champ de patates de corail... Quel soulagement lorsqu'enfin nous jetons l'ancre dans la piscine bleutée et que nous pouvons enfin dormir !  Le lendemain et les jours suivants, comme prévu, le vent forcit. Notre peine pour venir jusqu'ici se trouve récompensée.



Le reef, bancs de sable et motus constituent une bonne protection contre la houle. Même si la chaine est mise à rude épreuve, le bateau demeure presque à plat. Les 25 à 30 nœuds de vent constant génère un sacré tintamarre. La nuit, il semble que tous les bruits s'amplifient : le vent hurle, les cliquetis se mettent en action et le cerveau également. Il me faut calmer la bête, sous peine de voir la chaîne se rompre et le bateau échouer sur les patates de corail toutes proches. Alors j'opte pour les boules Quiès et une méditation afin de maîtriser mon stress. Je réalise cependant, que nous n'avons même pas pris la peine de sortir l'ancre de secours au cas ou... Nous y remédions dès le lendemain. Une journée, le vent est si fort que nous ne pouvons envisager d'aller à terre, nous restons à surveiller notre embarcation.



Les motus sont pourvus de longues plages de sable, nous avons en principe tout le loisir de dégourdir nos jambes !



Le décors et les couleurs paraissent presque irréels, tant cela est sublime. Côté lagon, les teintes se marient entre elles passant du rose, au violet, au vert, au bleu glacier, piscine, turquoise, cobalt et  brun. Avec des bancs de sable blanc ou rosé au milieu, qui en rehausse l'intensité.




 Malgré le vent qui agite les cocotiers, il flotte dans l'atmosphère une certaine  douceur. Il existe une nature plus domestiquée à Makemo qu'à Raroia avec des cocoteraies aérées et entretenues, du sable fin permettant de marcher pieds nus. Même si nous ne croisons personne, on sent malgré tout la présence de l'homme qui a quelque peu dompté cet univers. La culture du copra y est pour beaucoup.





Au fil des jours nous ne cessons d'être émerveillés. Le seul bémol : les moustiques  même s'il en existe beaucoup moins qu'à Raroia. Tant que nous marchons, tout va bien, mais s'il nous prend l'envie de faire un barbecue sur la plage, ces bestioles se chargent de faire aussi un repas de nous. La seule solution pour les éloigner est de faire un feu avec la bourre de coco !  Le cocotier c'est comme le cochon, absolument tout, est utilisable : le bois pour les constructions, les feuilles de palmes tressées pour couvrir les toits, les fleurs pour en faire du sucre, la bourre (ce qui entoure la noix) brûlée éloigne les moustiques, sa fibre sert à la confection de bijoux. De la noix on peut recueillit l'eau pour la boire, la chaire râpée peut être utilisée pour les gâteaux ou on peut en extraire du lait, de l'huile, de la farine. Lorsque qu'une noix germe, on peut manger le germe cuit ou en salade. Le cœur du palmier est aussi un délice. Le cocotier n'a pas besoin de terre, le corail lui suffit pour prendre racine. Il donne aussi du travail aux habitants qui cultive le copra et leur fournit ainsi leur  principale ressource. Cet arbre, en plus de tous ses usages, possède une fière allure. Elancé, droit, avec une chevelure verte et sauvage, il attire a lui les oiseaux, les crabes des cocotiers... et tant de rêves !! Cependant, ici on apprend aux enfants dès le plus jeune âge à s'en méfier, à toujours regarder en l'air avant de passer sous un cocotier et à ne jamais s'arrêter dessous, s'il y a des noix. 



Tous les poissons étant comestibles, on se régale de chaires différentes. Les quelques requins pointes noires qui accompagnent mon chasseur semblent presque inoffensifs au regard des gris! Mais à chaque tirs, ils sont là et le poisson au bout de la flèche doit être mis rapidement hors de l'eau. Marco devient un as en natation coulée avec ses poids tout en maintenant la flèche et le poisson en l'air.  Deux Polynésiens, Gabriel et Napoléon, sont arrivés à l'une des cabanes pour récolter le copra. En nous voyant arriver avec l'annexe, l'un d'eux sort agitant les bras pour nous dire de venir les rejoindre. Ils sont en train d'organiser leur campement car ils vont y rester une quinzaine de jours pour travailler. Ils nous offrent une noix de coco fraîche et nous taillons un bout de causette. Le soir, Marco les rejoint pour aller chasser le crabe des cocotiers. Ils n’attrapent que des petits ou femelles, aussi les relâchent-ils. Un autre soir ils partent aux langoustes sans plus de succès. Nous sympathisons rapidement avec les gaillards établissant de bons échanges.  C'est la première fois, depuis que nous sillonnons les Tuamotu, que nous avons si frais : il fait 26°c dans le bateau et cet air réjouit mon Nordiste. Le fort vent du Sud a au moins l'avantage de faire chuter les températures. On peut même aller marcher en plein après midi sans être calcinés. Nous sommes beaucoup plus toniques, en comparaison aux larves que nous étions aux Marquises. La houle ayant diminuée, le lagon se vide chaque jour davantage, de nouveaux bancs de sable rose apparaissent. Nous allons flâner sur ces étendues aux teintes extraordinaires.


Quelques requins pointes noires viennent se gratter le ventre en remontant sur les plateaux sablonneux dans 10 cm d'eau. 



Des bancs de perroquets bleus nous filent entre les jambes. Des murènes dansent avec grâce. Des bénitiers referment leurs lèvres bleues ou violettes à notre approche. Un petit poisson Picasso surpris par notre présence s'échoue sur le sable. Nous le remettons vite dans son grand aquarium. 


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Le niveau d'eau a tellement baissé au fil des jours, qu'il est possible de marcher des heures tantôt sur les bancs de sable, tantôt dans l'eau peu profonde. 


Ces immensités sauvages à perte de vue sont grandioses. Nos pas, nous emmène là où bon leur semblent, sans destination précise, laissant notre regard se perdre dans cette féérie et cette harmonie. 



L'esprit semble avoir perdu tous ses repères habituels dans cet univers. Léger, il flotte parmi les couleurs, l’odeur marine et les effluves de fleurs et se laisse bercer par le ressac des vagues sur le reef au loin.




Chaque marche se termine par une nage dans l'eau cristalline au dessus des patates de corail. Là encore, au milieu d'un festival coloré, la paix rayonne. Ces journées là, possèdent le pouvoir d’estomper toutes celles qui furent agitées ou stressantes. Voyager en bateau c'est accepter de vivre intensément les moments heureux comme ceux dramatiques. Sur l'océan, le mouvement est permanent ; chaque jour possède une teinte différente. Aussi, mieux vaut être dans l'acceptation de ce qui est. Le fait de se retrouver loin de tout et à la merci des éléments, nous remet face à nous même. B. Marciniak exprime sensiblement la même idée : « Si vous arrivez à garder vos distances avec les médias pour un temps, et que vous vous désengagez de la fréquence de chaos, d'anxiété, de stress, de tourbillon d'activités et de tentations de toutes sortes dont vous n'avez pas besoin, vous commencerez à être à l'écoute de ce qui se passe à l'intérieur de vous et à vivre dans un monde sans être nécessairement perdus dans celui-ci ! Vous devenez plus clairs. » 



mardi 14 juin 2016


Tel un collier de perles, un atoll est formé d'un chapelet d'îlots (appelé motus), sa forme peut être ronde ou ovale : c'est l'anneau corallien. Généralement il n'y a qu'une seule entrée (ou passe) pour pénétrer dans le lagon intérieur. Sur la cinquantaine ou centaine de motus, bien souvent seul un est habité, les gens se regroupent au village. L'avantage de venir en ces lieux en bateau, c'est que nous avons la possibilité d'aller mouiller aux abords des motus de notre choix. 




Ils sont vierges, les seuls occupants sont les cocotiers, quelques arbres à fleurs, une végétation épineuse, des crabes, des Bernard-l’hermites et malheureusement des moustiques et nonos qui sévissent dès la tombée du jour. Ces îlots sont cerclés de plage de sable côté lagon et de corail côté mer. 


Sur ces îles, se dégage une atmosphère des plus particulières. Il n'y a pas de vibration propre à la terre puisqu'ils en sont dépourvus, mais une énergie marine. Ce que foulent nos pieds ne sont autre que les fonds sous marin émergeant au fil des siècles. Leur histoire est issue de la mer, il n'y a nulle empreinte de l'homme. La nature demeure originelle, elle n'a pas été modifiée, ni souillée, ce qui en fait un endroit privilégié. Une légèreté se distille et la beauté à l'état pur se dévoile.
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La teinte bleutée est reine, elle se révèle dans tous ses dégradés, ses nuances, ciel et mer rivalisent en intensité. Nos yeux peu habitués à ces couleurs extrêmes, se gorgent de ce spectacle qui varie suivant la luminosité. Nous avons choisi un large motu pourvu d'une cocoteraie touffue, afin d'être mieux protégé du Maramou qui doit arriver. Le mouillage nécessite de s'y reprendre à plusieurs fois, Marco plonge repositionner l'ancre. 
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Une armée de requins l'accompagnent. Ne voyant guère d'humain dans le coin, ils ignorent la dangerosité de notre espèce, aussi viennent ils roder tout près. Il existe même un gros requins gris qui semble le chef. Généralement, les requins gris vivent à l'extérieur du lagon. Pour le moment le vent est perturbé, il tourne sans cesse, il cherche son axe, et nous ne doutons pas que lorsqu'il l'aura trouvé, il va s'en donner à cœur joie. Comme à l'accoutumé, nous partons en exploration des motus proches, armés de nos sandales en plastiques car les coraux sont très coupants sur le reef côté mer. Le motu le plus proche s'avère être une véritable jungle, la cocoteraie est dense. D'énormes crabes rentrent se cacher en entendant le craquement de nos pas sur les feuilles de palmes. De magnifiques oiseaux à la blancheur immaculée volent en stationnaire à quelques mètres au dessus de nos têtes. Ils sont comme un emblème de pureté. 


 Chaque motu est séparé par un cours d'eau (hoa), qu'il est parfois possible de franchir à pied ou à la nage selon la profondeur. Parfois, il y a un fort courant.  Murènes, requins et autres poissons aiment remonter ces cours d'eau. C'est un lieu extra pour les observer car l'eau est tellement transparente que l'on pourrait croire qu'il n'y en a pas. Nous pouvons ainsi passer d'un motu à l'autre, en faire le tour.



Le frigo se vide et il est temps de penser à pêcher. Après prise d'info auprès des locaux au village, on nous a dit que côté Est, on pouvait manger certains poissons en l’absence de ciguatera. Marco sort donc son fusil et entouré de ses copains les requins qui ne le lâchent plus, il va chasser. La pêche est plus corsée avec ce genre de compagnons et il faut être rapide. Dès que la proie est embrochée, il faut remonter rapidement à la surface et mettre  flèche et poisson hors de l'eau, nager ainsi jusqu'au bateau... Une belle carangue fera notre repas, et les entrailles celui des requins. Par précaution, je me porte volontaire pour tester la carangue ce soir au repas, si je ne suis pas malade, Marco aura droit à sa part demain ! Mieux vaut que l'un de nous reste en état...  Nous découvrons des comportements de bestioles tout à fait surprenants ! Les oiseaux volent au ras de nos têtes, en marchant nous passons même à quelques centimètres d' un bel oiseau des mers posé sur une branche, il nous observe intrigué sans aucun mouvement de peur, sans bouger.





Est ce le fait de ne jamais voir d'humain ?  A chaque fois, que nous accostons le motu, un petit poisson : sergent major vient nous voir. Le premier jour en rinçant un tupperware des grains de riz avaient fait son bonheur. A présent, il vient manger dans ma main ! A chaque plongée, les requins pointes noires nous accompagnent, il y a également un requin gris, celui-ci est encore moins farouche que les autres. Au fil du temps, il semble même s'agaillardir, il vient de plus en plus près de nous, à quelques centimètres! Marco n'apprécie cependant pas sa témérité lorsqu'il va chasser, car il l'a sur ses basques en permanence. Aujourd'hui, il se rend sur un reef plus au large son nouveau toutou le suit. Il est tellement chiant que Marco repart vers le bord, il trouve enfin une belle carangue qu'il tire. En quelques secondes, tout le monde rapplique, y compris le gris très excité. Marco grimpe sur un reef, mettant ainsi le poisson hors de portée des prédateurs. De l'eau jusqu'à la taille il me siffle pour que je vienne le chercher en annexe. Le temps que j'arrive, le gris lui fonce dessus lui donnant à maintes reprises, des coups de museau dans les jambes. Mon chasseur le repousse avec la crosse de son fusil, tentant de le tenir à distance. A peine suis je arrivée que Marco saute dans l'annexe et échappe de peu à un nouvel assaut. Le requin vient taper rageusement dans le moteur. De retour au bateau, après avoir vidé la Carangue, il décide de faire une blague à son copain. Il attache la tête du poisson à un bout et la met dans l'eau. Quelques secondes plus tard, le gris vient mordre. Marco tire la corde et notre ami se retrouve suspendu bêtement dans les airs. Evidemment, ses dents acérées coupent la corde. J'ai le temps cependant de faire une photo. Marco a eu une petite revanche à sa frayeur...


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Quoiqu'il en soit cet incident nous met en garde, cet avertissement a été entendu, on décide, dorénavant, de s'abstenir de chasser dans le coin ! Nous sommes certainement sur son territoire et son comportement ne laisse pas d'autres alternatives : on changera de motu ! Ici si on ne pêche pas, on ne peut guère  rester car il n'y a que ça à manger ! Côté alimentaire le choix est réduit. Le poisson constitue la seule source protéinée et de fraîcheur. On a bien du riz, des pâtes, de quoi se faire du pain, et des noix de coco... mais c'est tout ! J'ai définitivement banni les saletés de boites de conserves ! Avec la traversée et ce nouveau régime, nos corps se sont allégés de quelques kilos. Ici on ne s'encombre pas de superflue! Les grains et la pluie s'enchaînent, sous une chape obscure nous levons l'ancre. Les couleurs des reefs sont finalement bien visibles malgré le peu de luminosité. Nous longeons les motus en se dirigeant plus au Nord, l'un d'entre eux nous attire par sa forme et sa plage. Nous nous ancrons aux abords. Ce petit bijou est encadré de fines langues de sable rose, de bosquets de fleurs parfumées dont les effluves se distillent jusqu'à notre bateau... Sur le motu nous sommes gagnés par une sensation d'apesanteur : l'air est léger, doux, une nuée d'oiseaux et de papillons volètent, la cocoteraie est très aérée... des petits bouts de plages rosées sont nichés entre roches brunes et cocotiers. On se croirait aux pays des fées !


lundi 30 mai 2016

Du 18/05/2016 au 30/05/2016


A bâbord, une escadrille d'oiseaux virevoltent, plongent et crient. Ce manège suffit pour nous détourner de notre route, on fait cap sur eux. En passant au milieu de cet attroupement, nos lignes de traîne sont subitement secouées et se tendent dangereusement. L'une des 3 est sectionnée. Rapidement nous nous préparons à la sortie de nos poursuivants. C'est lourd et cela se débat ce qui nous laisse présager de grosses prises... Ca l'est en effet : un gros thon jaune bien dodu qui doit faire ses 8 à 10kg... Déjà on ne sait si nous pourrons tout manger ! Le 2 eme pourtant attend sort. En sortant le frère jumeau, on constate que l’hameçon ne l'a pas trop esquinté, aussi on lui redonne sa liberté.
On est super content de cette prise car le thon jaune est un délice, de plus cela nous permet de manger un peu de protéines.


Vu que la météo ne semble pas s'arranger dans la prochaine semaine, nous avons décidé de rejoindre des mouillages que nous ne connaissons pas autour de Nuku Hiva. François qui vit là, nous a dévoilé quelques spots secrets, nous avons juré de ne pas les révéler. On ne donnera donc aucun nom mais ils se trouvent à l'Ouest...

Ces terres désertes sont actuellement vertes avec toute la flotte de ces derniers mois. De grands canions coupent les montagnes et des vallées encaissées remontent jusqu'au sommet de l'île.
Nous découvrons une magnifique baie cerclées de rochers et une eau claire dans laquelle nous jetons l'ancre. Nous ne tardons pas à sortir le masque et les palmes pour une inspection du fond.
De grosses Carangues curieuses viennent nous tourner autour, nous croisons dame tortue qui accepte notre compagnie, nous la suivons tout en se laissant inspirer par sa nage gracile. Quelques raies léopard en famille tournoient en dessous de nous, l'une d'elles intriguée certainement par la couleur jaune de mes palmes remontent à la surface, quelques requins viennent nous saluer d'un air tranquille...


De retour au bateau, une douce sensation nous étreint, celle d'être à nouveau dans les lieux que nous aimons. Ce bain de nature sauvage ravive tout le plaisir que nous avons à voyager avec un voilier.
Le lendemain, après une nuit bien houleuse, nous poursuivons notre route. Une bande de dauphins nagent à nos côtés.

Les terres de l'Ouest s'étendent sous nos yeux dans une dégradé de verts. Une autre baie s'offre à nous, avec en prime une petite plage de sable blanc. Aussitôt l'ancre posée, on aperçoit des grandes ailes qui battent à la surface, notre curiosité est piquée. On saute à l'eau avec nos masques. Ces ailes majestueuses se laissent approcher et volent sous nos yeux ébahis parfois à quelques centimètres : des raies manta !!! Elles sont en train de manger mais cet acte est proche d'une parade. La gueule grande ouverte (nous pouvons voir l'intérieur de leur estomac) elles battent délicatement des ailes, puis effectuent une figure artistique au plus haut point : un looping. Nous montrant ainsi leur ventre blanc. Parfois elles font un demi tour, venant droit sur nous avec une bouche prête à nous engloutir. Un seul petit mouvement de l'énorme nageoire et elles nous frôlent. Nous serions presque tenté de toucher ce velours marron qui les recouvre. Mais par principe nous ne touchons jamais aux bestioles aquatiques pour ne pas enlever leur protection ou les souiller de nos plaisirs égoïstes.
Il arrive parfois que ce soient elles qui recherchent le contact : comme cela nous est déjà arrivé avec des raies pastenagues qui venaient se frotter sur nos corps, ou des poissons curieux, dans ce cas c'est différents...
Le mouillage est vraiment plaisant, bien protégé de la houle. Un endroit ou l'on se sent bien malgré la chaleur. Nous allons à terre pour tenter de marcher mais au bout de 2h nous sommes liquéfiés. Le soleil nous bombarde de ses rayons solaires et nous n'avons qu'une envie retourner dans l'eau et retrouver nos raies !
Le bateau d'un couple d'Américain vient mouiller à nos côtés, nous leur portons du poisson afin de vider un peu notre frigo, en échange ils nous donnent un bout de Tazard qu'ils viennent de pêcher et nous partageons des bonnes bières fraîches...


La terre Marquisienne vibre, est-ce lié à ce potentiel de vie qu'elle contient ? Son sol est riche, fertile, tout ce qui en sort est comme un sourire de générosité, à l'image des gens qui sont nés les pieds dessus. En plus, mère nature a su faire jaillir une création très artistique, d'une beauté époustouflante.
Dans son soucis de diversité, elle a doté chaque île d'une particularité : parfois des pitons abruptes, parfois de hautes montagnes aux formes pittoresques, des forêts luxuriantes aux essences variées et précieuses, des cascades, des ruisseaux, des parties arides et désertes, des plateaux étonnants, des côtes découpées, de hautes falaises, des plages de sable blanc, noir...
Tout cela exerce une sorte de fascination naturelle, à moins que cela soit ce que les Marquisiens appellent : le Mana ?




Le 22/05
Nous hissons nos voiles en veillant à prendre un ris car nous savons qu'au cap cela risque fort de prendre des tours. Et cela ne manque pas, 25 nœuds en pleine face, une bonne houle et pour couronner le tout, la ligne de traîne s'agite. Pas facile de la relever, lorsque le bateau est à la gîte et tangue méchamment!!! Là en plus, il y a du poids... On sort les gants après s'être échaudé les mains avec le fil ! Notre proie nous apparaît enfin à côté du bateau ; Enorme ! Monstrueux ! Vu sa taille on peut supposer que l'affaire n'est pas gagnée. Il faut faire vite car l'hameçon peut lâcher, mais pour le sortir de l'eau, on ne sait comment s'y prendre. Nous tentons de harponner le poisson avec notre crochet. Mais avec son poids la chaire se déchire à plusieurs reprises. Après l'avoir à nouveau crocheté, nous mettons nos dernières forces et expédions notre Tazard ( ou Waou) d'1,50m dans le cockpit !!


Quelle prise impressionnante, une des plus belles !!! Et ben va y avoir du boulot...
Nous avions encore du thon, mais nous voulions donner du poisson aux habitants du mouillage du Nord , là où nous allons! Pour le coup, on aura de quoi partager !
Un mouillage fabuleux nous attend : une plage de sable, des cocotiers et en arrière plan de hautes montagnes découpées toutes vertes...


Sitôt arrivés, nous tronçonnons notre tazard à la scie à métaux, nous ne gardons qu'un tout petit bout et apportons le reste aux habitants du lieu. Il n'y a que 3 cahuttes et 3 hommes à l'ombre accueillent avec joie ce présent qu'ils mettent illico au congélateur solaire. Ils nous chargent en retour de pamplemousses, citrons, eau de source... Ils nous mettent leur jardin à notre disposition.
Pour le moment nous ne pouvons nous adonner à la cueillette car un grand ménage du bateau s'impose : il y a du sang partout.
L'un de ces mecs est le descendant de la lignée royale ( rien que ça ! Mais à voir sa masure et son short élimé, on pourrait en douter ! Par contre l'étendue de sa propriété enlève tout doute, même la baie lui appartient...)




Le lendemain, malgré une otite carabinée ( liée certainement à l'abus de plongées en apnée) de Marco, nous allons explorer les terres en suivant l'unique sentier. Des chevaux, des vaches, des chiens sont en liberté tout autour des quelques habitations. Quelques vestiges témoignent d'une époque où ce lieu fut très habité ( 10 000 personnes vivaient là) il n'en reste plus que 3 !!!
Arrivé de l'autre côté du col, des pitons rocheux viennent donner au panorama toute sa majesté.


Le chemin se poursuit et permet de rejoindre un village situé à 3h30 de marche. Un isolement qui ne semblent pas déplaire à nos compères de ce lieu. Avant de reprendre l'annexe, ils nous donnent à nouveau de quoi la remplir : pamplemousses, citrons, noix de coco... Marco souffre et s'écroule jusqu 'au soir imbibé de doliprane. Durant la nuit il est terrassé par la douleur et malgré les puissants antidouleurs à base de morphine ( périmés depuis 2 ans) rien n'y fait, il ne ferme pas l'oeil et gémit dans sa cabine !! Il est coincé sur ce bateau loin de tout et n'a d'autres choix que de subir. Heureusement on a des antibiotiques, mais avant que cela fasse effet....


Le 23/05
La mine déconfite et enflée, les yeux hagards, mon capitaine a vraiment une sale gueule. C'est pas le jour à le chatouiller, aussi je me fais toute petite et m'occupe en râpant quelques noix de coco, en préparant de bons desserts, en faisant des bananes sèches car tout notre régime a mûri d'un seul coup !
Heureusement le mouillage est tranquille côté houle et vent ! Marco retourne dans son nouveau lieu de prédilection : son pieux !




Après 4 jours Marco va un peu mieux, bien qu'il n'est plus d'audition côté droit. Nous avons rejoint le mouillage d'Anaho, en quelques bords de près, avec pour toile de fond : des pitons et un décors somptueux.



Quelques jours plus tard, on revient au village de Taiohae afin de vérifier par la prise de bulletins météo complémentaires qu'un créneau est possible pour partir aux Tuamotu. En chemin, nous heurtons 2 gros troncs d'arbre. L'un nous dézingue notre sondeur, l'autre nous arrête net en se prenant dans notre safran. Marco doit aller dans l'eau pour le dégager. Nous pêchons encore un petit tazard de 80 cm, nous nous réjouissons que ce ne soit pas un gros...
Une bande de dauphins excités sautent autour de nous, ils semblent en fête... Nous le sommes avec eux!


Demain nous devrions prendre la mer, vent calme ( peut être même un peu trop! peu de houle). Nous comptons 5 jours pour rejoindre Makémo... Cette fois c'est partit...